Indacus Cottunès
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Indacus Cottunès est un Isaurien actif dans la deuxième moitié du Ve siècle, connu pour s'être opposé à plusieurs reprises aux autorités de l'Empire byzantin.

Ses origines sont méconnues mais son père se prénomme Papirius. Il est probablement élevé aux alentours de la forteresse de Papirium, nommée d'après son père et qui sert en quelque sorte de quartier-général aux actions des membres de sa famille[1]. Sa localisation exacte reste l'objet de débats. Le nom Indacus est relativement répandu parmi les Isauriens, un peuple vivant en Anatolie et connu pour ses traditions guerrières et de résistance à l'autorité impériale. Par ailleurs, à partir de l'empereur Marcien, plusieurs Isauriens atteignent des fonctions importantes à la cour impériale, sans remettre en cause pour autant le substrat rebelle de la région. Indacus Cottunès en est une incarnation, de même que son père, puisqu'ils sont régulièrement qualifiés de bandit ou de brigand par les sources. Il apparaît d'abord en 469 par des actions hostiles sous l'empereur Léon Ier. Il mène des opérations de brigandage en Isaurie autour de la forteresse de Papirium, au point de nécessiter l'intervention des forces impériales. A cette occasion, Zénon, un autre Isaurien qui s'impose comme un des hommes forts de l'entourage de l'empereur, s'illustre par ses actions contre son compatriote[2],[3].
Pour autant, en 484, il apparaît à nouveau dans le cadre de la révolte plus large menée par Illus et Léontius, Isauriens également, contre le pouvoir de l'empereur Zénon, parvenu à cette fonction quelques années plus tôt. Quand les deux chefs rebelles sont chassés de leur base d'Antioche, ils trouvent refuge dans le fort de Papirium, auprès d'Indacus Cottunès. Là, ils soutiennent un siège durant plusieurs années et Indacus Cottunès est plus particulièrement chargé des opérations militaires, jusqu'à ce qu'il trahisse Illus et Léontius en 488. Il ouvre alors les portes de sa forteresse aux troupes impériales, qui ne l'épargnent pas pour autant[4]. Il demeure un doute sur le degré exact de la responsabilité d'Indacus. Selon Jean d'Antioche, il fait livrer le fort de Cherris alors que Théophane le Confesseur accuse le frère de l'épouse de Trocundus, autre partisan des rebelles[5].
Dans les sources, au-delà du qualificatif de bandit qui lui est associé, il jouit d'une réputation pour ses qualités physiques, en particulier son don pour les courses de longue distance[6].
Notes et références
- ↑ Puech 2022, p. 65 (note 161).
- ↑ Martindale, Jones et Morris 1980, p. 590.
- ↑ Puech 2022, p. 40.
- ↑ Martindale, Jones et Morris 1980, p. 590-591.
- ↑ Puech 2022, p. 168.
- ↑ Martindale, Jones et Morris 1980, p. 591.
Bibliographie
- (en) Dimitrios Bogdantsalis, « The brigand Indacus of Papirium », Diogenes, vol. 14, , p. 6-22
- (en) Brian Croke, « Dynasty and Ethnicity: Emperor Leo I and the Eclipse of Aspar », Chiron, vol. 35, , p. 147-201
- (en) J. Martindale, Arnold H.M. Jones et John Morris, The Prosopography of the Later Roman Empire, AD 395-527, vol. II, Cambridge, Cambridge University Press, , 1342 p. (ISBN 978-0-521-20159-9, lire en ligne).
- Vincent Puech, Les élites de cour de Constantinople (450-610), Ausonius éditions, coll. « Scripta Antiqua 155 »,