Alors que dans Ovide, Iphis est métamorphosée en homme avant la consommation du mariage, Benserade, en différant ce moment, introduit un élément lourd de conséquence, qui permet deux jeunes « épouses » de raconter franchement la volupté de leur nuit de noces :
- IPHIS
- J’oubliais quelquefois que j’étais fille,
- Je ne reçus jamais tant de contentements
Iante ne semble préoccupée, quant à elle, que du qu’en-dira-t-on :
- IANTE
- il faut que je l’avoue ;
- Ce mariage est doux, j’y trouve assez d’appas
- Et si l’on n’en riait, je ne m’en plaindrais pas
Son seul regret ne tourne qu’autour de la légalité de son mariage avec Iphis :
- Si la fille épousait une fille comme elle,
- Sans offenser le ciel et la loi naturelle,
- Mon cœur assurément ne serait point fâché
La métamorphose d’Iphis n’intervient que pour les convenances, et encore, le ton burlesque sur lequel celle-ci est-elle annoncée :
- Miracle ! je suis homme, une mâle vigueur
- Rend mes membres plus forts aussi bien que mon cœur,
- Mon corps devient robuste en un sexe contraire
permet de faire douter de sa réalité :
- ERGASTE
- Pour moi je n’en crois rien,
De même, Iante n’a l’air que modérément satisfaite de voir Iphis transformée en homme par la déesse Isis :
- Si les dieux en ton sexe ont fait ce changement,
- Je dois participer à ton contentement.