Irma Crosnier
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Maman Crosnier |
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Irma Crosnier, née le Paris 3e et morte le à Paris 17e, est une comédienne française.
Les parents d’Irma Crosnier ayant connu des revers de fortune, femme et enfants sont partis rejoindre, à Lisbonne, un oncle qui avait « mal tourné ». Il s’était fait comédien, et, de comédien, il était devenu directeur du teatro da Rua dos Condes. Voulant « faire comme son oncle », Irma fait ses débuts, à l’âge de quinze ans, sur cette scène portugaise, tandis que son père, tentait de rétablir ses affaires, à Paris.
À dix-sept ans, elle revient en France, pour entrer dans les classes de chant du Conservatoire, sous Samson[1], mais une maladie lui ayant fait perdre la voix, elle songe à se reconvertir dans la comédie. Bientôt après, elle débute au Théâtre-Français, le , dans le rôle d’Elfride des Vêpres siciliennes de Delavigne, puis dans Madame Pernelle, le , avant de quitter les planches, après son mariage avec Louis Jacques Gautier, dont elle a une fille, Louise Marie Charlotte, la même année[2].
Forcée par la nécessité de remonter sur les planches, elle court le monde avec Rachel, jouant les premiers rôles à Paris, en province et à l’étranger, en Angleterre, en Allemagne, au Portugal, en Russie. Elle est à Rouen en 1846-47 et, le , elle débute à l’Odéon dans le Conteur, avant de se produire, le 14, dans Raymond Varney ou le manoir de Grassdale de Jules Baget, à Brunswick 1851, à Lisbonne 1852[3]. Elle jouait alors aussi bien la tragédie que la comédie et rien ne faisait prévoir qu’elle serait un jour la duègne classique par excellence[1].
Le , elle donne, à la Comédie-Française où elle n’est pas encore engagée, la réplique à Rachel, dans le rôle d’Œnone, nourrice et confidente de Phèdre. Ayant pris l’emploi des duègnes, pour lequel sa physionomie des plus caractéristiques semblait la désigner, elle va s’y montrer incomparable pendant quatre décennies. Le , elle rentre au Théâtre-Français, dans le rôle de Madame Pernelle du Tartufe, où elle était inégalée. En 1863, elle réapparaît au théâtre de Belleville, où elle joue, elle est la Marguerite de Bourgogne de toutes les Tours de Nesle pendant cinq ans, puis au Vaudeville, et fait apprécier sa connaissance profonde du répertoire dans les Matinées Ballande[3].
En 1870, lorsque la guerre éclate, elle passe en Angleterre, est à Toulouse, en 1872. En 1873, après avoir passé par la Gaîté, Beaumarchais et Bobino. Plus tard, on la voit même aux Bouffes et aux Variétés[4], elle rentre, pour l’emploi des duègnes, à l’Odéon, qui garde au foyer du public un portrait d’elle, parmi les portraits de ses grands artistes, et dès lors elle va se placer au premier rang[3].
Elle incarne successivement la mère Archimbaud dans Jack, la tante Portal dans Numa Roumestan, la Renaude dans l’Arlésienne, Araminthe dans les Ménechmes de Regnard, le [a], Amphissa, dans les Danichef. Il a été à plusieurs reprises question de l’engager à la Comédie-Française, notamment après le départ de Clémentine Jouassain, mais les pourparlers n’ayant jamais abouti, elle s’est décidée à rester à l’Odéon, où elle paraissait surtout dans le répertoire. Elle a fait cependant quelques créations, entre autres Mademoiselle de Varandeuil dans Germinie Lacerteux[1]. En 1889, elle a été nommée officier d’Académie.
Elle joue encore encore quinze ans sa représentation de retraite, donnée le , à la Gaité : Petit Ménage, les Ouvriers, 1er acte de Tartufe, 3e acte du Bourgeois gentilhomme, sans que cette représentation ait donné ce que l’on était en droit d’attendre[6]. En 1896, la doyenne des comédiennes de son temps[6], âgée de 75 ans, « Maman Crosnier » ou « la mère Crosnier », comme elle était appelée[7], obtient la pension de 500 francs de l’Association des artistes dramatiques (d), après six décennies de théâtre.
En , elle commence à perdre la vue et doit être opérée de la cataracte. Morte, quatre ans plus tard, elle a été, à l’issue de ses obsèques, à Sainte-Marie des Batignolles, inhumée au Père-Lachaise.
Description
« Elle avait longue échine, le dos un peu vouté, et son visage expressif s’ornait d’un grand nez busqué, qui intervenait volontiers dans l’émission de sa voix. Ses gros yeux avaient un regard étonné, les maxillaires étaient solides et le menton galochard. Elle donnait, au demeurant, le type de la bourgeoise, et apportait dans la création de ses rôles une sorte de bonhomie grognonne qui y ajoutait du ragout[7]. »
Créations et reprises
- : les Vêpres siciliennes : Elfride, au Théâtre-Français.
- : Raymond Varney.
- : le Conteur, à l'Odéon.
- : Phèdre : Œnone, au Théâtre-Français.
- : le Tartufe : Mme Pernelle.
- : la Demoiselle à marier : Mme Dumesnil.
- L’Enfant prodigue de Michel Carré fils : Madame Pierrot.
- : la Demoiselle à marier : Mme Dumesnil.
- , Molière à Auteuil.
- , Racine sifflé.
- , Mauprat, : Mlle Leblanc.
- : François le Champi : Catherine.
- : Joseph Balsamo : Mme de Béarn.
- : l’Avocat Pathelin : Mme Pathelin.
- : la Partie de chasse d’Henri IV : Margot.
- : M. Cliéribois : Marion.
- : la Mort civile : Agathe.
- : l’École des Maris : Mme Argante.
- : le Mariage de Figaro : Marceline.
- : le Voyage de M. Perrichon : Mme Perrichon.
- : Misanthropie et Repentir : la comtesse.
- : Jack : Mme Archambaud.
- : Mme de Maintenon : Nanon.
- : l’Institution Ste-Catherine.
- : l’Honneur et l’Argent : une vieille fille.
- : Eugénie : Mme Murer.
- : Marie Stuart : Anne.
- : l’École des Bourgeois de D'Allainval : Mme Abraham.
- : Macbeth : dame de la reine.
- : les Ménechmes : Araminthe.
- : La Maison des deux Barbeaux d’André Theuriet : Catherinette.
- : L'Arlésienne d’Alphonse Daudet : Odéon :1885 : la Renaude.
- : Un Fils de Famille : Mlle Laroche.
- : Numa Roumestan : la tante Portal.
- : Claudie : la mère Fauveau.
- : Beaucoup de bruit pour rien : Ursule.
- : Crime et Châtiment.
- : Germinie Lacerteux : Mlle de Varandeuil.
- : le Bourgeois gentilhomme : Madame Jourdain.
- : Georges Dandin : Mme de Sottenville.
- : Charlotte Corday : Mme de Bretteville.
- : la Petite Ville : Mme Guibert.
- : L’Enfant prodigue : Mme Pierrot, aux Bouffes parisiens.
- : la Maitresse légitime : Mme Coupry à l’Odéon.
- : Ma cousine : Mme Berlandet, aux Variétés.
- : les Faux Bonshommes : Mme Dufouré, à l’Odéon.
- : Fantasio : la gouvernante, à l’Odéon.
- : le Chevalier à la mode : la baronne.
- : le Fils naturel : la marquise, à l’Odéon.
- : Fiancée, à l’Odéon.