Né à Bogota, Iván Cepeda est le fils aîné des militants de gauche Manuel Cepeda Vargas et Yira Castro. En 1965, à l'âge de 3 ans, lui et sa famille sont contraints à l'exil en raison de la répression politique, et pendant ses premières années, ils vivent à Prague. À la suite de l'invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie, la famille se réfugie à La Havane, la capitale cubaine.
Sa famille retourne en Colombie en 1970 mais reste la cible de violences politiques[3],[4].
À 19 ans, Iván Cepeda émigre à Sofia en Bulgarie, où il étudie la philosophie à l'université de Sofia. Iván Cepeda revient en Colombie en 1987 en tant que critique du modèle soviétique qu'il juge autoritaire, et s'engage dans la campagne présidentielle de Bernardo Jaramillo Ossa, candidat de l'Union patriotique. Jaramillo Ossa est assassiné en 1990[5]. Iván Cepeda prend plus tard ses distances avec le Parti communiste colombien, un parti dans lequel il a été actif dans son adolescence, et en 1990 rejoint l'Alliance démocratique M-19[6].
Le , son père est assassiné dans les rues de Bogotá par un groupe paramilitaire. Alors qu’il prenait le bus pour aller à l’université, il a croisé en chemin la voiture où gisait son père assassiné. Il est descendu du bus et, s'exprimant devant les caméras de télévision présentes sur place, a déclaré en pleurs: « Je demande au pays, au président Ernesto Samper et à tous ceux qui œuvrent pour la justice en Colombie, de faire quelque chose contre cette offensive contre les dirigeants de gauche, et que ce crime ne reste pas impuni, comme celui de tant d'hommes justes et courageux »[7].
Défense des droits de l'homme
Après l'assassinat de son père, Iván Cepeda crée la Fondation Manuel Cepeda avec son épouse, Claudia Girón, pour identifier les auteurs du crime. Il fonde ensuite le Mouvement national des victimes, composé de 17 organisations qui cherchent à obtenir justice pour les crimes commis pendant le conflit armé[8]. Les menaces à son encontre se multiplient, ce qui le conduit à s'exiler en France en 2000. Pendant son séjour en France, il obtient une maîtrise en droits de l'homme à l'université de Lyon[6]. Il retourne ensuite en Colombie en 2003 pour reprendre son travail de défense des victimes de la violence étatique et paramilitaire en Colombie. En France, certains de ses articles ont été publiés dans Le Monde diplomatique[9].
Il est à nouveau visé par de nombreuses menaces de mort en 2025 après la condamnation de l’ancien président Álvaro Uribe (2002-2010) à douze ans d'assignation à résidence pour subordination de témoin. Iván Cepeda l'avait accusé d’avoir entretenu des relations étroites avec des groupes paramilitaires d’extrême droite. À la suite de ces accusations, l’ex-président avait à son tour incriminé le sénateur Cepeda pour ses propos, mais la justice avait décidé d’ouvrir une enquête contre Álvaro Uribe en 2018, lui reprochant d’avoir manipulé des témoins de façon systématique afin de discréditer les accusations du sénateur[10].
Au Sénat, il se fait connaitre comme l'une des figures les plus visibles de la gauche[11], dénonçant publiquement des hommes politiques et entreprises pour leurs liens avec des paramilitaires[7]. Il maintient des liens étroits avec les mouvements sociaux[11].
Son programme met l'accent sur la poursuite de la « paix totale » (négociations de paix avec l'ensemble des acteurs du conflit armé), la réconciliation nationale et la défense des droits humains. Sur le plan international, il propose une politique étrangère non alignée, mettant l'accent sur la reconnaissance de l'État palestinien et l'intégration latino-américaine[7].
↑Jade Lucas, «En Colombie, un sénateur de gauche menacé de mort après la condamnation de l’ancien président Álvaro Uribe», L'Humanité, (lire en ligne)