Elle naît à Hrastovica, près de Petrinja, en Royaume de Croatie-Slavonie, alors en Autriche-Hongrie. Son père, un général de l'armée austro-hongroise, reconnaît son talent et lui offre une formation artistique. Elle est formée par les sculpteurs Robert Frangeš-Mihanović et Rudolf Valdec. Sa première exposition, intégrée à l'exposition personnelle de son camarade Ljubo Babić(en), a lieu alors qu’elle est encore étudiante. Elle poursuit ses études à Paris et à Munich, Là elle se forme comme artiste de plaquettes et de médaillons à Paris en 1914[1].
Carrière
Elle a deux expositions personnelles, à Londres et à Belgrade en 1927, et elle reçoit des critiques favorables.
Elle participe à des expositions collectives à Barcelone, Ljubljana, Prague, Brno et Bratislava. Son succès international lui apporte aussi de la renommée en Yougoslavie, au point que le roi Alexandre la contacte[2].
Elle a un atelier personnel à la cour royale de Belgrade. Elle se souvient que son talent devient le sujet de conversation à la cour lorsque le prince héritier Pierre s'y intéresse. Elle devient sculptrice de la cour ainsi que l'enseignante de sculpture de la reine Maria, avec qui elle devient particulièrement proche[3].
Elle est la première sculptrice de la Bosnie-Herzégovine moderne et elle reste la seule pendant toute la période de l'entre-deux-guerres. Les femmes bosniennes à cette époque sont pour la plupart analphabètes et ne participent pas à la vie publique. Dans une interview de 1937, elle se plaint du traitement réservé aux femmes artistes et dit «J’ai l'impression que les artistes hommes ne valorisent pas le travail artistique des femmes. Ils ont la vie facile... Quand l'enfant d'un artiste homme est malade, il continue son travail. Quand ma fille a le typhus, je ne pense plus à la sculpture.»[2].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle reste dans son domaine près de Sarajevo. Le Parti communiste prend le pouvoir après la guerre et la monarchie est abolie. En tant que sympathisante de la famille royale exilée, elle est arrêtée en et passe quelque temps en prison. Elle est libérée peu après, mais sa vie change. Elle fait des petits boulots. Ses œuvres les plus remarquables après la Seconde Guerre mondiale sont les bustes des poètes Aleksa Šantić, Svetozar Ćorović(en) et Osman Đikić, commandés par les autorités de Mostar[2].
Vie personnelle
Elle se marie deux fois.
Son premier mariage avec Aleksandar Zarevski est annulé.
Ensuite, elle rencontre son deuxième mari à Zagreb vers la fin de la Première Guerre mondiale, qui est suivie par la création de la Yougoslavie. Ils se marient en 1920 et s'installent dans la ville natale de son mari, dans la Maison Despić à Sarajevo, tout en élevant leurs deux enfants[4].
Mort
Elle meurt le dans son atelier à Vasin Han. Sa maison est restaurée en 2005 par un nouveau propriétaire, et à ce moment-là, un certain nombre de bustes en plâtre jusque-là inconnus sont découverts derrière des portes cachées au sous-sol[1],[2].
Notes et références
123(de) Günter Meissner, Allgemeines Künstlerlexikon: Die bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, (ISBN978-3598227660), p.413