Jérôme Alexandre
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Jérôme Alexandre, né le à Offranville, est un théologien catholique français, professeur à la Faculté Notre-Dame du collège des Bernardins à Paris. Ses recherches portent sur les domaines de l'esthétique, de la foi et de la politique, dont il explore les connexions.
Enfance et famille
Jérôme Alexandre est le deuxième des sept enfants de Côme Alexandre et Jeanne Bernard, agriculteurs catholiques pratiquants originaires de Paris installés en 1949 dans le Pays de Caux. Dans sa jeunesse, il est marqué par le double lien familial à cette région et à Paris, à la culture et à la nature, la place importante de la religion.[réf. nécessaire]
Scolarisé à l'école communale d'Offranville puis à l'institution catholique Join-Lambert à Rouen en tant qu'interne, il étudie au conservatoire de Rouen, où il est l'élève de Louis Thiry et apprend à jouer de l'orgue. Il joue celui de son village à partir de l’âge de onze ans.
Il est marié avec l'historienne de l'art Catherine Grenier, et le père de trois enfants.
Formation
Après un baccalauréat scientifique, Jérôme Alexandre étudie l'histoire à l'université de Rouen puis de Paris I, et suit des cours de philosophie et de théologie à l'Institut catholique de Paris. En 1973, il soutient une maîtrise d'histoire dirigée par Jean Delumeau, sur la conception du travail chez Érasme. En 1975, il passe le concours d'attaché pour entrer au ministère de la culture. En parallèle de sa carrière au ministère, il poursuit sa formation et obtient un doctorat en lettres classiques sur la place de la chair dans la théologie de Tertullien le à l'université de Paris X, puis un autre en théologie sur la christologie de Tertullien le à l'Institut catholique de Paris.
Carrière
Entre 1975 et 1980, Jérôme Alexandre occupe les fonctions d'adjoint du directeur régional des affaires culturelles d'Île de France et est notamment chargé du suivi des établissements culturels conventionnés par l'État. En disponibilité pendant un an, il part en Provence travailler dans un domaine agricole. En 1981, il devient responsable des affaires culturelles de Mont-Saint-Aignan, où il accueille à titre permanent la compagnie de danse contemporaine Beau Geste dirigée par Dominique Boivin, dirige un cinéma d'art et d'essai et administre l'École d'improvisation de jazz dirigée par Christian Garros. Entre et , il crée au Centre Marc-Sangnier des soirées hebdomadaires de rencontre avec des artistes, des écrivains et des philosophes.
En 1985, il intègre l’équipe de préfiguration du musée d'Orsay.
En 1987, il devient conseiller pour la musique et la danse pour la Haute-Normandie[1][source insuffisante].
Il démissionne de la fonction publique en 1999, pour travailler dans l’enseignement et la recherche.
En 2000, il enseigne la théologie à l'Institut catholique de Paris, puis est recruté à la Faculté Notre-Dame par Antoine Guggenheim, avec qui il participe à la préfiguration puis au lancement du collège des Bernardins. En 2011, il crée le département « La parole de l’art » au pôle recherche du collège, qu'il dirige successivement avec le commissaire et historien de l'art Jean de Loisy, l'historien de l’art Bernard Marcadé, et le philosophe Alain Cugno[2].
À la Faculté Notre-Dame, il enseigne les traités dogmatiques (Création, Trinité, Eucharistie), la patristique (Tertullien et saint Augustin), le rapport de l’Écriture et de la Tradition, la théologie fondamentale.
Positions théologiques et politiques
Marqué par la pensée de Tertullien[3] puis de saint Augustin, Jérôme Alexandre émet des réflexions philosophiques sur la question des conditions de crédibilité des énoncés de la foi. Dans son essai théologique Je crois à la résurrection de la chair, il propose de réfléchir et de fonder un article de foi dans l'expérience vécue de la foi, de l'espérance et de la charité. Dans son autre essai La foi n’est pas ce que l’on croit, publié en 2020, il précise concevoir une foi qui ne se comprend que dans la ressaisie de son propre acte, ressaisie qui selon lui, permet d'envisager l'acte de croire comme un acte esthétique, très loin des contenus de croyances.
Dans ses essais L'art contemporain : un vis-à-vis essentiel pour la foi[4], L’urgence de l’art et Art, foi, politique : un même acte, publiés respectivement en 2010, en 2015 et en 2017, il exprime l'importance selon lui essentielle de considérer l’existence humaine et la réalité tout entière comme œuvres d'art et affirme que la foi ne peut être que créatrice, témoin de la nouveauté permanente qui la porte, et qu'elle conduit ce faisant à la responsabilité politique.
Dans son ouvrage Le christianisme est un anarchisme, publié en 2024, Jérôme Alexandre exprime un positionnement politique anarchiste qu'il relie directement à sa conception esthétique de la foi, qu'il considère comme foncièrement pragmatique et libératrice. Il affirme que l'éthique, la justice, l'esthétique et la foi se tiennent dans le même horizon libérateur de l'existence que l'anarchisme, qui suppose l'égale dignité de tous les vivants, prônée par l'Évangile. Selon lui, la sainteté est pour cette raison le seul programme politique conséquent[5],[6],[7].
Il participe notamment au séminaire Étape (Explorations Théoriques Anarchistes Pragmatistes pour l’Emancipation) avec d'autres chercheurs en sciences sociales et militants libertaires[8].
