Serry était thomiste fort zélé, et publia une histoire des congrégations De auxiliis, où il laissait tout l’avantage aux thomistes sur leurs adversaires. Cette histoire, qui parut en latin, à Louvain, en 1700, sous le nom d’Augustin le Blanc, et dont le P. Quesnel fut l’éditeur, donna lieu à des écrits du P. Germon, jésuite, et d’un syndic de l’Université de Trèves, et à une autre histoire de ces congrégations, par le P. Liévin de Meyer, jésuite, Anvers, 1705. Serry se défendit par deux écrits contre Germon, et publia, en 1709, une nouvelle édition de son histoire, fort augmentée. Lorsque la Véritable Tradition de l’Église sur la prédestination et la grâce, attribuée à Jean de Launoy, parut en 1702, Serry entreprit de la réfuter et de venger St-Augustin, qu’il croyait calomnié ; il y eut quelques lettres écrites à ce sujet entre le P. Daniel et lui. Un traité théologique du même P. Daniel, Sur l’efficacité de la grâce, en 1706, attira une réponse de Serry sous le titre de Schola thomistica vindicata. On lui attribué des lettres écrites des Champs-Elysées sur les enfants morts sans baptême, et les Vrais Sentiments des jésuites sur le péché philosophique. On a encore de lui un écrit italien sur les rites chinois, quelques écrits sur des contestations entre les missionnaires dans l’île de Scio ; une Dissertation sur la profession de St-Thomas d’Aquin au mont Cassin, fable réfutée par le P. Touron ; et une Défense d’Ambroise Catharin sur l’intention nécessaire pour l’administration des sacrements. Enfin Serry est encore auteur des Exercitationes historicæ, criticæ, polemicæ de Christo, Ejusque Virgine Matre, Venise, 1719 ; d’un Traité pour concilier St-Augustin avec St-Thomas ; de deux Dissertations sur l’infaillibilité du pape. Les jansénistes ont reproché à Serry d’avoir abandonné, dans cet écrit, les doctrines qu’il avait soutenues autrefois. Ils ont été plus contents de sa Theologia supplex, in-12, 1736, qui a été traduite en français en 1756, et qui avait pour objet de demander des explications de la bulle Unigenitus. Cependant la traduction n’est pas très-fidèle ; et comme Serry était soumis à la bulle, l’auteur des Nouvelles ecclésiastiques, 1756, p. 115, dit que son livre est ennuyeux et que ses explications pèchent contre la sincérité.