Jacques Monin
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Jacques Monin, né le à Saint-Marcellin, est un journaliste français. Il a dirigé la cellule investigation de Radio France de 2014 à 2024, après avoir aidé Matthieu Aron à la créer. Auparavant, il a été directeur adjoint de la rédaction de France Inter, correspondant de Radio France à Londres et rédacteur en chef de la station locale de Radio France « France Bleu Hérault. » Il est l’auteur de Naufrage britannique publié aux éditions de la Table ronde, et co-auteur d’un documentaire consacré à Dominique Strauss-Kahn[1],[2].
À l’étranger
Jacques Monin est le second d’une famille de 5 enfants. Né d’un père professeur de lettres classiques et d’une mère professeur d’Anglais, il est titulaire d’une maîtrise des sciences et techniques de la communication de l'université de Grenoble. Il commence sa carrière de journaliste en collaborant en tant que pigiste à la première rédaction de Radio France Isère, radio locale dont l’antenne ouvre à Grenoble en .
En , il est intégré à Radio France Belfort comme rédacteur reporteur. 18 mois plus tard, il rejoint la rédaction de Radio France Hérault à Montpellier où il sera successivement reporter, matinalier, puis rédacteur en chef de 2000 à 2006.
Parallèlement, de 1989 à 2000, il assure la correspondance du journal Le Monde pour le département de l’Hérault. Durant cette période, il rejoint temporairement la radio de Radio France créée pour couvrir les jeux Olympiques d’Albertville en 1992. Un an plus tard il rejoint la rédaction de Radio Canada à Ottawa pour quatre mois.
En , Jacques Monin est nommé envoyé spécial permanent de Radio France à Londres. A son retour à l'été 2010, il devient directeur adjoint de la rédaction de France Inter où, outre ses fonctions d’encadrement, il présente l’”enquête de la rédaction”, une courte enquête diffusée le dimanche matin avant le magazine “Interception”.
Cellule investigation de Radio France
En , après la nomination de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, Jacques Monin seconde Matthieu Aron lorsque ce dernier crée la cellule investigation de Radio France. Jacques Monin en prend la tête deux ans plus tard. Il présente ensuite pendant huit ans l’émission “Secrets d’Info” sur France Inter[3]. Émission récompensée en 2019 par un laurier de l’audiovisuel dans la catégorie « information radio ».
Sous sa direction, la cellule investigation révèle notamment l’affaire des assistants parlementaires européens du Modem. Le , François Bayrou, alors garde des Sceaux, lui téléphone pour se plaindre des méthodes de son équipe[4]. Les révélations qui sont publiées deux jours plus tard entraînent la démission de Marielle de Sarnez, ministre des affaires européennes, Sylvie Goulard, ministre des armées, et celle de François Bayrou[5].
En 2017, après les révélations des Panama Papers, la cellule investigation de Radio France devient partenaire de l’ICIJ (consortium international des journalistes d’investigation)[6]. Avec d’autres médias internationaux, elle participe aux révélations des Paradise Papers, des Implants files, des Ubers Files, et des Pandora papers. Avec un autre consortium, Forbidden Stories, en , la cellule révèle l’ampleur de l’utilisation du logiciel espion Pegasus. L’année suivante, l'enquête internationale “Story Killers”, révèle qu’une agence israélienne a recours à un salarié de BFM TV pour influencer les opinions. L’affaire entraînera le limogeage du journaliste Rachid M’Barki.
Condamnation de Jean Luc Mélenchon
En , la cellule investigation de Radio France publie une enquête faisant état d’éventuelles surfacturations commises lors de la campagne présidentielle de Jean Luc Mélenchon en 2017[7]. Dans une vidéo postée sur Facebook, le leader de la France insoumise appelle à « pourrir les journalistes de France Info où qu’il se trouvent, » les qualifiant de « menteurs » et de « tricheurs. » Après un procès au cours duquel Jacques Monin témoigne, le , Jean Luc Mélenchon est condamné pour injure publique et diffamation à verser 500 euros d’amende et 3000 euros de dommages et intérêts à Radio France[8].
Secret défense
Le , Jacques Monin est entendu par la DGSI dans le cadre d’une plainte déposée par un ancien militaire des forces spéciales qui lui reproche d’avoir divulgué son nom dans une enquête de la cellule investigation de Radio France publiée en 2018 sous la plume de Benoît Collombat et Geoffrey Livolsi, au sujet de soupçons de trafics d’influence au sein de l’armée française[9]. L’affaire se conclura par un non lieu.
Jacques Monin quitte Radio France en . Depuis 2026, il réalise en collaboration avec la galerie Maghen [10]des podcasts consacrés aux auteurs de bande dessinée.
Liens externes
Notes et références
- ↑ [vidéo] « Pièces à conviction : DSK Business les dérives financières de LSK », Documentaire Société, , 55:21 min (consulté le )
- ↑ (en-GB) Jacques Monin, « How Britain lost its way », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Brulhatour, « "Secrets d’Info" : 10 ans d’investigation sur France Inter », sur La Lettre Pro de la Radio & du Podcast (consulté le )
- ↑ « Quand François Bayrou appelle un journaliste pour se plaindre de ses méthodes : la polémique en cinq actes », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ « François Bayrou et Marielle de Sarnez quittent le gouvernement », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « International Consortium of Investigative Journalists - ICIJ », (consulté le )
- ↑ Sylvain Tronchet, « Campagne Mélenchon : les chers services de Mediascop », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ « Jean-Luc Mélenchon condamné pour injure publique et diffamation envers Radio France », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Trois journalistes entendus par la DGSI pour des soupçons d’atteinte au secret de la défense nationale », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Actualités de la galerie | Galerie Daniel Maghen », sur www.danielmaghen.com (consulté le )