Jean-Antoine d'Anglerais (Chicot)
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| Nom de naissance |
Jean-Antoine d'Anglerais |
| Surnom |
Chicot |
| Activité |
Jean-Antoine d'Anglerais (ou Antoine Anglarez[1]) surnommé Chicot (v. 1540—1591), fut le bouffon du roi Henri III, puis celui d'Henri IV. Il est décrit comme acerbe, particulièrement rusé et s'entretenant avec son souverain sans formalités.
Chicot naquit à Villeneuve-sur-Lot en Gascogne en 1540. Sa famille n'était pas noble, néanmoins il poursuivit des études au collège de Reims à Paris[2]. Plus attiré par les armes que par les lettres, il servit comme soldat sous Honorat II de Savoie où il devint courrier de Villars, et rencontra Charles IX qui en fit son messager officiel. Il fut ensuite le fou du roi Henri III puis celui d'Henri IV. Ce fut le seul fou du roi connu qui eut une activité politique et militaire ; il était autorisé à porter une rapière, et était connu pour être une fine lame.
Voici comment John L. Motley décrivit sa mort lors de la campagne d'Henri IV contre l'armée de la Ligue catholique en 1591 :
« Ils [Les Ligueurs] étaient poursuivis par Henri à la tête de sa cavalerie, et de nombreuses escarmouches émaillèrent cette poursuite. D'un point de vue militaire aucune d'entre elles n'eut d'importance, néanmoins une parmi elles teint à la fois du comique et du pathétique. Il advint, en effet, que dans une charge de cavalerie un peu plus significative que les autres, le comte de Chaligny se trouva engagé dans un combat au corps à corps avec un très fringant épéiste, qui, après avoir reçu et donné de nombreux et sévères coups, réussit enfin à désarmer le comte et à le faire prisonnier. Cette fortune de guerre, peu de jours avant, aurait pu être le sort du grand Henri lui-même. La mortification de Chaligny liée à sa captivité devint encore plus intense quand il découvrit que le chevalier à qui il avait cédé n'était autre que le bouffon du roi ! Que lui, le chef de la Sainte-Ligue, descendant direct de l'illustre maison de Lorraine, frère du grand duc de Mercœur[3], ait été capturé par un bouffon huguenot semblait la plaisanterie la plus cuisante depuis que les fous étaient à la mode. Le célèbre Chicot, qui aimait autant les combats que les moqueries, et qui était un cavalier aussi téméraire que son maître, a prouvé à cette occasion que le capuchon et les cloches pouvaient être aussi magnanimes que la crête la plus chevaleresque. Bien que grièvement blessé dans la lutte qui a abouti à son triomphe, il a généreusement accordé au comte sa liberté sans rançon. Le fier Lorrain est revenu à ses Ligueurs, et le pauvre fou est mort, peu après, de ses blessures. »
— John Lothrop Motley, History of the United Netherlands From the Death of William the Silent to the Twelve Years' Truce, 1609