Jean Starck
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Jean Starck est un peintre français né en 1948 à Cornimont dans les Vosges. Figure majeure de l'underground artistique français, il est cofondateur du mouvement Art Cloche en 1979 et pionnier de l'art urbain en France. Son œuvre, construite de peintures, collages et assemblages de matériaux de récupération, est répertoriée dans le Dictionnaire Bénézit (tome 13).
Jeunesse et formation
Jean Starck naît en 1948 à Cornimont, dans les Vosges. Fils d'un contremaître dans une usine textile, il entre lui-même à l'usine à quatorze ans et demi. Son caractère rebelle le pousse rapidement vers d'autres horizons. Très jeune, convaincu d'être né pour devenir peintre, il s'offre ses premières leçons de dessin par correspondance. Recalé à l'examen des Beaux-Arts d'Épinal, il reste à l'usine et se réfugie dans la peinture[1].
Incorporé dans l'armée en 1968, il effectue son service dans l'infanterie de Marine. Son physique d'athlète lui vaut des encouragements à faire carrière militaire, mais il se singularise en écrivant une pièce subversive, Le Journal d'un fou en campagne, critique sévère des systèmes politiques. En 1974, il part à Paris pour étudier le théâtre[1].
Art Cloche (1979–1989)
En 1979, Jean Starck cofonde le mouvement Art Cloche avec d'autres artistes, né d'une occupation de locaux désaffectés dans le XIVe arrondissement de Paris — des espaces où, pendant la Seconde Guerre mondiale, étaient entreposées des bombes. Ce squat artistique pionnier donne naissance à un mouvement d'art post-moderne par le squat, revendiquant une liberté totale et dénonçant les programmes élitistes[1].
Art Cloche organise des happenings et des expositions à Paris, Berlin et Venise. Le mouvement bénéficie d'une importante résonance dans le milieu de l'art contemporain et influence de nombreux artistes, de New York à Moscou[1]. Jean Starck y développe une technique dite du cut-up, consistant à prélever des fragments d'autres œuvres pour les assembler comme un patchwork, produisant des dissonances visuelles qui déconstruisent l'unité des artistes traditionnels[1].
Entre 1980 et 1982, le peintre et théoricien Jean Dubuffet achète une trentaine d'œuvres de Jean Starck, reconnaissant en lui une parenté avec l'art brut qu'il avait théorisé[1].
Groupe Transmigration et période archaïque (1980–2000)
Dans les années 1980, Jean Starck fonde avec le peintre Manuel Rodrigues le groupe Transmigration, orienté vers un art transcendantal et cosmique. Le groupe développe une réflexion sur la place de l'animal dans le cosmos et sur l'équilibre entre l'homme et la nature. Jean Starck peint des animaux comme symbole sacré d'un retour à un équilibre disparu[1].
En 1998, il réalise la construction d'un Mandala Universel.
En 2002, il participe à la rétrospective Tokyo Squats — Rétrospective et actualité, 1978–2002 au Palais de Tokyo à Paris, du 10 septembre au 2 octobre[2].
Période contemporaine (2000–)
Depuis 2000, Jean Starck explore les contradictions de l'iconographie urbaine contemporaine. Il se définit comme un primitif moderne, toujours à la recherche d'un espace originel de mémoire humaine dépourvu de toute censure esthétique ou morale. Ses œuvres de cette période sont les écritures contemporaines d'un artiste inscrit dans l'iconographie de l'époque urbaine, notamment à travers la série des portraits sur palissades[1].
En 2012, une exposition rétrospective, Dérives urbaines 1979–2012, est organisée à La Lune en Parachute, La Plomberie, à Épinal, du 12 mai au 23 juin[3].
En 2015, il expose à la CultureInside Gallery de Luxembourg, sous le patronage de l'Institut français du Luxembourg, du 26 mars au 10 mai, sous le titre Pionnier de l'art urbain[4].
En 2020, son œuvre est exposée à la Galerie Lithium (6 rue Saint-Blaise, Paris 20e) dans le cadre de l'exposition Art Cloche Réminiscence, du 7 au 21 mars.
Style et technique
Jean Starck pratique la peinture, le collage et l'assemblage de matériaux de récupération. Il emploie la technique du cut-up — terme issu de la littérature expérimentale — pour créer des œuvres hybrides où fragments d'affiches, de journaux, de photographies et de peintures se superposent. L'artiste se revendique comme un unificateur des déchets de la société[1].
Son œuvre s'inscrit dans la continuité de l'art brut tel que théorisé par Jean Dubuffet, dont il fut un correspondant direct, ainsi que dans la tradition du néo-primitivisme. Il puise également dans l'œuvre de Paul Gauguin[1].
Collections
Les œuvres de Jean Starck figurent dans les collections suivantes :
- Collection Jean Dubuffet (environ 30 œuvres, acquises entre 1980 et 1982)
- Collections privées en France, en Chine, aux États-Unis et en Europe
Ses œuvres ont été présentées en vente publique chez Millon & Associés et Cornette de Saint Cyr à Paris.