Jean de Rokycana, connu également comme Jan de Rokycany, en tchèque: Jan Rokycana, et Jan z Rokycan (né vers 1390 à Rokycany, Bohême - à Prague) fut un théologienHussite. Il est une figure importante de l'histoire de l'Église en Bohême. Prédicateur et homme politique il fut également archevêque de Prague non reconnu par la curie romaine de 1435 à sa mort.
Né en Bohême vers 1390 fils d'un forgeron, Jan Rokycana entre dans sa jeunesse dans le monastère augustiniens de Rokycany. Ensuite il abandonne la vie monastique pour étudier à Prague dès 1412, et obtient un diplôme universitaire en 1415. Il rejoint le mouvement contre Jan Želivský, après qu'il s'est enfui de Prague. Il s'oppose également aux Taborites, particulièrement à Konopiště en 1423. Plus tard à Prague il s'oppose aussi à Jan Žižka, quand il est rendu responsable de la défaite militaire de la milice pragoise à Malešov.
Après la mort de Sigismond le Jean de Rokycana allié aux hussites de Bohême orientale et aux taborites soutiennent contre son gendre et successeur Albert II de Habsbourg, le prince Casimir fils de Ladislas II Jagellon de Pologne. En 1440 après la mort d'Albert II de Habsbourg une commission composée de quatorze bourgeois et de Jean Rokycana propose le trône de Bohême au duc Albert III de Bavière qui refuse. C'est finalement Ladislas fils posthume d'Albert II qui est accepté comme roi créant ainsi un long interrègne.
Le il convoque une assemblés des trois ordres des États de Bohême à Kutná Hora, où les principes de croyance hussite sont adoptés comme loi du pays. En 1442 il fait la paix avec Jan Příbram. En 1444 les tribunaux tranchent en sa faveur contre les taborites, qui refusaient toujours de se conformer à sa politique modérée et la doctrine du Tabor est rejetée. En 1449, il entame une correspondance régulière avec le pape Nicolas V, parce qu'il avait besoin de procéder à des ordinations de prêtres. Déçu dans ses espoirs il tente d'aller rencontrer le pape en personne mais il ne peut traverser l'Allemagne. C'est pour cette raison en 1452 il entreprend des contacts avec l'église orthodoxe de Constantinople afin d'envisager une éventuelle coopération mais ce projet échoue en 1453, quand Constantinople tombe entre les mains des Ottomans.
Jan Rokycana n'est pas en faveur auprès du jeune roi Ladislas Ier de Bohême qui refuse d'entendre ses sermons. En 1457, Jan Rokycana commence de nouveau une correspondance directe avec le pape Calixte III, qui est interrompue par la mort prématurée du roi la même année. Sa situation s'améliore quelque peu avec la prise progressive du pouvoir par Geogres de Poděbrady qui détruit Tábor en 1452. Bien que Georges tente de limiter le pouvoir de l'Église, Jan Rokycana soutient son élection par ses interventions. Dès le début, Jan approuve la politique de conciliation de Georges de Poděbrady basée sur le respect des Compactata et ordonne aux églises de sonner leurs cloches pour marquer la réconciliation. En retour, Georges de Poděbrad le considère comme un authentique représentant de l'Église et le chef de l'organisation ecclésiastique. Le roi alterne entre la fréquentation des messes de Jean Rokycana avec celles de cathédrale Saint-Guy de Prague. La collaboration entre le roi Georges et Jean de Rokycana s'avère fructueuse.
Jörg K. Hoensch Histoire de la Bohême Payot Paris (1995) (ISBN2-228-88922-9)
Pavel Bělina, Petr Čornej et Jiří Pokorný Histoire des Pays tchèques Points Histoire U 191 Éditions du Seuil Paris (1995) (ISBN2020208105)
Jean-Marie Mayeur, Marc Venard, Luce Pietri, André Vauchez Histoire du christianisme Tome VII «De la réforme à la Réformation (1450-1530)», Desclée, Paris 1994, (ISBN2718906243).