Djebel Arkanu
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Le djebel Arkanu, également orthographié djebel Arkenu ou gebel Árchenu, est un massif montagneux culminant à 1 435 mètres d'altitude et une vallée-oasis située dans la chabiyat d'Al-Koufrah dans le désert Libyque, dans le Sud-Est de la Libye, à environ 300 km au sud-est de la ville d'El Tag[1].
Géographie

Luigi Vittorio Bertarelli[1] décrit une vallée-oasis longue d’environ 15 km, orientée d’est en ouest, dont l’accès se situe vers 598 mètres d’altitude. La végétation y est constituée de buissons, d’herbes et de quelques arbres rares, et la vallée sert de pâture saisonnière : des Bédouins y conduisent des troupeaux et en obturent l’entrée avec des pierres avant de revenir les récupérer plusieurs mois plus tard[1].
Le djebel Arkanu se trouve dans le désert à environ 70 km à l’ouest d’Arkanu et des deux structures circulaires d'Arkanu (en).
Géologie
Le cœur du massif est classiquement décrit comme une intrusion de granite au niveau de la vallée-oasis[1]. Des observations géologiques plus régionales indiquent toutefois que les reliefs du djebel Arkanu comprennent aussi, vers le nord, des affleurements de roches sédimentaires (notamment des grès paléozoïques) associés à des intrusions alcalines de type « complexe annulaire »[2].
Les structures circulaires d’Arkanu (parfois interprétées comme des cratères) ont fait l’objet d’une réévaluation : Corrado Cigolini et al.[3] concluent qu’elles ne résultent pas d’un impact météoritique, mais d’un processus endogène (tectonique et/ou magmatique), et discutent plusieurs scénarios compatibles avec une origine ne résultant pas d'un impact.
Histoire
Luigi Vittorio Bertarelli[1] rapporte que la montagne était déjà mentionnée dans des sources en arabe dès 1892, tandis que la première exploration décrite dans la littérature de voyage du début du XXe siècle est réalisée en 1923 par Ahmed Hassanein[1].
Archéologie
Une première synthèse de prospections dans la zone Gilf Kebir–Uweinat–massifs adjacents signale que les reliefs voisins (dont Arkanu) ont été intégrés aux itinéraires d’expéditions et à l’inventaire des sites d’art rupestre : András Zboray[4] souligne l’intérêt d’un repérage systématique et d’un positionnement précis des sites (notamment à partir d’imagerie satellitaire) dans une région où l’accès et la redécouverte des abris restent difficiles.
Dans le cadre des recherches archéologiques régionales, Maya von Czerniewicz et al.[5] signalent, lors d’une visite de terrain en 2003, plusieurs nouveaux sites d’art rupestre dans les régions du djebel Arkanu et du djebel Uweinat, en rappelant que les expéditions antérieures s’étaient souvent concentrées sur Uweinat.
Une étude ciblée de la bordure nord du djebel Arkanu met en évidence des ensembles peints et gravés supplémentaires : Alessandro Menardi Noguera et András Zboray[2] rapportent l’identification de cinq sites jusque-là non publiés (), et décrivent des panneaux attribués au style dit « Elongated Roundhead » (êtes rondes allongées), comprenant notamment des figures humaines élancées, des bovins de grande taille, ainsi que des scènes d’animaux sauvages attachés (tethered).
La répartition de l’art rupestre dépend aussi des supports rocheux disponibles : András Zboray[6] note que les pétroglyphes sont rares sur les grès très durs, mais que des exceptions existent là où affleurent des roches plus favorables à la gravure ; dans le djebel Arkanu, des panneaux de pétroglyphes sont ainsi associés à des affleurements de roches volcaniques (phonolites) dans le cours principal du wadi, surtout dans sa partie basse.
Enfin, une mise au point chronologique et stylistique à l’échelle du désert libyque central replace ces productions dans une séquence plus large : András Zboray[7] propose une révision des styles d’art rupestre et de leur chronologie relative, utilisée comme cadre de comparaison pour les ensembles d'Arkanu et des massifs voisins.