Jesús Carles de Vilallonga
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalités | |
| Activité |
| Mouvement | |
|---|---|
| Genres artistiques | |
| Distinction |

Jesús Carles de Vilallonga né le à Santa Coloma de Farners et mort le à Barcelone est un artiste peintre surréaliste catalano-canadien[1].
Enfance et vie personnelle
Le quatrième enfant de Salvador de Vilallonga i Corominas et de Maria Dolors Rosell i Planes de Farners, Jesús Carles Isidre de Vilallonga i Rosell, est né dans une famille aisée, son père étant un propriétaire terrien fortuné. Ses parents étaient de véritables mécènes et plusieurs artistes ont séjourné dans leur maison d’été, le domaine familial Mas Parés, un domaine construit au 15e siècle et situé dans le village de Sant Marti Sapresa.
Vilallonga dessine depuis sa tendre enfance. C’est au domaine estival qu’il effectue ses premiers dessins à l’âge de cinq ans, aux côtés du peintre impressionniste Joaquim Mir. À onze ans, il remporte le premier prix de peinture d’un concours organisé par son école.
La guerre d'Espagne (1936-1939) vient bouleverser la vie de la famille Vilallonga.

Études et vie professionnelle
En 1948, le jeune homme fait de Barcelone sa résidence, ville où il suit des cours de dessins avec Joan Ponç au studio de Ramon Rogent, et assiste à des classes d’architecture à l’université de Barcelone.
Convaincu à ce moment qu’il voulait dédier sa vie à la peinture, il s’installe dans un atelier voisin du sculpteur Jordi Bonet. Il expose et remporte des prix pour ses aquarelles, peint des fresques dans deux chapelles et conçoit des murales et des mosaïques pour un imposant hôtel sur la côte méditerranéenne[8]. De 1949 à 1952, il suit des cours à l’École des beaux-arts de Sant Jordi et étudie ensuite à l’École des beaux-arts de Paris où il se perfectionne dans plusieurs techniques artistiques allant de l’aquarelle à la fresque. Il passe quelques mois à voyager à travers l’Europe, arrêtant à Rome pour visiter son ami le peintre Jaume Muxart, puis finissant par Copenhague, en en profitant au passage pour vendre ses récentes toiles dans les grandes villes. De retour à Barcelone, il reçoit le prix d’aquarelle à l’Exposition du Printemps en 1953.

En 1955, au retour d’un séjour à Philadelphie, il est invité à exécuter la décoration d’un restaurant espagnol à Montréal et décide de s’établir dans la métropole. Il s’installe dans l’appartement de sa sœur et commence à peindre des aquarelles des maisons de Westmount, lesquelles il réussit souvent à vendre aux propriétaires des demeures. Toujours dans l’optique de subvenir à ses besoins, il chante et joue de la guitare dans les bars, conçoit les costumes et décors d’un spectacle du Ballet national du Canada et enseigne brièvement l’espagnol à l’Université de Montréal.
Ce sera le début d’une trentaine d’années partagées entre la Catalogne et le Québec. Vilallonga s’intégre rapidement au milieu artistique montréalais grâce à sa rencontre avec Giorgio di Carlo, un peintre et décorateur, qui l’introduisit à la communauté fréquentant L’Échouerie. Ce restaurant, au centre des évènements historiques reliés à la communauté artistique avant-garde de l’époque, permis à Vilallonga de côtoyer Robert Roussil, Armand Vaillancourt, Guido Molinari, Jean-Paul Mousseau et Jordi Bonet, qui venait lui aussi d’arriver au Québec.
En Espagne, l’artiste fréquente le peintre Marcel Duchamp et l’écrivain Henry-François Rey, ainsi que Ramon et Antonio Pitchot, des artistes catalans. En 1967, il fait la connaissance de Salvador Dali avec qui il collaborera à la création de sculptures.
En 1958, Max Stern, de la Galerie Dominion de Montréal, prend connaissance des œuvres de Vilallonga exposées dans un restaurant de la ville. Il achète 20 des 24 peintures et lui offre un contrat d’exclusivité avec sa galerie, contrat qui se termina avec la fermeture de l’établissement en 2000. Jesús Carles de Vilallonga expose presque chaque année à la Galerie Dominion, jusqu’au décès de Max Stern en 1988[2]. En 1971, il est commissionné par l’Université de Montréal pour peindre une murale à l’entrée de la Faculté de droit. Ce sera la première d’une longue série de murales et de fresques réalisées à travers le Canada et l’Europe. Portait imaginaire des 24 génies universels d’aujourd’hui, sans doute l’une de ses créations les plus ambitieuses de sa carrière, trône fièrement sur le campus de l’Université Concordia de Montréal.
Vilallonga retourne vivre en Espagne de manière permanente en 1988, dans ses deux studios du quartier El Raval, mais continue tout de même à participer à des expositions à travers le Québec. Avec sa femme, il passe l’année 1992 à Syracuse dans l’État de New York, où il étudie la sculpture avec Rodger Mack et produit plusieurs sculptures de bronze et d’aluminium à la fonderie de l’Université de Syracuse. Durant les cinq dernières années de sa vie, il travaille dans sa demeure sur des dessins de grand format.
Son attachement envers la Belle Province se retrouve dans plusieurs de ses œuvres où il représente l’histoire du Québec et ses artisans. Par exemple, il illustra la poésie de Gilles Vigneault dans l’ouvrage Le regard des mots, il créa une série de tableaux pour une exposition destinée à venir en aide aux enfants atteints de déficience intellectuelle à Montréal en 2006, et réalisa une dizaine d’œuvres inspirées de Samuel de Champlain en 2008, pour souligner le 400e anniversaire de Québec.
Le fonds d’archives de Jesús Carles de Vilallonga, qui contient plus de 3000 photographies de ses œuvres, est conservé aux archives de la commune Santa Coloma de Farners.
Démarche artistique
L’artiste, qui utilise principalement la tempera, est connu pour ses peintures à la texture riche et aux couleurs complexes. L’ensemble de son œuvre comprend également des sculptures de bronze et de résine, des aquarelles, des huiles, des objets design, des gravures, des lithographies, des sérigraphies et de l’art numérique[3].
Il représente régulièrement des personnages féminins et masculins, des bêtes, des forêts, des structures architecturales et des artefacts, empruntant à une variété de styles artistiques tels que l’art roman, le surréalisme et le mouvement de la Renaissance, tout en conservant son propre style contemporain.
À ses débuts, Vilallonga est influencé par la puissante tradition plastique de la Catalogne, il n’y a qu’à penser au groupe Dau al Set, Gaudi et les fresques romanes, mais aussi par le fauvisme, le surréalisme et l’expressionnisme allemand. Ses œuvres sont parfois associées au symbolisme. Dans les années 1950, il explore plutôt les thèmes urbains et l’abstraction. Il revient au surréalisme et la figuration dans les années 1960, en ayant recourt au collage et en s’inspirant de l’imaginaire et de l’étrange. Ses scènes, juxtaposant des réalités fantastiques et quotidiennes, offrent de multiples possibilités d’interprétation.
Musées et collections
· Musée des beaux-arts de Montréal, Canada
· Musée d’art contemporain, Montréal
· Bibliothèque Nationale de Paris, France
· Biblioteca Nacional de España, Madrid, Spain
· Université de Montréal
· Musée national des beaux-arts du Québec
· Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelona
· Fundació Vila Casas, Barcelona
· Syracuse University Art Collection, New York
· University of Toronto Art Center, Toronto
· Bibliothèque Nationale du Canada, Ottawa
· Fundació La Caixa, Col.lecció Testimoni, Barcelona
· Musée de l’Université de Sherbrooke, Québec
· Château Saint Fargeau, Yonne, France
· Richards Gallery, Northeastern University, Boston
· Art Gallery of Hamilton, Canada
· Art Gallery of Greater Victoria, Canada
· Edmonton Art Gallery, Canada
· Palau Fontana d’Or, Girona, Spain
· Kitchener-Waterloo Art Gallery, Canada
· Museu de Cadaqués, Spain
· Concordia University, Montréal
· Bronfman Collection, Montréal