Joël Roman
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Richard Roman (d) |
Joël Roman, né le , est un philosophe, essayiste et éditeur français.
Formation
Fils d'un militaire de carrière et d'une infirmière, il est le frère de Richard Roman, un temps accusé du meurtre de Céline Jourdan puis acquitté, et de Thibaud Roman, technicien vétérinaire et chercheur en biologie moléculaire.
Ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé de philosophie, Joël Roman prône « un multiculturalisme à la française »[1], qui reconnaisse le pluralisme social et culturel de la société française, l’empreinte durable des immigrations post-coloniales, et sache adapter le modèle républicain à la « multiplicité individuelle », à la nouvelle question sociale des banlieues désormais majoritairement peuplées d'immigrés ou de descendants d'immigrés et à la présence établie de l’islam de France. Il place ainsi les notions de « reconnaissance » et de pluralisme au cœur de la recomposition du lien social et politique dans la société contemporaine française.
Directeur de la collection d’essais au format de poche « Pluriel », collaborateur de la revue Esprit et de la Ligue de l'enseignement, il est également membre du conseil scientifique du laboratoire d'idées Terra Nova et de celui de la fondation Jean Jaurès, tous deux proches du Parti socialiste français.
Parallèlement à une formation classique de philosophie à l’Université de Paris I et à l’ENS de Saint-Cloud, où il a étudié plus particulièrement la tradition phénoménologique de Husserl à Merleau-Ponty, Joël Roman a eu une formation militante au sein du PSU, dont il a été l’un des dirigeants étudiants dans les années 1970, avant de devenir le rédacteur en chef de sa revue théorique Critique socialiste. Aussi s’est-il orienté vers la philosophie politique en étudiant l’œuvre de Hannah Arendt (dont il traduit avec Étienne Tassin dans les années 1980 la biographie que lui a consacrée Elizabeth Young-Bruehl) et fut l’élève de Claude Lefort (sous la direction duquel il rédige un DEA en 1986).
Parcours professionnel et politique
Professeur d'école normale d’instituteurs de 1982 à 1989, il collabore, au début des années 1980, à la revue de la deuxième gauche Intervention, dirigée par Jacques Julliard, puis assure la rédaction en chef de la revue Esprit de 1988 à 2000. En 1995, il rejoint la Ligue de l'enseignement, où il anime jusqu’en 2009 le réseau « Social plus », qui conduit une réflexion transversale avec la CFDT et la Fédération des centres sociaux sur divers thèmes dont le social et les médias, la laïcité, l’État, l’immigration. Il participe aux activités de formation et aux publications de ces mouvements, notamment Les idées en mouvement.
Depuis 1990, il enseigne dans plusieurs universités (IEP de Paris jusqu’en 1997, Celsa Paris IV). Il a été membre du comité scientifique d’évaluation de la politique de la Ville (1992-1994) et de la commission présidée par Jacques Rigaud sur la « refondation de la politique culturelle de l'État » (1996). Il est membre fondateur (1998) de la commission puis de l’association « Islam et laïcité » et a fondé en 2005, avec Jean-Pierre Mignard, le mouvement Sauvons l’Europe.
En 2012, il signe la tribune Pour une nouvelle république appelant à voter pour le candidat François Hollande[2].
Il est Président de la Ligue de l'enseignement en . Il quitte son poste le [3]. Le , il signe une tribune pour prendre la défense du militant salafiste[4] Idriss Sihamedi[5].
