Joëlle Kauffmann
gynécologue et militante pour les droits des femmes
From Wikipedia, the free encyclopedia
Joëlle Kauffmann, née Joëlle Brunerie le à Quimperlé[1], est une gynécologue et militante féministe française. Elle a milité au sein du Groupe Information Santé (GIS) pour la libéralisation de l'avortement avec Annie Bureau puis au Mouvement pour la liberté de l'avortement et la contraception (MLAC) ainsi qu'au Mouvement français pour le Planning familial.
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Joëlle Yvonne Marie Brunerie |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Conjoint |
Jean-Paul Kauffmann (depuis ) |
| Enfants |
Grégoire Kauffmann Alexandre Kauffmann (d) |
| Membre de | |
|---|---|
| Personne liée | |
| Distinction |
Biographie
Famille
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les parents de Joëlle Kauffmann sont résistants gaullistes, ils lui inculquent donc leurs valeurs, dans un milieu catholique[2]. Son père, issu d'une famille modeste, est architecte et sa mère reste au foyer pour élever Joëlle et ses cinq frères et sœurs[2]. Joëlle Yvonne Marie Brunerie[3] naît le à Quimperlé[2]. Elle épouse Jean-Paul Kauffmann en 1973, elle donne naissance à Grégoire Kauffmann[4] la même année et, deux ans plus tard, à Alexandre Kauffmann son second fils[2].
Études
Elle fait ses études chez les Ursulines dans le but de recevoir une « bonne éducation »[2]. Après avoir obtenu son baccalauréat à l'âge de seize ans, soutenue par ses parents, elle poursuit ses études à la faculté de médecine de Nantes[2], puis se spécialise en gynécologie[1] médicale à Paris[2]. Elle fait son internat à l'hôpital Beaujon à Paris[2]. Elle passe sa thèse en 1969[5].
Engagement
Au moment de la Guerre d'Algérie, elle s’intéresse à la politique et entre à l'UNEF où elle milite dans la « mino » de gauche[2]. Dans le même temps, elle découvre les avortements réalisés illégalement dans les services d'urgence et doit elle-même avoir recours clandestinement à l'avortement dans la honte et le secret à Paris[2]. Elle tient une consultation de Planning familial à Paris à la MNEF, destinée aux étudiantes[2]. Elle y rencontre le docteur Pierre Jouannet[2], maoïste, qui devient un compagnon de lutte. C'est grâce à la médecin Christiane Verdoux, impliquée au Mouvement français pour le Planning familial, qu'elle apprend les bases de la contraception[5], alors que celle-ci n'est pas encore autorisée en France[5].
Elle est un membre actif du Groupe information santé (GIS) qui prône une révolution dans la médecine pour repenser les rapports de pouvoir entre médecins et patients. Le groupe défend le médecin Jean Carpentier, radié de la profession pendant un an après avoir rédigé en 1971 le tract « Apprenons à faire l'amour ». Féministe, elle fait le lien entre le Mouvement de libération des femmes (MLF) et les médecins d'extrême gauche[6]. Elle est également impliquée au Mouvement français pour le Planning familial (MFPF) en tant que conseillère conjugale et familiale[7].
En 1972, elle entend parler, par l'intermédiaire de la journaliste Kenizé Mourad, de Harvey Karman et de sa méthode d'avortement par aspiration[2], pratiquée dans les huit premières semaines de la grossesse, sans anesthésie. Après une démonstration de cette méthode organisée dans l'appartement de Delphine Seyrig à Paris, elle commence avec d'autres médecins du GIS à la pratiquer illégalement[8] car elle préfère militer sur le terrain tout en reconnaissant le caractère éphémère de la démarche mais en comptant sur le soutien de personnalités comme celles qui constituent l'Association nationale d'étude de l'avortement (ANEA) dirigée par Raoul Palmer, son « patron de thèse »[2]. Le , elle est cosignataire du manifeste des 331[9], qui fait suite à celui des 343[10]. La même année, elle cofonde le Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC)[11].
Après la légalisation de l'Interruption volontaire de grossesse en 1975, elle est responsable du centre de planification familiale de l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart[12].
Alors que son mari, en 1985, est pris en otage au Liban, elle agit pour sa libération, notamment en amarrant une péniche près du siège de L'Événement du jeudi où elle installe un comité de soutien[4], en faisant le siège des autorités (ministères, présidence de la République) et en négociant auprès des ravisseurs à Beyrouth[11]. Il est libéré — largement grâce à sa mobilisation — en [11],[13].
En 1989, elle est chargée par le ministre de la Culture Jack Lang d'une mission sur le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA)[14].
Elle a été vice-présidente de la Ligue des droits de l'Homme dans les années 1990[2],[15].
En 2003 elle témoigne dans le film Histoire d'un secret de Mariana Otero[16]. Elle intervient lors de la célébration des 50 ans du Mouvement français pour le Planning familial le à Paris pour une table-ronde intitulée Des luttes fondatrices pour la liberté des femmes : comment le droit à disposer de son corps a ouvert le champ aux luttes pour l'égalité et la liberté de tous[5]. Joëlle Brunerie-Kauffmann témoigne en 2025, aux côtés de la sage-femme Chantal Birman, au sujet de l'avortement en France avant et après la connaissance de la méthode d'avortement par aspiration en France[17].
Ouvrages
- Avec Miguel Benasayag et François Dagognet, Le Pouvoir médical et la Mort, Paris, Ellipses, coll. « Vous avez dit santé ? », (réimpr. 2001), 157 p. (ISBN 2-7298-5777-X, BNF 36983035).
Décorations
Grand-croix de la Légion d'honneur (2024)[18]. Elle est faite chevalier de l'ordre le , puis est promue officier le [19], et enfin commandeur par décret du [20], avant d'être élevée à la dignité de grand officier le [21].