José Dolores Estrada Valdo
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José Dolores Estrada Vado |
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Militaire |
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À partir de |
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José Dolores Estrada Vado (Nandaime, - Managua, ) était un militaire nicaraguayen qui a mené les patriotes à une victoire historique lors de la bataille de l'Hacienda San Jacinto, contre les mercenaires du flibustier américain William Walker, le .
C'est l'un des héros nationaux du Nicaragua.
Il est le sujet d'un poème éponyme du prêtre catholique, théologien, poète et homme politique nicaraguayen Ernesto Cardenal[1].
La bataille de l'hacienda San Jacinto au Nicaragua ne doit pas être confondue avec :
- La bataille de San Jacinto qui a eu lieu le pendant la révolution texane contre le Mexique.
- La bataille de San Jacinto qui a opposé le Mexique à l'Empire français le dans l'État de Aguascalientes.
Il est né le à Nandaime, dans l'actuel département de Granada, au Nicaragua de Timoteo Estrada son père et Gertrudis Vado Lugo sa mère[2].
En 1824, il apparaît dans le mouvement d'opposition de Juan Argüello del Castillo y Guzman, qu'il soutient devant le président en titre Manuel Antonio de la Cerda pour occuper le poste de chef de l'État. Au cours des combats de cette guerre civile, il se lance dans la carrière militaire, atteint le grade de sergent à l'âge de 35 ans dans « l'Armée du Nord », puis gravit lentement les échelons jusqu'à celui de général qu'il atteindra à un âge avancé.
Avec les généraux Tomás Martínez Guerrero et Fernando Chamorro, il participe à la prise de décisions militaires qui détermineront le cours de la guerre civile qui reprend en 1853 et qui devient ensuite une guerre nationale contre le flibustier William Walker. Le , il participe aux combats à Pueblo Nuevo (Estelí) où il est blessé et, le 20 du même mois, il se lance à l'attaque de Somoto. Le , il commande comme colonel une force nicaraguayenne de 120 à 160 hommes - dont de nombreux indigènes matagalpinos - qui repousse une troupe de 300 hommes (selon les sources nicaraguayennes) dirigée par le commanditaire de Walker, Byron Cole à l'Hacienda San Jacinto.
Bataille de l'Hacienda San Jacinto
Les flibustiers de William Walker, installés dans la ville de Granada, s'approvisionnaient en viande dans les ranchs de bétail situés au nord et à l'est du lac Xolotlán. Le (selon le témoignage du capitaine Carlos Alegría), un groupe de 100 loyalistes sous le commandement du colonel José Dolores Estrada quitte Matagalpa, sur ordre du général Tomás Martínez, pour empêcher les flibustiers de continuer à voler le bétail. Les patriotes arrivent à l’hacienda de San Jacinto le jour même dans l’après-midi.
Le ranch appartenait à Don Miguel Bolaños, arrière-grand-père de l'ancien président du Nicaragua, l'ingénieur Enrique Bolaños Geyer, qui a dirigé le pays de 2002 à 2007.
S'ensuit une « bataille » historique (en réalité un engagement assez limité) devenue légendaire au Nicaragua, mais dont l'importance réelle se trouve dans l'unité politique qu'elle a générée momentanément dans le pays, unité qui a permis l'élimination des mercenaires américains de Walker par un soulèvement général.

Première attaque des flibustiers : À l'aube du , un escadron de carabiniers à cheval arrive dirigé par le colonel Edmund McDonald et le capitaine William P. Jarvis et tente une attaque sur l'hacienda. Selon les sources, les assaillants étaient 40 (William Walker), 60 (lieutenant Alejandro Eva) ou même 120 selon Estrada, qui a alors le grade de colonel.
Les loyalistes, armés de fusils à silex, repousse l'attaquent des flibustiers, faisant ces 6 morts et plusieurs blessés lors de cette première escarmouche. Jarvis est mortellement blessé, les patriotes ont un tué et trois blessés.
Arrivée de renfort et union politique : Le , une compagnie de 60 indigènes matagalpinos - armés d'arcs et de flèches, arrive de Matagalpa, sous le commandement du capitaine Francisco Sacasa. En effet, selon le témoignage du capitaine Carlos Alegría, Estrada informé des mouvements des mercenaires de Walker, a demandé ces renforts au général Tomás Martínez. Les défenseurs sont alors entre 120 à 160 hommes selon les sources.
Pendant ce temps 300 flibustiers dirigés par le commanditaire de Walker Byron Cole, quittent Granada l'après-midi du 12, passent par Masaya et campent à Tipitapa le 13, pour attaquer l'hacienda le lendemain matin.
Le même jour à León, le général Tomás Martínez, chef du parti légitimiste et Máximo Jerez Tellería, chef du parti démocrate, signent un accord d'union de leurs partis afin qu'ensemble ils tentent d'expulser Walker du pays.
La bataille : À l'aube du , les flibustiers arrivent à San Jacinto, cachés par la brume. Mais le caporal Faustino Salmerón, à l'affût, les repère et prévient les défenseurs de l'hacienda, alors en train de petit-déjeuner. Le colonel Estrada est informé que l'ennemi, au nombre de 300 hommes, vient du sud. Il dispose ses 160 patriotes sur 3 positions :
- le corral de pierre du côté ouest de la maison est défendu par un groupe dirigé par le capitaine Liberato Cisne ;
- la maison de l'hacienda est défendue par le capitaine Francisco de Dios Avilés et ses hommes ;
- le corral en bois (à l'angle sud-est de la maison) est défendu par Francisco Sacasa et ses indiens.
Ordre est donné de ne pas tirer tant que l'ennemi n'est pas au plus près, car la portée effective des fusils à silex est de 60 mètres.
Les flibustiers, qui adoptent par hasard la même stratégie, se divisent en 3 colonnes pour l'attaque qui est lancée à 7 heures du matin sur trois fronts :
- le premier, sous le commandement du lieutenant-colonel Byron Cole et du lieutenant Robert Milligan, se lance sur le corral en bois ;
- le second, sous le commandement du major Calvin O’Neal, attaque la façade de la maison de l’hacienda ;
- et le troisième, mené par le capitaine Lewis D. Watkins, tente l'assaut du point où le corral en bois rejoint la clôture de pierre.
Après les premières heures, les combats sont devenus de plus en plus forts et sanglants, avec de nombreux corps à corps. À 9 heures du matin les flibustiers réussissent à briser le flanc gauche des défenseurs, jusqu'à ce que le colonel Estrada ne manœuvre avec les troupes et les officiers Miguel Vélez, Alejandro Eva et Adán Solís pour renforcer cette position. La lutte a été très violente et en l'absence de munitions, beaucoup ont suivi l'exemple d'Andrés Castro, qui a abattu un attaquant avec une pierre, épisode qui deviendra légendaire sous l’appellation de "La pedrada". Une peinture à l'huile du peintre chilien Luis Vergara Ahumada de 1964 illustre cet épisode célèbre de l'histoire nicaraguayenne. Le tableau est toujours conservé à l'hacienda.

Contre attaque : Mais la situation est critique pour les nationaux. À 10 heures du matin, alors qu'elles ont franchi la clôture, les flibustiers commence un regroupement pour concentrer leurs principaux efforts. Devant cette situation, Estrada prend l'initiative d'envoyer le capitaine Liberato Cisne, le lieutenant José Ciero et le sous-lieutenant Juan Fonseca avec leurs escouades, prendre les flibustiers à revers. En criant "Viva Martínez ! Vive le Nicaragua !" et en faisant grand bruit, ils mènent une charge furieuse à la baïonnette avec un courage admirable en tirant des coups de feu. Cette contre attaque créée la panique parmi les poulains et les chevaux du haras voisin. Le lieutenant-colonel Patricio Centeno et l'officier Flores de Granada s'emparent des chevaux en débandade, ce qui fait croire aux flibustiers que des renforts montés arrivent en force.
Victoire : Les troupes de Walker battent alors en retraite, se repliant au sud vers l'hacienda de San Ildefonso, près de Tipitapa. Le capitaine Bartolo Sandoval et le lieutenant Miguel Vélez, montés sur des bêtes capturées, les poursuivent avec d'autres soldats à pied et à cheval. L'action est si violente que le sergent Francisco Gómez en meurt de fatigue. Byron Cole le chef de la troupe de flibustiers est tué par le caporal Faustino Salmerón (d'autres sources affirme toutefois qu'il aurait été tué 2 jours plus tard le à San Ildefonso).
Dans son rapport - conservé dans les locaux du journal "La Prensa" - le colonel Estrada consigne que les Nicaraguayens ont eu 10 tués et 7 blessés, alors que 27 mercenaires sont morts, les patriotes récupérant des chevaux, des pistolets, 32 fusils Sharps et des uniformes.


