José Olaguer-Feliú

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José Olaguer-Feliú (Nueva Cáceres, Philippines, 1857 – Madrid, 1929) est un militaire et homme politique espagnol.

Nom dans la langue maternelle
José Olaguer FeliúVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Membre de l'Assemblée nationale consultative, 23 novembre 1927 - 21 mai 1928 ...
José Olaguer-Feliú
Fonctions
Membre de l'Assemblée nationale consultative
-
Membre de l'Assemblée nationale consultative
-
Captain General of the 5th Military Region
-
Juan de Ampudia y López (d)
Carlos Palanca y Cañas (d)
Ministre de la Guerre
-
Capitaine général de la Quatrième région militaire (d)
-
Carlos Palanca y Cañas (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
José Olaguer FeliúVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Luis Pérez Samanillo (d)
Antonio Pérez de Olaguer (en) (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Grade militaire
Lieutenant-général (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinctions
Liste détaillée
Grande-croix de l'ordre de Saint-Herménégilde ()
Cruz de 2ª clase de María Cristina (d)
Croix laurée de l'ordre de Saint-Ferdinand
Grand-croix de l'ordre du Christ
Grand officier de la Légion d'honneur‎
Chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne
Croix du Mérite militaire avec la distinction rouge (d)
Croix du Mérite militaire avec la distinction blanche (d)
Grand-croix du Mérite militaire avec la distinction blanche (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Officier d’état-major formé à Madrid, ayant d’abord servi en métropole pendant une dizaine d’années, Olaguer-Feliú reçut en 1890 une affectation aux Philippines, dans un service de cartographie et dans l’enseignement. En 1895, il s’incorpora comme volontaire dans des unités combattantes, prenant part alors à la lutte contre les insurgés indépendantistes (où il joua un rôle de premier plan dans diverses opérations, dont notablement la bataille de Kakarong de Sili), puis, à la suite du déclenchement de la Guerre hispano-américaine, contre les troupes américaines à Manille. Rapatrié en 1898, titulaire de nombreuses décorations, il occupa pendant de longues années plusieurs hautes fonctions militaires en Espagne, avant d’accepter en le portefeuille de la Guerre, dans une période de forts remous, tant dans la presse que dans les milieux politiques et militaires, consécutive à la débâcle d’Anoual subie par les troupes espagnoles au Maroc. Démissionnaire en juillet de la même année, Olaguer-Feliú reprit ses hautes fonctions dans l’armée, avant d’être nommé en 1922 directeur général du corps des Carabiniers, dont il s’employa à améliorer les conditions d’existence. Il passa au cadre de réserve en 1927.

Biographie

Origines familiales et vie de garnison en métropole

Né en 1857 à Nueva Cáceres, dans les Philippines, comme arrière-petit-fils du lieutenant-général Antonio de Olaguer y Feliú[1], vice-roi du Río de la Plata de 1797 à 1799 et ministre de la Guerre en 1807[2],[3], José Olaguer-Feliú fut admis en , au terme d’un cours préparatoire civil, dans le corps d’état-major et suivit le cursus de l’Académie de ce corps, où il monta en au rang d’élève-enseigne et en à celui de lieutenant d’état-major. Il compléta ses études par des stages pratiques dans des unités des différents armes et corps de l’armée espagnole, atteignant le grade de lieutenant d’état-major[3].

En , Olaguer-Feliú fut affecté à la section d’état-major de la circonscription militaire d’Estrémadure, tout en servant parallèlement dans la Commission cartographique nationale d’Espagne (Comisión del Mapa Nacional de España). En , il fut muté à la section d’état-major de Burgos et promu au grade de capitaine au mois d’août suivant[3].

Guerre des Philippines

En , Olaguer-Feliú, promu commandant, fut versé dans l’armée des Philippines, où il servit à la Commission itinéraire (Comisión de Itinerarios), fonction qui l’amena à visiter en 1890 et 1891 plusieurs provinces de l’archipel. En 1894, il enseigna à l’École des arts et métiers (Escuela de Artes y Oficios) de Manille et exerça à titre intérimaire la fonction de directeur de cet établissement[3].

À sa propre requête, il fut destiné en à l’armée d’opération de Mindanao et se transporta à Iligan, où il fut nommé chef d’état-major de la 1re brigade de la division des opérations. En mars, il fut appelé à participer à l’assaut et la prise des cotas (fortins de bois et de terre construits par les indépendantistes philippins) de Marawi, ce qui lui valut la croix du Mérite militaire avec insigne distinctif rouge. Après un retour à Manille en mai, où il fut fait commandant en , il retourna à Mindanao, où il s’incorpora dans le quartier-général, participant à ce titre à toutes les opérations menées en vue d’une domination totale de ce territoire. En septembre, à la suite de l’éclatement d’une insurrection sur l’île de Luçon, il fut rappelé à Manille, et partit en opération comme chef en second d’une colonne. En novembre, il fut désigné chef d’état-major des troupes opérant dans la province de Cavite, et se distingua lors de l’action de Noveleta, ce qui lui valut une nouvelle croix rouge du Mérite militaire. En , il passa à chef d’état-major de la Comandancia General de Luçon, et se vit confier le commandement d’une colonne chargée de combattre l’insurrection dans la province de Bulacain, attaquant et s’emparant le du village de San José. En récompense de ses actions d’ à , il obtint derechef une croix rouge du Mérite militaire, et pour l’opération de San José une Mention honorifique[3].

Monument en l’honneur des combattants philippins de Karakong de Sili.

En , à la tête d’une troupe de 450 hommes, Olaguer-Feliú réussit à prendre d’assaut les positions de Kakarong de Sili (Cacarong de Sile en espagnol), tenues par quelque 3 000 insurgés munis de 500 à 600 armes à feu et de huit petits canons, auxquels Olaguer-Feliú infligea plus de 800 pertes, en plus de mettre la main sur un important butin de guerre. En , en reconnaissance de sa conduite, jugée valeureuse, il fut promu lieutenant-colonel et récompensé de la croix de Saint-Ferdinand de 1re classe[4],[5],[3].

Dans le courant de la même année 1897, il fut chargé du commandement de différentes zones d’opération de Luçon, et prit part en mars aux combats d’Ugon et de Minuyan, ce dont il fut récompensé par autant de croix du Mérite militaire avec insigne rouge. Il se porta en août au secours de San Rafael (province de Bulacain), assailli par les miliciens philippins, et participa en septembre à la rupture du siège mis par les insurgés devant Aliaga, et en novembre à l’action de Camansi (Carigara), ce qui lui valut de se voir décerner la croix de Marie-Christine. À la faveur de la réorganisation du haut commandement des circonscriptions Centre et Nord de Luçon, consécutive à l’accord de paix conclu avec Emilio Aguinaldo, Olaguer-Feliú, sous les ordres du général en chef de la 2e brigade, fut nommé en chef d’état-major du haut commandement Centre et en mars commandant en chef de la zone Nord de Zambales, parvenant à pacifier celle-ci. Pour son action à Zambales, il fut élevé au rang de colonel pour mérites de guerre[3].

Guerre hispano-américaine

Après que la guerre eut été déclarée avec les États-Unis, et que la marine américaine eut imposé un blocus à la place de Manille, Olaguer-Feliú revint rejoindre sa garnison, et fut nommé chef d’état-major en second. En , il faisait partie de la commission hispano-américaine constituée en vue de définir les conditions de la capitulation de Manille, laquelle allait être conclue le 13 du même mois[3].

Retour en métropole et nouvelle période de garnison

De retour dans la métropole en , il lui fut accordé une permission de six mois pour cause de maladie, et se rendit en mars à Madrid pour y recevoir une croix rouge du Mérite militaire pour sa défense de Manille. Sa permission arrivée à échéance, il fut désigné juge d'instruction dans les procédures judiciaires contradictoires en outremer, qu’il incombait à la capitainerie générale de Nouvelle-Castille (1re circonscription militaire) de mettre en marche. Olaguer-Feliú remplit cet office jusqu’en , date à laquelle il passa chef d’état-major de la capitainerie générale de Galice, avant de passer le mois suivant à chef d’état-major en second de la capitainerie générale de Catalogne. Nommé en chef d’état-major en second de la 4e armée, c’est en cette qualité qu’il eut à affronter à Barcelone les troubles du 26 au , apportant son concours actif au rétablissement de l’ordre[3].

En , Olaguer-Feliú fut élevé au rang de général de brigade et nommé chef d’état-major de la Capitainerie générale de Séville (2e circonscription militaire), puis à celle de Nouvelle-Castille en 1914. Élevé au rang de général de division en , il resta cantonné à Madrid jusqu’à ce qu’il soit en placé à la tête de la 9e division[6],[3], exerçant cette charge jusqu’à sa nomination en au poste de gouverneur militaire de Cadix[7],[3].

Carrière politique

Au ministère de la Guerre

À partir de , Olaguer-Feliú siégea comme conseiller au tribunal suprême de la Guerre et de la Marine, et à partir de 1921, après son ascension au grade de lieutenant-général, officia comme capitaine général de Catalogne. En , le président du Conseil José Sánchez-Guerra proposa à Olaguer-Feliú le portefeuille de la Guerre dans son gouvernement[8],[9], lequel succédait au gouvernement « de concentration » d’Antonio Maura, victime de l’agitation politique qui avait régné en particulier à Madrid sitôt après la réouverture des Cortes à la fin de l’année précédente. Olaguer-Feliú resta titulaire du ministère de la Guerre de mars à , c’est-à-dire pendant une période des plus âpres et des plus turbulentes, tant sur le plan militaire que politique. Ainsi, son mandat fut marqué notamment par la campagne militaire au Maroc, plus particulièrement par les suites de la débâcle d’Anoual de , à l’origine d’une crise politique, qu’exacerbaient les atermoiements des pouvoirs publics, les menées des Juntas de defensa, les tensions dans la presse et au parlement, et le procès sur les responsabilités du désastre d’Anoual lancé dans le sillage du rapport d’instruction Picasso, alors présenté et débattu aux Cortes. En , Olaguer-Feliú remit sa démission[9].

Directeur général des Carabiniers

Carabiniers espagnols en patrouille dans les Pyrénées ().

En 1922, Olaguer-Feliú assuma la direction de la capitainerie générale d’Aragon (5e région militaire)[10],[3], et fut nommé en directeur général des Carabiniers d’Espagne[11], sorte de police des frontières qui depuis la restauration bourbonnienne relevait, à l’égal de la Garde civile, du ministère de la Guerre[3]. En tant que directeur général, Olaguer-Feliú s’attacha à améliorer les rudes conditions de vie des membres de ce corps, notamment en ramenant à douze heures leur journée de service, en agrandissant et améliorant les collèges des carabiniers, en réparant et en rénovant leurs casernes et leurs cantonnements, sinon en en construisant de neufs, en créant des écoles pour leurs enfants, et en augmentant le nombre de places dans les orphelinats, en particulier à l’Escurial et à Madrid — tout cela en dépit du programme gouvernemental d’économies alors appliqué aux carabiniers comme aux autres corps d’armée[12].

Fin de carrière et distinctions

En , par disposition royale, Olaguer-Feliú quitta ses fonctions de directeur général des Carabiniers et, eu égard à l’âge, fut relégué à la première réserve, puis passa deux ans plus tard à la 2de réserve[3].

Durant sa carrière militaire, il avait reçu la croix de Saint-Ferdinand, celle de Marie-Christine, six croix rouges et une blanche de l’ordre du Mérite militaire, la croix de Charles III (en 1897), les grands-croix du Mérite militaire (en 1912) et de Saint-Herménégilde (en 1916)[13], et le grade de commandeur de la Légion d’honneur (en 1922)[3]. En 1924, il fut décoré de la grand-croix du Christ par le gouvernement portugais.

En 1925, il fut désigné membre titulaire de la Junta Clasificadora de Ascensos (comité décidant des avancements) des généraux, colonels et assimilés de l’armée. En 1927, sous la dictature de Primo de Rivera, il devint membre de l’Assemblée nationale consultative, au titre de représentant de l’État et de représentant des Activités de la vie nationale, y siégeant jusqu’en 1928.

En 1918, il fut admis comme membre à la Real Academia Hispano-Americana (littér. Académie royale hispano-américaine) de Cadix.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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