Julie d’Angennes grandit dans un milieu où ses parents reçoivent tous les grands noms de l’époque à l’hôtel de Rambouillet. Célèbre à la fois par sa beauté ainsi que par la pénétration et la délicatesse de son esprit, sous le nom de «Princesse Julée», elle était un des principaux attraits de l'hôtel de Rambouillet et était pour les habitués de la Chambre bleue le pendant de la marquise sa mère, la sage Arthénice. Dans le Grand Cyrus de Mllede Scudéry, la marquise de Rambouillet est désignée par le nom de «Cléomire», tandis que Julie est «Philonide».
Sa beauté, son mérite et la protection qu’elle accorda aux gens de lettres lui donnèrent célébrité dans le Paris littéraire. Elle se signala par des actes de dévouement, s’occupant en particulier de son jeune frère, le vidame du Mans, atteint de la peste dont il mourut en 1631, à l’âge de sept ans[1]. Elle avait le goût du théâtre et joua même la tragédie dans son hôtel particulier. Dans les lettres, elle est surtout connue par l’abondance de vers et de prose qu’elle a inspirés, en particulier la Guirlande de Julie.
En 1641, elle reçoit de la part de son futur époux, Charles de Sainte-Maure, baron de Montausier, la Guirlande de Julie, un recueil de 62 madrigaux composés par quelque dix-neuf grands noms de la poésie de l’époque, dont: Corneille (peut-être), Desmarets, Antoine Gombaud, Malleville, Georges de Scudéry… et Montausier. Le recueil fut réalisé par le maître écrivain et calligrapheNicolas Jarry. Chaque madrigal avait pour sujet une fleur, illustrant une qualité de Julie, chacune très bien peinte par Nicolas Robert en regard. L’ouvrage fut relié de manière remarquable par le relieur Le Gascon et orné en dehors et en dedans du chiffre entrelacé de «J. L.» (Julie-Lucine). Montausier en fit faire deux exemplaires pareils, et chacun fut enfermé dans un sac de peau d’Espagne. À son réveil, Julie trouva ce présent sur sa toilette[2].
↑Cf. Jean Teulé, Le Montespan, Pr. Pocket, , 320p. (ISBN2266186744).
↑Cf. Sophie Jugie, «Grandeur et décadence d'une famille ducale au XVIIIe siècle: la fortune du duc d'Antin», Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, vol.3, no37, , p.452-477
↑Joëlle Chevé, «Le marquis de Montespan, un cocu magnifique», Historia, nomensuel 814,.
↑Marie-Gabrielle Lallemand, Œuvres et critiques, volume 35, no1 (2010), p. 54.