Oahu
une des huit îles principales de l'archipel hawaïen, aux États-Unis
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Oahu, en hawaïen O'ahu, est la troisième île par la taille de l'archipel d'Hawaï et la plus peuplée des îles formant l'État d'Hawaï. Elle se situe à 42 km à l'ouest-nord-ouest de Molokai et à 117 km à l'est-sud-est de Kauai. Elle couvre une superficie de 1 545,34 km2, en incluant l'île de Ford et les îlots de la baie de Kaneohe et de la côte est. Elle a 336 kilomètres de côtes[1].
| Oahu O'ahu (haw) | |||||
Image satellite d'Oahu. | |||||
| Géographie | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Archipel | Hawaï | ||||
| Localisation | Océan Pacifique | ||||
| Coordonnées | 21° 28′ 00″ N, 157° 59′ 00″ O | ||||
| Superficie | 1 545,4 km2 | ||||
| Côtes | 336 km | ||||
| Point culminant | Mont Ka'ala (1 220,1 m) | ||||
| Géologie | Île volcanique | ||||
| Administration | |||||
| État | |||||
| Démographie | |||||
| Population | 976 372 hab. (2012) | ||||
| Densité | 631,79 hab./km2 | ||||
| Plus grande ville | Honolulu | ||||
| Autres informations | |||||
| Fuseau horaire | UTC−10:00 | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Hawaï
Géolocalisation sur la carte : archipel d'Hawaï
Géolocalisation sur la carte : Océanie
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
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| Îles aux États-Unis | |||||
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L'île s'est formée sous l'action conjointe des volcans Wai'anae et Ko'olau, laissant une grande vallée entre les deux. Le plus haut sommet est le mont Ka'ala qui culmine à 1 225 mètres d'altitude.
L'île est la résidence de près d'un million de personnes, soit environ 75 % de la population de l'État d'Hawaï. En partie à cause de cela, O'ahu a été surnommée « The Gathering Place » (« le point de rassemblement »).
La capitale de l'État d'Hawaï, Honolulu, est située sur la côte sud de l'île, tout comme Pearl Harbor, dont l'attaque par le Japon le , provoqua l'entrée en guerre des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale.
Toponymie
Le terme « O‘ahu » n'a aucun sens défini en hawaïen autre que celui de designer cet endroit, l'expression pouvant être traduire par « le lieu de rassemblement » selon Thomas Thrum (1922), auteur de l'Almanach hawaïen. Thrum a peut-être omis ou mal placé lokina, car l'expression hawaïenne 'o ahu pourrait se traduire par « rassemblement d'objets » (« 'o » est un marqueur de sujet et ahu signifie « rassembler »). Le terme O'ahu n'a pas d'autre signification confirmée en hawaïen[2].
Une ancienne tradition locale attribue l'origine du nom O‘ahu à Hawai'iloa, le navigateur polynésien crédité de la découverte de l'archipel. L'histoire raconte qu'il nomma l'île en l'honneur d'un de ses fils.
Histoire

On ne sait pas exactement quand O'ahu a été peuplé pour la première fois par des humains. De premières études archéologiques suggéraient que des explorateurs polynésiens originaires des îles Marquises auraient pu arriver dès le IIIe siècle après J.‑C.[3], éventuellement suivis par une seconde vague venue de Tahiti vers l'an 1100 après J.‑C[4]. Des analyses plus récentes indiquent que les premiers colons sont probablement arrivés entre 900 et 1200 après J.‑C[5].
Le premier grand roi d'O'ahu fut Ma'ilikūkahi, un législateur, qui inaugura une dynastie de monarques qui dura 304 ans. Kuali'i fut le premier des rois guerriers et fut remplacé par ses fils. En 1773, le trône passa à Kahahana, le fils de Elani d'Ewa[6].
Le 19 janvier 1778, O'ahu fut la première des îles Hawaï à être aperçue par le capitaine James Cook lors de sa troisième expédition de découverte[7]. C'est la première rencontre documentée des îles Hawaï avec des non-polynésiens. Cook contourna O'ahu, débarquant plutôt à Kauai avant de poursuivre sa mission d'exploration de la côte de l'Amérique du Nord. L'année suivante, le 27 février 1779, le second de Cook, le capitaine Charles Clerke, devint le premier non-polynésien dont la visite d'O'ahu est attestée lorsqu'il débarqua à Waimea Bay. Plus tôt ce mois‑là, Cook avait été tué dans la baie de Kealakekua sur l'île d'Hawaï quand des désaccords avec la population locale ont dégénéré en violence[8]. La venue de Clerke à O'ahu fut brève et les deux navires de l'expédition quittèrent Waimea Bay le même jour, n'ayant pu obtenir suffisamment d'eau douce[9].
Lors de la visite de Cook, les îles Hawaï étaient divisées entre plusieurs chefferies rivales. En 1783, Kahekili II, roi de l'île de Maui, conquit O'ahu. Il en fit ensuite le royaume de son fils, Kalanikūpule (en), transformant ainsi l'île en État‑poupée. Kalanikūpule fut plus tard vaincu lors de la bataille de Nuʻuanu (en) en 1795 par Kamehameha I, qui fonda alors le royaume d'Hawaï. Les îles Hawaï ne furent pleinement unifiées qu'en 1810, lorsque le roi Kaumualiʻi (en) se rendit et céda les îles de Kaua'i et Ni'ihau[10].
À la fin du XVIIIe siècle, Waikīkī était un grand établissement sur O'ahu, servant de résidence à Kahekili II après 1783[10] Cependant, avec l'intensification des échanges avec les étrangers, la ville voisine de Honolulu devint plus importante en taille et en influence, grâce à son port plus accessible[10]. En 1845, Kamehameha III déplaça sa capitale de Lahaina, sur l'île de Maui, vers Honolulu[10]. Plus tard, le roi Kalākaua fit construire une résidence moderne à Honolulu pour la famille royale, 'Iolani Palace, qui subsiste encore aujourd'hui et constitue le seul palais royal situé sur le territoire américain[11]. En janvier 1893, un groupe de grands hommes d'affaires américains prit les armes près de 'Iolani Palace et, avec le soutien de marines des États‑Unis débarqués depuis le USS Boston dans le port de Honolulu, mena avec succès un coup d'État contre la reine Lili'uokalani. Les insurgés abolirent la monarchie et établirent la république d'Hawaï, qui obtint ensuite l'annexion des îles Hawaï aux États‑Unis auprès du gouvernement américain[12].
Dans la matinée du 7 décembre 1941, l'Imperial Japanese Navy lança une attaque surprise sur Pearl Harbor, à O'ahu, ce qui entraîna l'entrée des États‑Unis dans la Seconde Guerre mondiale. L'objectif de l'attaque était de briser la volonté de combat américaine et de forcer les États‑Unis à demander la paix. Les forces japonaises attaquèrent la Pacific Fleet de l'United States Navy ainsi que ses forces aériennes de défense issues de l'US Army Air Forces et de l'US Marine Corps Aviation. L'attaque endommagea ou détruisit 12 navires de guerre américains, détruisit 188 aéronefs et fit 2 335 morts parmi les militaires américains ainsi que 68 civils (dont 1 177 décès dus uniquement à la destruction de l'USS Arizona)[13],[14].
Après la Seconde Guerre mondiale, O'ahu devint une destination touristique et commerciale, accueillant plus de cinq millions de visiteurs par an, principalement en provenance des États-Unis contigus et du Japon[15].
Principales villes
Transports publics
L'île est desservie par un système de bus relativement dense pour les États-Unis, TheBus, et construit une ligne de métro.
Lieux d'intérêt

- Chinatown (en)
- Diamond Head
- Baie de Hanauma
- North Shore
- Pearl Harbor
- Pali Lookout
- Punchbowl Crater
- Temple Byōdō-in dans la Vallée des Temples
- Waimea Falls
- Lanikai Beach
- Waikiki
Culture

- Musée Bishop
- Honolulu Museum of Art
- Honolulu Museum of Art Spalding House (en), musée d'art contemporain sur les hauteurs de Makiki
Spots de surf
- Banzai Pipeline
- Sandy Beach
- Sunset Beach
- Waïmea
Dans la culture
L'île d'Oahu est utilisée dans le jeu vidéo Test Drive Unlimited. Elle a été totalement reproduite par les développeurs du jeu et la ville de Honolulu a été particulièrement soignée. L'île est réutilisée dans le deuxième volet du jeu, Test Drive Unlimited 2.
Elle a également inspiré l'île de Mele-Mele de Pokémon Soleil et Lune.
En janvier 2023, Ubisoft annonce que le troisième opus du jeu vidéo The Crew, prévu dans le courant de cette même année, se déroulera également sur l'île d'Oahu, plus compactée que sur Test Drive Unlimited, elle fait environ 200 km2.
Personnalités liées à l'île
- Nawele, un de ses premiers monarques
Tournages télévisés et cinématographiques
- 1968-1980 : Hawaï police d'État avec Jack Lord
- 1980-1988 : Magnum avec Tom Selleck
- 2004-2010 : Lost : Les Disparus
- 2004-2005 : North Shore : Hôtel du Pacifique
- 2012 : Battleship
- 2010-2020 : Hawaii 5-0
- 2012-2013 : Last Resort
- Depuis 2018 : Magnum
- 2019 : Jumanji: Next Level de Jake Kasdan
- Depuis 2021 : NCIS: Hawai'i
Les paysages ont aussi été le cadre de tournage de nombreuses scènes de Jurassic Park et Jurassic Park 3.
Environnement, zone protégée
Rejets de kérosène à O'ahu
Plusieurs rejets accidentels ont eu lieu, notamment en 2021 à Red Hill, au-dessus de Honolulu, à partir de stockage de carburant de la marine américaine. « Jusqu'à 93 000 personnes ont été touchées par deux rejets accidentels de carburant aéronautique à base de kérosène (de type JP-5), issus de l'installation de stockage de carburant en vrac de Red Hill. Les rejets de carburant, qui ont contaminé l'approvisionnement en eau potable de la Joint Base Pearl Harbor–Hickam et de la réserve militaire d'Aliamanu, ont été les premières contaminations à grande échelle d'un système public d'eau potable avec du JP-5 — un carburant complexe dont les composants peuvent s'évaporer dans l'air, ce qui signifie que les résidents pourraient être exposés non seulement en buvant de l'eau contaminée, mais aussi en inhalant des vapeurs de JP-5 ou par contact cutané. De nombreuses personnes dans la communauté ont rencontré des problèmes de santé aigus, et des inquiétudes subsistent quant aux conséquences potentielles à long terme résultant de cette exposition. » Ce kérosène a contaminé le réseau d'eau potable desservant des milliers de personnes, provoquant des plaintes massives pour odeurs de carburant, troubles digestifs, irritations et symptômes neurologiques. Des preuves de contamination antérieure de l'eau potable à Oahu suggèrent une possible exposition de faible intensité, mais chronique, avant le rejet de novembre 2021, avec un pic d'exposition (très probablement entre le 20 novembre et le 3 décembre 2021)[16],[17].
Un Comité pour le suivi clinique et les soins des personnes touchées par les libérations de JP-5 à Red Hill a été constitué, parrainée par le département de la Défense des États-Unis et le département des Anciens Combattants des États-Unis[18].
Les autorités ont réagi par des opérations de pompage et de « flushing » du réseau (rinçage intensif du réseau visant à évacuer les contaminants), la fermeture progressive des installations en cause, ainsi que par des mesures de suivi sanitaire et environnemental. L'épisode a suscité une forte défiance d'une partie de la population vis‑à‑vis des autorités militaires et sanitaires, en raison des incertitudes sur l'ampleur réelle de la contamination et de ses effets à long terme[16],[17].
En 2026, un rapport[17] des Académies nationales des sciences, d'ingénierie et de médecine aux États‑Unis, a été consacré aux risques sanitaires liés aux expositions potentielles dues à ces fuites de carburant. Il souligne que les données disponibles ne permettent pas — au moment de la publication du rapport — établir un lien causal certain entre l'exposition de court terme observée à O'ahu et des pathologies chroniques spécifiques. Le rapport recommande néanmoins aux cliniciens de se concentrer sur l'évaluation systématique des symptômes, la continuité des soins et la prise en compte des facteurs de vulnérabilité (enfants, femmes enceintes, personnes exposées à de fortes concentrations ou sur des durées prolongées)[16].
Impacts sanitaires
Le rapport de 2026 évoquent principalement des préoccupations concernant les effets irritants et toxiques des composés du carburant (hydrocarbures, solvants, additifs des kérosènes) sur la peau, les voies respiratoires et le système nerveux, ainsi que le risque, en cas d'expositions répétées ou prolongées, de troubles hépatiques, rénaux ou cancéreux. Faute de tests fiables permettant de prouver une exposition passée et faute de données suffisantes sur les risques à long terme, les cliniciens doivent se concentrer sur la documentation précise de l'histoire d'exposition du patient, sur l'évaluation de ses symptômes (respiratoires, digestifs, cutanés et psychiques notamment) et la continuité des soins, tout en maintenant un dialogue clair avec les patients[16].
Impacts écologiques et sur l'eau
Les risques évoqués concernent une pollution des nappes phréatiques à moyen ou long terme, ainsi que la pollution des sols et des écosystèmes côtiers, avec des effets possibles sur la faune aquatique et la qualité des ressources en eau.
Le rapport conseille de poursuivre la surveillance environnementale de l'eau potable, de renforcer la transparence et la coordination entre autorités militaires et civiles, de rassurer les populations encore méfiantes vis‑à‑vis de la qualité de l'eau.
Suivi
Le rapport 2026 encourage à élargir et pérenniser les registres de suivi (dont le Red Hill Registry (registre du Red Hill Defense Occupational and Environmental Health Readiness System) et les élargir pour y inclure toute personne ayant vécu ou travaillé à la base conjointe Pearl Harbor-Hickam ou à la réserve militaire d'Aliamanu du 6 mai 2021 au 18 mars 2022), un registre indépendant construit avec l'université d'Hawaï, est une activité d'évaluation essentielle qui inscrit activement la population exposée et recueille des informations sur leurs symptômes), et de développer des recherches à long terme sur les effets sanitaires des kérosènes, incluant la mise au point de biomarqueurs d'exposition, la standardisation des méthodes d'échantillonnage et des études épidémiologiques et toxicologiques approfondies. Les autorités sont invitées à planifier des travaux de dépollution et de prévention des fuites futures[16],[17].
