Kenzō Tange
architecte et urbaniste japonais
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Kenzō Tange (丹下 健三, Tange Kenzō), né à Sakai le et mort à Tokyo le , est un architecte et urbaniste japonais.
Urbaniste
| Kenzō Tange | |
Kenzō Tange en 1953. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Naissance | Sakai (Japon) |
| Décès | (à 91 ans) Tokyo (Japon) |
| Nationalité | Japonaise |
| Activités | Architecte Urbaniste |
| Formation | Université de Tokyo |
| Élèves | Kishō Kurokawa |
| Œuvre | |
| Agence | Kenzo Tange Associates |
| Réalisations | Parc et musée du mémorial de la Paix de Hiroshima Cathédrale Sainte-Marie de Tokyo Gymnase olympique de Yoyogi Minneapolis Institute of Art (extension) Siège du gouvernement métropolitain de Tokyo UOB Plaza One One Raffles Place Bâtiment de la cour suprême du Pakistan (en) |
| Distinctions | Médaille d'or royale pour l'architecture (1965) Prix Pritzker (1987) Praemium Imperiale (1993) |
| Entourage familial | |
| Famille | Paul Noritaka Tange (en) |
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Ayant grandi en Chine et dans le sud du Japon, il est inspiré dès son plus jeune âge par l'œuvre de Le Corbusier et conçoit ses premiers bâtiments sous le régime impérial japonais. Il se fait connaître grâce à ses projets de reconstruction des villes détruites du Japon d'après-guerre, notamment Hiroshima, où il conçoit le parc du Mémorial de la Paix et le musée. Son engagement auprès des Congrès international d'architecture moderne (CIAM) dans les années 1950 fait de lui l'un des premiers architectes japonais à obtenir une reconnaissance internationale.
Reconnu pour sa synthèse des styles traditionnels japonais et du modernisme, l'œuvre de Tange est emblématique du boom architectural japonais de l'après-guerre[1]. Il réalise cependant des projets d'envergure sur les cinq continents. Précurseur, mentor et mécène du mouvement métaboliste, il est également réputé pour son ambition et son originalité en tant qu'urbaniste, et ses idées inspirèrent la reconstruction de villes comme Skopje. Tange continue de concevoir des bâtiments jusqu'à sa mort en 2005.
Il reçoit de nombreuses distinctions pour sa contribution à l'architecture, dont la médaille d'or royale pour l'architecture en 1965, la médaille d'or de l'AIA en 1966, le prix Pritzker considéré comme le « prix Nobel d'architecture » en 1987 et le Praemium Imperiale en 1993.
Biographie
Enfance et études

Né le à Sakai, au Japon, Tange passe son enfance dans les villes chinoises de Hankou et de Shanghai. Sa famille et lui retournent au Japon après avoir appris le décès d'un de ses oncles. Contrastant avec les pelouses verdoyantes et les briques rouges de leur demeure shanghaienne, la famille Tange s'installe dans une ferme au toit de chaume à Imabari, sur l'île de Shikoku, dans la préfecture d'Ehime[2],[3].
Après avoir terminé ses études secondaires, Tange déménage à Hiroshima en 1930 pour poursuivre ses études secondaires. C'est là qu'il découvre l'œuvre moderniste du Suisse Le Corbusier. La découverte des plans du Palais des Soviets dans une revue d'art étrangère le convainc de devenir architecte. Bien qu'il obtienne son baccalauréat, ses faibles résultats en mathématiques et en physique l'obligent à passer des concours d'entrée pour intégrer les universités les plus prestigieuses. Il y consacre deux ans et, durant cette période, il se documente abondamment sur la philosophie occidentale. Tange s'inscrit également à la section cinéma du département d'art de l'université Nihon pour échapper à la conscription des jeunes hommes dans l'armée japonaise et assiste rarement aux cours[2].
En 1935, Tange entreprend les études supérieures qu'il souhaite au département d'architecture de l'université de Tokyo. Il y étudie sous la direction de Hideto Kishida et Yoshikazu Uchida[2]. Bien que fasciné par les photographies de la villa impériale de Katsura qui se trouvent sur le bureau de Kishida, son travail est inspiré par Le Corbusier. Son projet de fin d'études consiste en un aménagement de dix-sept hectares dans le parc d'Hibiya de Tokyo[4].
Début de carrière
Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Tange commence à travailler comme architecte au sein du cabinet de Kunio Maekawa[5]. Pour son travail, il se rend en Mandchourie pour participer à un concours d'architecture pour une banque, et visite la province du Rehe, alors occupée par les Japonais. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Maekawa pour réintégrer l'université de Tokyo en tant qu'étudiant de troisième cycle. Il développe un intérêt pour l'urbanisme et, se basant uniquement sur les ressources disponibles à la bibliothèque universitaire, il entreprend une étude des place de marchés antiques (grecs et romains)[4].

Sa carrière prend véritablement son essor avec l'obtention de plusieurs prix nationaux. En 1941, il remporte le concours de Conception de la Maison du Peuple. En 1942, Tange participe au concours pour la conception du Mémorial de la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale. Il obtient le premier prix pour un projet qu'il situe au pied du mont Fuji : le mémorial qu'il imagine est une fusion entre l'architecture des sanctuaires shintoïstes et celle de la place du Capitole à Rome. En 1943, il remporte le concours pour le Palais culturel nippo-thaïlandais. Aucun de ses projets primés n'est réalisé[6]. Cependant, les premières œuvres de Tange témoignent d'un engagement actif envers les paradigmes nationalistes de l'architecture impériale japonaise. En réponse à un questionnaire de 1942 portant sur ses opinions concernant le style et la politique architecturale de la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale, il déclare : « Nous devons ignorer à la fois la culture anglo-américaine et les cultures préexistantes des peuples d'Asie du Sud-Est. […] Nous devons partir d'une conviction inébranlable dans la tradition et l'avenir des peuples japonais ».
Le succès de Tange avant 1945 se révèle être un handicap évident dans l'immédiat après-guerre et est rarement relevé par la critique jusqu'aux années 1980. Bien que son style d'après-guerre s'éloigne de ses premières œuvres nationalistes, les chercheurs identifient néanmoins des continuités entre ses travaux de jeunesse et ses œuvres plus tardives, notamment dans sa volonté de formuler un style d'architecture moderne spécifiquement japonais[7].
En 1946, Tange devient professeur assistant à l'université de Tokyo.
Il remporte en 1949 le concours pour le parc du Mémorial de la Paix et le musée, qu'il construit au centre de la ville reconstruite d'Hiroshima. Cette première réalisation majeure marque le début d'une carrière nationale, avec la création du bâtiment du gouvernement préfectoral de Kagawa, l'hôtel de ville de Tokyo, le gymnase olympique de Yoyogi, la cathédrale Sainte-Marie de Tokyo et le Festival Plaza de l'Exposition universelle d'Osaka en 1970, puis internationale[3].
En 1962, il ouvre le Laboratoire de conception urbaine et est promu professeur au département de génie urbain en 1963[8]. Parmi ses étudiants figurent Sachio Ōtani, Kishō Kurokawa, Arata Isozaki, Hajime Yatsuka et Fumihiko Maki[9].
Il crée sa propre agence d'architectes, d'abord sous le nom de Studio Kenzo Tange puis de Kenzo Tange Associates.
Projets notables
Reconstruction d'après-guerre et mémorial de la paix d'Hiroshima
L'intérêt de Tange pour les études urbaines le prépare idéalement à la reconstruction d'après-guerre. À l'été 1946, il est invité par la Commission de réhabilitation des dommages de guerre à soumettre des propositions pour certaines villes endommagées par le conflit. Il propose des plans pour Hiroshima et Maebashi[10]. Son projet d'aéroport à Kanon, est accepté et réalisé, contrairement à celui d'un parc en bord de mer à Ujina.

Les autorités d'Hiroshima sollicitent l'avis de consultants étrangers concernant la reconstruction de la ville. En 1947, Tam Deling, un urbaniste américain spécialisé dans les parcs, suggère la construction d'un mémorial de la Paix et la préservation des bâtiments situés à proximité de l'épicentre, c'est-à-dire le point directement sous l'explosion de la bombe atomique ayant visée la ville. En 1949, les autorités promulguent la loi sur la reconstruction du mémorial de la Paix d'Hiroshima, qui accorde à la ville des subventions spéciales. En , un concours international est lancé pour la conception du parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima[11].
Tange remporte le premier prix pour un projet de musée dont l'axe traverse le parc, croisant le boulevard de la Paix (en) et le dôme de Genbaku. Le bâtiment repose sur d'imposantes colonnes qui encadrent la perspective le long de son axe[12].
Les travaux du Centre de la Paix commencent en 1950. Outre l'orientation axiale du projet, son agencement est similaire à celui du premier concours auquel Tange avait participé pour le mémorial de la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale[13].
Dans le projet initial, le Musée du mémorial de la Paix de Hiroshima est dominé par des bâtiments utilitaires adjacents, reliés par des passerelles surélevées. Tange affine ce concept pour placer le musée au centre, à l'écart des bâtiments utilitaires (dont un seul sera le fruit de sa conception). Outre le symbolisme architectural, il juge important que le projet s'articule autour du bâtiment abritant les informations sur l'explosion atomique[14].
Le musée est construit en béton armé apparent. Le rez-de-chaussée du musée est surélevé de six mètres grâce à d'imposants pilotis et accessible par un escalier indépendant. La façade rythmée se compose d'éléments verticaux qui se répètent à partir du centre. À l'instar de l'extérieur, l'intérieur est revêtu de béton brut. L'objectif est de conserver des surfaces sobres afin que rien ne puisse distraire le visiteur du contenu des expositions[15].
La place de la Paix sert de toile de fond au musée. Elle est conçue pour accueillir 50 000 personnes autour du monument de la paix situé en son centre. Tange conçoit également le cénotaphe comme une arche composée de deux paraboloïdes hyperboliques, possiblement inspirée des tombeaux cérémoniels japonais traditionnels de la période Kofun[15].
- Bâtiment principal du musée du mémorial de la Paix de Hiroshima.
- Bâtiment est du musée du mémorial de la Paix de Hiroshima.
- Le musée du mémorial de la Paix de Hiroshima montrant l'axe avec le cénotaphe et le dôme (1949).
- La flamme de la Paix, avec le cénotaphe et le musée du Mémorial de la Paix en arrière-plan.
- Les portes de la Paix sont installées le long du boulevard de la Paix.
Sanctuaire d'Ise

En 1953, Tange et le journaliste et critique d'architecture Noboru Kawazoe sont invités à assister à la reconstruction du sanctuaire d'Ise. Ce sanctuaire est reconstruit tous les vingt ans, et l'année 1953 marque la 59e édition de cette tradition, instaurée en 690 par l'empereur Tenmu. Habituellement, la reconstruction se déroule à huis clos, mais cette fois-ci, la cérémonie est ouverte aux architectes et aux journalistes afin qu'ils puissent la couvrir. La cérémonie coïncide avec la fin de l'occupation américaine et semble symboliser un nouveau départ pour l'architecture japonaise. En 1965, lorsque Tange et Kawazoe publient leur ouvrage Ise : Prototype de l'architecture japonaise, Tange compare l'édifice à une structure moderniste : une expression authentique des matériaux, une conception fonctionnelle et des éléments préfabriqués[16].
Tour du bureau du gouvernement préfectoral de Kagawa
Le tour du bureau du gouvernement préfectoral de Kagawa, sur l'île de Shikoku, est achevé en 1958. Son architecture expressive rappelle le style daibutsuyō du Tōdai-ji à Nara[17]. Les colonnes de la façade ne supportant que des charges verticales, Tange peut les concevoir de manière fines, maximisant ainsi les surfaces vitrées. Bien que considéré comme l'un de ses plus beaux projets[18], le bâtiment est critiqué lors de sa construction pour son recours excessif à la tradition[19].
La maison personnelle de Tange

La maison personnelle de Tange, conçue en 1951 et achevée en 1953, utilise une structure similaire à celle du Musée du mémorial de la Paix de Hiroshima. Toutefois, elle intègre un design japonais plus traditionnel faisant appel au bois et au papier. La maison s'inspire de l'utilisation traditionnelle japonaise du tatami, les pièces les plus vastes étant conçues pour être modulables et divisées en trois pièces plus petites par des portes coulissantes fusuma[20]. La façade présente un motif rythmé, composé de deux types de façades (« a » et « b ») disposées latéralement selon un schéma « a-b-a-a-b-a ». La maison est coiffée d'un toit à deux niveaux. La maison de Kazuo Shinohara à Kugayama, construite en 1954, présente une conception remarquablement similaire, bien qu'elle soit en acier et que sa façade arbore un rythme plus simple[21].
Hôtel de ville de Kurashiki

L'hôtel de ville de Kurashiki, aux allures de forteresse, est conçu en 1958 et achevé en 1960. Lors de sa construction, il se situe en bordure du vieux centre-ville, assurant la liaison avec les quartiers plus récents. Kurashiki est surtout connue comme destination touristique pour ses maisons traditionnelles de style machiya[22].
Emplacement central sur une place ouverte, le bâtiment repose sur d'imposantes colonnes qui s'effilent vers l'intérieur. La façade est composée de planches horizontales (dont certaines sont omises pour créer des fenêtres) qui se chevauchent aux angles, évoquant un chalet en rondins de bois. L'entrée est abritée par un lourd auvent en béton en saillie qui mène à un hall d'entrée monumental. L'escalier menant à ce hall monte en volées droites en porte-à-faux, de part et d'autre. Les murs intérieurs sont en béton brut coffré, percé de fenêtres rappelant le couvent Sainte-Marie de La Tourette de Le Corbusier. La salle du conseil est un bâtiment séparé dont le toit incliné est aménagé en gradins pour former un espace de spectacle extérieur[23].
Plan de la baie de Tokyo
Tokyo connait une explosion démographique massive après la guerre, exerçant une forte pression sur les infrastructures urbaines existantes. En réponse, la municipalité créé en 1951 le Comité national de construction de la capitale, dont la priorité est la décentralisation pour soulager la pression démographique. En 1958, ce comité publie le Plan de développement de la région de la capitale nationale préconisant la création de plusieurs villes satellites et de sous-centres, ainsi que l'aménagement d'une ceinture verte autour du centre de Tokyo, à l'instar du plan du Grand Londres (en) de 1944 par Patrick Abercrombie[24].
Tange et les « métabolistes » naissants cherchent à proposer une réponse au plan qui prenne en compte l'impact fondamental de l'automobile sur le développement urbain et la vie quotidienne. Le plan de Tange, présenté en 1960 lors du Congrès mondial du design à Tokyo, fait totalement abstraction des infrastructures existantes et propose un modèle de développement radicalement nouveau, centré sur une mégastructure enjambant la baie de Tokyo. Tange estime que les mégapoles modernes « pivots » telles que Tokyo doivent leur économie au secteur tertiaire et que, par conséquent, l'urbanisme moderne conventionnel, fondé sur la séparation de différentes « zones » fonctionnelles, est devenu obsolète. Convaincu que la vitalité de la ville repose sur les déplacements de ses dix millions d'habitants de l'époque, il conçoit la mégastructure de la baie de Tokyo comme une « artère » destinée à améliorer la mobilité urbaine.
| Image externe | |
| Kenzō Tange devant son plan pour Tokyo, photo de . | |
S'inspirant de la Ville Radieuse (en) de Le Corbusier, le plan de la baie de Tokyo privilégie la séparation des piétons et des véhicules, ainsi que la création d'un système intégré d'architecture et d'autoroutes favorisant un développement linéaire et une mobilité constante. Le projet, du moins dans sa première phase, doit s'étendre sur 18 km, du centre de Tokyo jusqu'à Chiba, en traversant la baie, et être prêt à s'étendre au rythme de la croissance démographique[25].
Ce plan ambitieux ne sera jamais mis en œuvre, malgré l'intérêt considérable qu'il suscite. Peter Smithson, qui, avec son épouse Alice, collabore régulièrement avec Tange, reconnait l'ingéniosité du projet, mais en conteste la faisabilité et s'oppose à l'idéal de croissance linéaire prôné par Tange. Christopher Alexander, écrivant en 1965, qualifie le projet de « bel » exemple de « cité-arbre » totalement incapable de répondre aux besoins fondamentaux de l'organisation humaine (Alexander étant lui-même partisan d'un modèle de croissance urbaine en « semi-treillis »).
Le projet introduit néanmoins des idées nouvelles et importantes dans le discours contemporain sur l'urbanisme et initie un mouvement en faveur des mégastructures. Il constitue également une source d'inspiration majeure pour son travail des années suivantes : le Centre de presse et de radiodiffusion de Yamanashi à Kōfu et son plan de reconstruction pour Skopje incarnent tous deux son idéal de la « ville comme processus »[26].
Arènes olympiques de Tokyo

Le gymnase olympique de Yoyogi est situé dans un espace ouvert du parc de Yoyogi, dans l'axe du sanctuaire Meiji. Le gymnase et la piscine sont conçus par Tange pour les Jeux olympiques d'été de 1964 à Tokyo, les premiers Jeux olympiques organisés en Asie. Tange commence ses plans en 1961 et ceux-ci sont approuvés par le ministère de l'Éducation en . L'emplacement des bâtiments est étudié afin d'optimiser l'espace disponible pour le stationnement et de faciliter la circulation des personnes entrant et sortant[27].
Inspirés par la silhouette du Colisée de Rome, les toits sont constitués d'une enveloppe suspendue à deux mâts. Les bâtiments s'inspirent du pavillon Philips (en) de Le Corbusier, conçu pour l'Exposition universelle de Bruxelles de 1958, et de la patinoire David S. Ingalls, le terrain de hockey sur glace de l'université Yale par Eero Saarinen ; ces deux structures étant achevées en 1958. Le toit du pavillon Philips est composé de surfaces paraboliques hyperboliques complexes tendues entre des câbles. Dans les deux cas, Tange s'inspire d'idées occidentales et les adaptes aux besoins japonais[28].
Le gymnase principal peut accueillir environ 16 000 personnes, tandis que le bâtiment secondaire peut en accueillir jusqu'à 5 300 selon les événements. À l'époque de sa construction, le gymnase possède la plus grande portée de toiture suspendue au monde. Deux piliers en béton armé soutiennent un treillis d'acier précontraint auquel sont fixées des plaques d'acier. L'ancrage inférieur de ce treillis est constitué d'un système de support en béton massif qui dessine une courbe caractéristique à l'intérieur et à l'extérieur du bâtiment. À l'intérieur, cet ancrage structurel sert à soutenir les gradins. La courbure générale de la toiture contribue à protéger le bâtiment des effets destructeurs des vents violents[27].
Tange reçoit le prix Pritzker pour cette conception ; la citation qualifiant le gymnase de « l'un des plus beaux bâtiments du XXe siècle »[29].
- Extérieur du gymnase.
- Intérieur du gymnase.
- Intérieur du gymnase.
- Quartier de Shibuya avec le gymnase visible au fond.
Reconstruction de Skopje

Le plan de reconstruction de Skopje, future capitale de la Macédoine du Nord mais alors en Yougoslavie, après un important séisme, est remporté par l'équipe d'architectes de Tange en 1965. Ce projet, d'envergure internationale, constitue pour Tange un cas d'école de reconstruction urbaine illustrant les principes de l'architecture moderne. C'est la première fois qu'un architecte japonais est invité par une instance internationale à participer à un projet d'aménagement urbain de cette ampleur[30].
- Plan pour la reconstruction de Skopje (1963).
- Plan pour la reconstruction de Skopje (1963).
Bâtiment de la cour suprême du Pakistan

Le bâtiment de la cour suprême du Pakistan (en) est le siège principal et officiel de la Cour suprême du Pakistan. Il est situé avenue de la Constitution, à Islamabad, au Pakistan. Sa construction débute dans les années 1960 mais ne s'achève qu'en 1993. Il est bordé au sud par le secrétariat du Premier ministre (en) et au nord par la résidence du Président (en) et le Parlement.
Conçu par Tange, d'après un cahier des charges établi par l'entité, le complexe est réalisé par les entreprises CDA Engineering (Capital Development Authority (en)) et Siemens Engineering (Siemens Pakistan (en))[31].
Centre de presse et de radiodiffusion de Yamanashi

En 1961, Tange est chargé de construire un centre de communication à Kōfu[32]. En 1966, le Centre de presse et de radiodiffusion de Yamanashi, bâtiment destiné à abriter le siège du Yamanashi Broadcasting System (en) et plusieurs de ses divisions, dont des studios de radio et de télévision et une imprimerie pour un journal, est achevé. Ce centre est l'une des rares occasions pour Tange de mettre pleinement en œuvre, à petite échelle, ses idéaux métabolistes de mouvement et d'expansion constants.
Le bâtiment se compose de seize tours de cinq mètres de diamètre chacune, mais de hauteurs variables, qui assurent la circulation verticale et des services, notamment les escaliers et les ascenseurs. De larges plateaux horizontaux, abritant les espaces d'activités, les relient. Le plan du bâtiment privilégie les possibilités de modification et d'extension continues, notamment par la suppression de certains plateaux, désormais occupés par des jardins, et par la possibilité d'aménagements autour des seize tours qui abritent les circulations et les services essentiels. À l'origine, la cafétéria et certains services ouverts au public se trouvaient au rez-de-chaussée, tandis que les services du journal, de la télévision et de la radio occupent respectivement les troisième, sixième et huitième étages. Les bureaux de l'immeuble sont dotés de sols en verre et entourés de balcons[33]. Du moins en théorie, le bâtiment est conçu pour s'agrandir au rythme de la croissance de l'entreprise et même intégrer un parking, un projet qui n'a cependant jamais abouti[34],[35].
Le Centre de presse et de radiodiffusion de Yamanashi est l'une des rares réalisations architecturales métabolistes, au même titre que la Nakagin Capsule Tower de Kisho Kurokawa, aujourd'hui démolie. L'édifice continue de dominer son environnement ; toutefois, les critiques estiment qu'il s'est depuis longtemps éloigné de ses idéaux initiaux, et plusieurs propositions de réaménagement ont été soumises[36],[37].
Exposition universelle de 1970
En 1965, le Bureau international des expositions (BIE) décide que le Japon accueillerait l'Exposition universelle de 1970. Un terrain de 3,3 kilomètres carrés dans les collines de Senri, près d'Osaka, est réservé à cet effet. Le Comité thématique nomme Tange et Uzo Nishiyama responsables du plan directeur. Tange réunit une équipe de douze architectes pour concevoir les infrastructures et les installations de l'Exposition[38].
Au cœur de l'Expo '70 se trouve une grande place. Tange imagine que celle-ci, coiffée d'une structure spatiale en surplomb, relierait les espaces d'exposition et créerait une ambiance festive. La place divise le site en une zone nord pour les pavillons et une zone sud pour les bâtiments administratifs. Ces zones sont reliées entre elles par des tapis roulants[39].
Singapour

En 1970, lors d'un séjour à Hong Kong pour recevoir un doctorat honoris causa de l'université de Hong Kong, il fait la connaissance de l'homme d'affaires singapourien Lee Kuan Yew. Singapour, qui avait accédé à l'indépendance seulement cinq ans auparavant, connaissait un développement rapide sur son petit territoire. L'entente entre les deux hommes est excellente et Tange est rapidement invité à conseiller le département d'urbanisme du gouvernement singapourien[40]. Dans un premier temps, il donne des conseils sur les éléments à préserver et ceux à reconstruire, et il planifie également l'aménagement d'une zone gagnée sur la mer, Marina South (en).
Dans les années 1980, Tange conçoit le plan du campus principal et le complexe de bâtiments de la toute nouvelle université de technologie de Nanyang. Il façonne également la silhouette du quartier d'affaires en concevant des bâtiments emblématiques tels que One Raffles Place (le plus haut gratte-ciel hors des États-Unis à son achèvement), le Pickering Operations Complex (en) et UOB Plaza One dans les années 1980 et 1990. Il conçoit également le Singapore Indoor Stadium[41].
Bâtiment d'Hawaii Hochi
Commencé en 1972 et achevé en 1975 pour Hawaii Hochi (en), un journal de langue japonaise fondé en 1912, ce bâtiment brutaliste est l'un des deux seuls édifices conçus par Tange aux États-Unis, l'autre étant une extension du Minneapolis Institute of Art. Il se compose de deux structures reliées par une cour intérieure à ciel ouvert agrémentée de plantes tropicales et d'un parking sur le toit[42].
Palais présidentiel de Damas
En 1975, alors qu'Hafez el-Assad est encore au pouvoir, Tange entreprend la conception du palais présidentiel de Damas, en Syrie. Selon un article du Guardian paru en 2013[43], Tange démissionne avant le début des travaux, et son projet initial est réinterprété par d'autres architectes. Le complexe ainsi construit s'étend finalement sur une superficie de 31 500 m2.
Cercles architecturaux
Congrès international d'architecture moderne

La première place obtenue par Tange au concours d'architecture pour le parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima lui vaut la reconnaissance de Kunio Maekawa. Ce dernier l'invite à participer au Congrès international d'architecture moderne (CIAM). Fondée en 1928, cette organisation d'urbanistes et d'architectes promeut initialement une architecture ancrée dans un contexte économique et social, mais lors de sa quatrième réunion en 1933 (sous la direction de Le Corbusier), elle débat de la notion de « ville fonctionnelle ». Ce débat aboutit à une série de propositions d'urbanisme connues sous le nom de « charte d'Athènes ». Lors de la réunion du CIAM de 1951 à Hoddesdon, en Angleterre, à laquelle Tange est invité, la charte d'Athènes est remise en question par les jeunes membres du groupe (dont Tange lui-même), qui la juge trop vague concernant l'expansion urbaine. La charte d'Athènes défend l'idée qu'une ville acquiert son caractère par ses transformations continues au fil des ans or cette notion, rédigée avant les bombardements massifs et la Seconde Guerre mondiale, a donc peu de sens pour Tange, témoin de la destruction d'Hiroshima. Les discussions d'Hoddesdon sèment le mécontentement au sein du CIAM, contribuant finalement à sa dissolution après la réunion de Dubrovnik en 1956. Les jeunes membres du CIAM forment un groupe dissident connu sous le nom de « Team X », que Tange rejoint par la suite. Tange présente divers projets à la Team X lors de leurs réunions. Lors d'une réunion à Otterlo, aux Pays-Bas, en 1959, il présente notamment un projet non réalisé de Kiyonori Kikutake ; ce projet devient la base du mouvement métaboliste[44].
À son retour au Japon après la réunion du CIAM de 1951, Tange visite la Cité radieuse de Marseille, en France, alors presque achevée, construite par Le Corbusier. Il examine également les esquisses de la nouvelle capitale du Pendjab, Chandigarh, en Inde[13].
Conférence mondiale du design de Tokyo et urbanisme
Tange quitte prématurément la conférence Team X d'Otterlo pour prendre un poste permanent au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Son expérience lors de cette conférence l'incite peut-être à confier à ses étudiants de cinquième année la conception d'un complexe résidentiel de 25 000 personnes à Boston, de l'autre côté de la baie[45]. Le projet comprend deux structures géantes en forme de « A », rappelant le projet qu'il avait présenté au concours pour le siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le Léman. Ce projet, ainsi que les précédents de Kikutake, servent de base au discours que Tange prononce à la Conférence mondiale de design de Tokyo en 1960. Dans son discours, il emploie des termes tels que « cellule » et « métabolisme » en lien avec l'urbanisme. Le mouvement métaboliste est né de discussions avec d'autres participants à la conférence, parmi lesquels Kishō Kurokawa, Junzō Sakakura, Alison et Peter Smithson, Louis Kahn, Jean Prouvé, Balkrishna Vithaldas Doshi et Jacob Bakema. La conférence se termine par la présentation par Tange du plan de Boston et de son propre projet, « Le plan de Tokyo – 1960 »[46].

Tange soutient que le modèle urbain classique, fondé sur un système de transport radial centripète, est une relique du Moyen Âge et ne peut supporter la pression exercée par les mégapoles mondiales, qu'il définit comme les villes de plus de dix millions d'habitants[47]. Plutôt que de construire une ville autour d'un centre civique, sa proposition repose sur un « axe civique », développant la ville de manière linéaire[48]. Trois niveaux de circulation, modulés selon la vitesse, facilitent le déplacement de jusqu'à 2,5 millions de personnes le long de cet axe, divisé en éléments de transport cycliques à la manière d'une vertèbre. L'ampleur du projet implique qu'il s'étend sur les eaux de la baie de Tokyo[49]. Les propositions de Tange lors de cette conférence contribue largement à asseoir sa réputation « [d']architecte japonais préféré de l'Occident »[50].
En 1965, l'Organisation des Nations unies demandent à Tange de participer à un concours restreint pour la reconstruction de Skopje, alors ville de la République fédérative socialiste de Yougoslavie. La ville avait été fortement endommagée par un tremblement de terre en 1963. Tange remporte 60 % du prix ; les 40 % restants étant attribués à l'équipe yougoslave. Le projet de Tange développe les idées présentées dans le précédent « Plan de Tokyo »[51], qui a lui-même inspiré le Centre de presse et de radiodiffusion de Yamanashi[33].
Équipe d'urbanistes et d'architectes
L'inspiration de Tange pour son agence d'architecture lui vient de son ami Walter Gropius, rencontré pour la première fois lors du congrès du CIAM en 1951. Gropius, alors professeur au Bauhaus, accorde une grande importance à la formation des architectes, notamment en leur inculquant l'importance du travail d'équipe. L'agence Urbanists and Architects Team est fondée en 1961 et devient par la suite Kenzō Tange Associates. Tange y prône une hiérarchie très horizontale : les associés sont égaux et encouragés à participer à chaque projet. Plusieurs options sont développées simultanément et la recherche sur chaque projet est encouragée[52].
Fin de carrière

Dans les années 1970 et 1980, Tange étend sa création de bâtiments dans plus de vingt pays à travers le monde. En 1985, à la demande de Jacques Chirac, futur président de la République française et alors maire de Paris, il propose un plan directeur pour améliorer la place d'Italie, en reliant la ville selon un axe est-ouest[53].
En 1987, il remporte le prix Pritzker d'architecture[54].
Pour le siège du gouvernement métropolitain de Tokyo, inauguré en 1991, Tange conçoit un vaste centre civique avec une place dominée par deux gratte-ciel. Ces derniers abritent les bureaux administratifs, tandis qu'un bâtiment plus petit de sept étages accueille les salles de réunion. Dans sa conception d'une version high-tech du centre de communications de Kofu, Tange équipe les trois bâtiments de systèmes de gestion technique ultramodernes, contrôlant la qualité de l'air, l'éclairage et la sécurité. L'enveloppe extérieure du bâtiment fait un double clin d'œil à la tradition et à la modernité. Tange intégre des lignes verticales et horizontales évoquant à la fois les bardages en bois et les lignes des circuits imprimés[55].
Tange se convertit au christianisme et prend le nom de Joseph, époux de Marie, mère de Jesus, peu avant sa mort. Il continue d'exercer son art jusqu'en 2002 avant son décès à Tokyo le à l'âge de 91 ans[56]. Il abhorre alors le postmodernisme des années 1980 et considère ce style architectural comme une simple « expression architecturale transitoire »[57]. Ses obsèques sont célébrées dans l'une de ses œuvres, la cathédrale Sainte-Marie de Tokyo[58].
« Tadao Andō, l'un des plus grands architectes japonais contemporains, aime raconter l'histoire de la chienne errante, un majestueux akita, qui s'est aventurée dans son atelier d'Osaka il y a une vingtaine d'années et a décidé d'y rester. « Au début, j'ai pensé l'appeler Kenzō Tange ; mais je me suis rendu compte que je ne pouvais pas me permettre de maltraiter Kenzo Tange. Alors je l'ai appelée Le Corbusier ». »
— Nécrologie dans The Guardian[57].
Style et postérité

Il est une source d'inspiration majeure pour les architectes japonais d'après-guerre, plusieurs de ses disciples comme Kishō Kurokawa, Kiyonori Kikutake, et Fumihiko Maki co-signent avec lui le manifeste du métaboliste en 1960[59]. L'expansion modulaire des visions métabolistes de Tange influence également Archigram et ses mégastructures modulaires[60].
Bien que ses propositions pour Marine City (soumises par Tange au CIAM) n'aient pas été réalisées, son hôtel de ville de Miyakonojō (1966) offre un exemple plus métaboliste du Centre culturel Nichinan (1962) conçu par Tange lui-même[61]. Si l'Exposition universelle de 1970 marque un déclin du mouvement métaboliste, elle permet néanmoins une passation de pouvoir à une jeune génération d'architectes tels que Kazuo Shinohara et Arata Isozaki[62],[63].
Dans un entretien avec Jeremy Melvin à la Royal Academy of Arts, Kengo Kuma explique qu'à l'âge de dix ans, la visite des arènes olympiques de Tange, construites en 1964, l'avait inspiré à devenir architecte.
Pour l'auteur et critique architectural Reyner Banham, Tange est un exemple parfait d'architecture brutaliste. Son utilisation du béton brut, sans ornementation, combinée à ses projets urbains tels que le réaménagement de la baie de Tokyo, fait de lui une figure majeure pour les architectes britanniques des années 1960[64].
Le fils de Tange, Paul Noritaka Tange (en), est diplômé de l'université Harvard (promotion 1985) et intègre ensuite Kenzo Tange Associates[65]. Il en devient le président en 1997 avant de fonder Tange Associates en 2002[65].
Distinctions
- 1965 : Médaille d'or royale pour l'architecture du Royal Institute of British Architects (RIBA)[66] ;
- 1965 : Diplôme olympique du mérite (en)[67] ;
- 1966 : Médaille d'or de l'American Institute of Architects (AIA)[68] ;
- 1973 : Grande médaille d'or de l'Académie d'architecture[69] ;
- 1987 : Prix Pritzker[70],[71] ;
- 1993 : Praemium Imperiale[72].
Principales réalisations de Kenzō Tange et de Kenzo Tange Associates


- 1952 : Musée du mémorial de la Paix de Hiroshima et parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima.
- 1955 : Cathédrale Sainte-Marie de Tokyo.
- 1963 : Gymnase olympique de Yoyogi pour les Jeux olympiques d'été de 1964.
- 1966 : Planification du nouveau centre-ville de Skopje dans le cadre de la reconstruction de Skopje en 1963 (en).
- 1968 : Plan général de l'Exposition universelle de 1970 d'Osaka.
- 1983 : Grand Prince Hotel Akasaka à Tokyo.
- 1986 : Université des sciences et de la technologie d'Oran à Oran[73].
- 1990 : Palais présidentiel de Damas, même s'il se retire en réalité avant le début de la construction de l'édifice.
- 1991 :
- 1992 : UOB Plaza One à Singapour.
- 1993 : UOB Plaza Two à Singapour.
- 1993 : APA Hotel & Resort Tokyo Bay Makuhari à Chiba.
- 1994 : Shinjuku Park Tower à Tokyo.
- 1996 : Fuji Broadcasting Center à Odaiba.
- 1997 : Musée départemental des arts asiatiques à Nice[74].
- 2000 :
- 2004 : President Enterprise Corporation Tower à Taipei.
- 2005 : Bank of Shanghai Headquarters à Shanghai.
- 2008 : Mode Gakuen Cocoon Tower à Tokyo (Emporis Skyscraper Award 2008[75]).
Bibliographie

- (en) Andrew Ayers, The Architecture of Paris: An Architectural Guide, Londres, Edition Axel Menges, (1re éd. 2004) (ISBN 3-930698-96-X).
- (en) Reyner Banham, Age of the Masters: A Personal View of Modern Architecture, Londres, Architectural Press, (1re éd. 1975) (ISBN 0-85139-395-0).
- (en) Jeffry M. Diefendorf (dir.), Carola Hein (dir.) et Ishida Yorifusa (dir.), Rebuilding Urban Japan After 1945, Hampshire, Palgrave MacMillan, (ISBN 0-333-65962-7).
- (en) Dennis P. Doordan, Twentieth Century Architecture, Londres, Calmann & King, (1re éd. 2001) (ISBN 0-8109-0605-8, lire en ligne).
- (en) Kenneth Frampton, Modern Architecture a Critical History, Londres, Thames and Hudson, (1re éd. 1980) (ISBN 0-500-20201-X).
- (en) Benoit Jacquet, Teruaki Matsuzaki et Manuel Tardits, The Carpenter and the Architect: A history of wood construction in Japan, Lausanne, EPFL Press, (ISBN 978-2-88915-445-6).
- (en) Udo Kultermann, Kenzo Tange, Londres, Pall Mall Press, (ISBN 0-269-02686-X).
- (en) Jonathan McKean Reynolds, Maekawa Kunio and the Emergence of Japanese Modernist Architecture, Londres, University of California Press, (ISBN 0-520-21495-1).
- (en) Dennis B. Stewart, The Making of a Modern Japanese Architecture: From the Founders to Shinohara and Isozaki, New York, Kodansha International, (ISBN 4-7700-2933-0).