Léon Bonvin

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Léon Bonvin
Léon Bonvin, Autoportrait, 19 janvier 1866 (Paris, Fondation Custodia, collection Frits Lugt)[1].
Biographie
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François Bonvin (demi-frère paternel)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Genres artistiques

Charles Léon Bonvin, né le à Vaugirard (ancienne commune de la Seine, aujourd'hui un quartier de Paris)[2] et mort le à Meudon (Seine-et-Oise)[3], est un peintre, dessinateur et aquarelliste français[4],[5].

Il est le demi-frère du peintre François Bonvin (1817-1887).

Le cabaret de son père, François Joseph Eustache Bonvin (1786-1862)[6], et de sa mère, née Reine Adélaïde Beurrier (1789-1876), où il grandit, était un bâtiment composé d'une partie centrale et de deux annexes inégales dont le rez-de-chaussée comportait trois pièces, au-dessus desquelles se trouvaient deux ou trois chambres. Cette construction, assez haute pour que les carriers et les maraîchers des environs puissent la remarquer, avait pour enseigne « À bon vin point d'enseigne ». Le cabaret était entouré, à l'extérieur, de quelques tonnelles bordées de haies d'épines, qui inspirèrent Léon Bonvin et furent le sujet de plusieurs de ses aquarelles[7].

Lorsque son père, qui était un homme sévère et rigide, meurt, François Bonvin, demi frère de Léon Bonvin, fait ce qu'il peut pour le décider à vendre l'établissement, persuadé qu'il ne pourra faire prospérer l'affaire. Mais Léon Bonvin préfère alors se marier, le à la mairie du 15e arrondissement de Paris avec Constance Félicité Gaudon et, avec elle, poursuivre l'activité. Ainsi que le racontera Paul Roche en 1887, « il servait les maçons lorsqu'ils avaient soif et renvoyait les ivrognes quand on se battait »[8].

L'aquarelliste Frédéric Henriet (1826-1918), dans ses souvenirs, publiés en 1891[7], raconte qu'un jour, accompagné par ses amis Henri Léon Loire (1821-1898) et Hippolyte Noël (1828-1894), il musardait dans les environs de Vaugirard, lorsque, le ventre vide, il aperçut, au milieu d'une plaine de luzerne le petit cabaret du père de Léon Bonvin. Attablé, il entendit le son mélancolique d'un orgue harmonium qui l'impressionnèrent. « C'est Léon Bonvin que vous entendez-là, le frère du peintre. Il est né musicien et s'est formé tout seul, […] mais vous n'êtes pas au bout de vos étonnements », lui dit Hippolyte Noël[7] qui appela alors Léon Bonvin et lui demanda de montrer ses aquarelles. Ne se lassant pas de les feuilleter, Frédéric Henriet regardait là des fusains, de minutieuses aquarelles : « Je ne me lassais pas de feuilleter le carton ; c'était tantôt un arbre découpé avec la précision d'une silhouette sur un ciel d'un bleu profond ; tantôt un chardon, un bouillon blanc étudié avec la précision d'un botaniste ; tantôt une tendre fleurette émergeant, toute fraîche et odorante, de son lit de mousses et de graminées ; tantôt quelques objets de ménage empruntés au vulgaire mobilier du cabaret ; toujours des choses vues, longtemps regardées, prises dans l'étroit rayon de sa vie de tous les jours. Tout cela avait l'intimité d'une confidence ; on y sentait l'effort solitaire, concentré, d'une âme contemplative »[7].

Se consacrant à la peinture, il recrute alors un garçon de cave aux appointements de deux francs par jour, mais les échéances se succèdent et la caisse du ménage est vide[7]. Il démarche des galeristes parisiens de la rue Laffitte et de la rue du Bac, mais, n'ayant aucune notoriété, les marchands boudent ses aquarelles et, après en avoir acheté quelques-unes, n'en veulent plus du tout.

« Léon Bonvin se sentit bientôt acculé, anéanti, perdu. Ajoutez, à toutes ces amertumes, des chagrins domestiques, les souffrances d'une nature supérieure à son milieu, les heurts d'une âme rêveuse aux prises avec les réalités brutales de la vie, et vous entreverrez avec effroi le lugubre dénouement qui termina ces luttes sourdes et ces longues angoisses. »[7]

Des maraîchers qui portaient des légumes aux halles de Paris découvrent, au matin du , le cadavre de Léon Bonvin qui se balançait à la branche d'un arbre[9]. Il avait quitté sa maison le .

Dans La Rue, Jules Vallès évoque Léon Bonvin[10].

Pierre Véron, dans Le Monde illustré du , évoque également le souvenir de Léon Bonvin[11].

Techniques

À ses débuts, Léon Bonvin dessine au crayon noir et au fusain, puis, progressivement, exécute des aquarelles de grande qualité. Grâce aux sépias et des traits d'encre, il sait patiemment créer des œuvres à la précision photographique. Léon Bonvin regarde ce qui l'entoure, capte la lumière et son intensité, avec un œil comparable à celui de Chardin lorsque celui-ci exécute ses œuvres les plus abouties.

Postérité de l'œuvre

Notes et références

Annexes

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