L'Alsace meurtrie
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| Artiste |
Gustave Doré |
|---|---|
| Date |
1872 |
| Type |
huile sur toile |
| Dimensions (H × L) |
320 × 148 cm |
| Mouvement |
peinture allégorique |
| Propriétaire |
Collectivité Européenne d'Alsace |
| Localisation |
L'Alsace meurtrie est un tableau de Gustave Doré (1832-1883), propriété de la Collectivité européenne d'Alsace.
Cette huile sur toile, présentée au Salon de Paris de 1872[1], fut peinte peu de temps après la fin de la Guerre de 1870. L’Alsace y est personnifiée sous les traits d’une veuve affligée par une double disparition, celle de son mari dont il est sous-entendu qu’il est mort au combat et celle de sa terre natale, l'Alsace, territoire devenu allemand.
Cette toile a été peinte à la fin de la guerre franco-prussienne (1870-1871), conflit dont la France sort vaincue et qui aboutit à la cession à l’Allemagne de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine conformément au Traité de Francfort de 1871 (L’Alsace perd ainsi son identité française).
Les Alsaciens doivent alors choisir, ou rester français et quitter l’Alsace, ou rester en Alsace et devenir citoyen allemand.
Le peintre
Gustave Doré[2] est né à Strasbourg le dans le quartier médiéval, aux pieds de la cathédrale. À l’âge de quinze ans, Gustave Doré est remarqué par un éditeur parisien qui l’engage comme caricaturiste et illustrateur. Il connaît rapidement la notoriété et devient un spécialiste recherché, il illustrera plus de deux cents ouvrages, des livres d’auteurs classiques et contemporains.
Installé à Paris, il se rend néanmoins fréquemment en Alsace, il se considère comme alsacien, aussi il est profondément affecté par le conflit franco-prussien, d’autant que, dès le début de la guerre, son frère est fait prisonnier lors de la reddition de Strasbourg. Lorsque les combats se rapprochent de Paris, l’artiste s’enrôle dans la Garde nationale pour défendre la capitale. Sous l’uniforme, il va être confronté à la mort, à la faim au froid et connaître l’amertume de la défaite, toutefois, durant ces heures sombres il conserve un carnet de croquis[3], dont il se servira pour ses compositions réalisées dès la fin des combats. Il commence, fin 1871, un cycle de plusieurs œuvres en rapport la guerre, dont Épisode du siège de Paris (MuMA du Havre), L'Alsace (Collectivité européenne d'Alsace) ou L'Énigme (Musée d’Orsay). Toutes témoignent du profond désarroi de l’artiste face à l’annexion de son Alsace natale.
