L'Arétin dans l'atelier du Tintoret

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L'Arétin dans l’atelier du Tintoret
Artiste
Date
1822
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
59 × 49 cm
No d’inventaire
NM 7376Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

L'Arétin dans l'atelier du Tintoret est un tableau peint par Pierre-Nolasque Bergeret en 1822. Il est conservé depuis 2016 au Nationalmuseum de Stockholm, en Suède.

Ingres, L'Arétin chez le Tintoret (1815)

Le tableau dépeint une altercation entre le peintre Le Tintoret et l'écrivain Pierre l'Arétin. Cet événement de 1551 a été décrit par Paul de Musset [1] :

« On faisait circuler à Venise un sonnet injurieux pour le petit teinturier, qui résolut aussitôt d'imposer silence aux langues venimeuses.

Un jour qu'il aperçut l'Arétin dans les environs de la place Saint-Marc, Jacopo l'aborda poliment, et le pria de venir jeter un coup d'œil sur ses ouvrages et lui donner une heure de séance, disant qu'il voulait faire d'un personnage si célèbre un portrait au crayon. L'Arétin, entraîné par tant de courtoisie, et pensant que le jeune peintre n'avait pas connaissance du sonnet, se laissa conduire à San-Luca.

À peine entré dans l'atelier, il vit son hôte fermer la porte avec soin, courir vers un trophée d'armes, en décrocher une dague fort pointue, et s'avancer l'arme au poing. Jacques Robusti portait bien son nom ses épaules carrées, sa taille haute, ses bras nerveux, sa mine énergique et l'épaisse forêt de cheveux qui se dressait sur sa large tête, lui donnaient l'apparence d'un athlète solide et de mauvaise rencontre pour un homme qui l'avait offensé. L'Arétin se repentit trop tard de son imprudence.

Eh seigneur Robusti, s'écria-t-il en changeant de visage, que voulez-vous faire de cette dague ?

Tenez-vous droit et ne bougez pas, lui dit brusquement le Tintoret, sans quoi je ne réponds de rien.

L'Arétin, tremblant de tous ses membres, vit Jacopo s'approcher de lui, et le toiser des pieds à la tête avec la dague.

- Vous avez, poursuivit le peintre, deux fois et demie la longueur de cette lame. Ne fallait-il pas, pour faire de vous un portrait exact, que j'eusse la mesure de votre personne ? Voilà qui est fini ; mais n'oubliez pas que s'il vous arrive de m'insulter dans vos sonnets, je prendrai avec cette dague la mesure de votre cœur et de vos

entrailles. A présent, asseyez-vous dans ce fauteuil, et causons ensemble sans nous fâcher, pendant que je mettrai sur ce papier le visage effaré de votre seigneurie. »

Jean-Auguste-Dominique Ingres a également peint (en 1815 puis en 1848) cet événement en plaçant, comme Bergeret, une arme à feu dans les mains du Tintoret.

Historique

Notes et références

Voir aussi

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