L'Avenir (Québec)

municipalité au Centre-du-Québec au Québec (Canada) From Wikipedia, the free encyclopedia

L’Avenir[1] est une municipalité du Québec (Canada) située dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Drummond, au sein de la région administrative du Centre-du-Québec. Traversé par l’autoroute Joseph-Armand-Bombardier, la 55, son territoire est délimité par la rivière Saint-François.

Faits en bref Administration, Pays ...
L'Avenir
L'Avenir (Québec)
Église de L'Avenir.
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Région Centre-du-Québec
Subdivision régionale Drummond
Statut municipal Municipalité
Maire
Mandat
Alcide Boisvert
depuis le 2 novembre 2025
Code postal J0C 1B0
Constitution 23 décembre 1976
Démographie
Gentilé L'Avenirois et L'Aveniroise
Population 1 350 hab. ()
Densité 14 hab./km2
Code géographique 2449025
Géographie
Coordonnées 45° 46′ 00″ nord, 72° 18′ 00″ ouest
Superficie 9 910 ha = 99,1 km2
Localisation
Dans la MRC : Drummond.
Liens
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Le logo de la municipalité de L'Avenir représente le village avec sa rue Principale, ses maisons et son église. Il intègre des éléments clés: le bleu pour la cohésion, une route verte pour l'agriculture et la nature, la rivière St-François, et l'hémérocalle « La Laveniroise ».

Toponymie

La municipalité doit son nom au journal L’Avenir, fondé à Montréal en 1847 par Jean-Baptiste-Éric Dorion (1826-1866).

Jean-Baptiste-Éric Dorion

Connu sous le nom de L'Enfant terrible, J-B-É Dorion naît à Sainte-Anne-de-la-Pérade, le 7 septembre 1826, et reste un personnage historique lié intimement à l'histoire du village[2].

Journaliste combatif et homme politique de conviction, Jean-Baptiste-Éric Dorion (1826-1866) s'installe dans le canton de Durham en 1853. Il devient le premier maître de poste de la localité et baptise, d'abord le bureau de poste, puis le village en pleine croissance, du nom de L'Avenirville[3]. Il s'occupe du magasin et d'une scierie.

Dorion s'attire la sympathie des colons et deviendra le premier député francophone du comté de Drummond, en 1854. Il perdra ses élections en 1857 mais sera réélu en 1861.

Dorion épouse Mary Abby Victoria Haye, fille d'Eleazar Hays et de Catherine Trestler, le 21 juin 1853 et de ce mariage naissent cinq enfants, dont quatre vivants. Dorion entretient ses relations et son salon devient un rendez-vous pour les paroissiens intéressés par ses idées.

Il décède le 1er novembre 1866 d'une crise cardiaque et sera inhumé au cimetière Saint-Pierre-de-Durham[4].

Histoire

Occupation autochtone

Bien avant l'arrivée des colons européens, le territoire est une zone de passage et d'établissement pour les Abénakis. La rivière Saint-François, qui scinde aujourd'hui la MRC de Drummond, constitue alors l'artère vitale et la principale voie de communication vers l'intérieur des terres. Les fouilles archéologiques menées à la Pointe-à-Allard ont confirmé cette présence ancestrale par la découverte d'artéfacts significatifs, tels que des outils de pierre et des armes de chasse.

Deux villages abénakis[5] ont existé sur le territoire au début du 19e siècle, l’un à L’Avenir et l’autre à la frontière des municipalités de L’Avenir et d’Ulverton qui appartenaient alors au township de Durham.

Au tournant du XIXe siècle, deux noyaux de peuplement abénakis subsistent: l'un au cœur de l'actuelle municipalité et l'autre à la limite d'Ulverton. En 1805, les autorités coloniales concèdent 10 000 arpents de terres dans le canton de Durham à 17 familles abénakises, avec l'obligation d'y pratiquer l'agriculture sédentaire. Toutefois, cette cohabitation forcée avec le modèle colonial s'avère précaire. Les recensements témoignent d'un déclin rapide de cette population, passant de 49 fermiers et chasseurs en 1831 à seulement 26 en 1851.

L'héritage autochtone reste toutefois marqué par la présence de sites funéraires[6], notamment le cimetière abénakis du « Bec de Canard » et celui situé près du boulevard Allard. Le cimetière dit du Bec-de-Canard est situé sur les bords de la rivière St-François et est le plus vieux site archéologique de la région. Cet emplacement est réputé être un village et lieu de relais autochtone[7].

Arrivée des premiers colons et développement

Le peuplement de L'Avenir s'est accéléré au début du XIXe siècle.

Le territoire est officiellement arpenté en 1802 par l'arpenteur Joseph Bouchette, ouvrant la voie à l'arrivée des premiers colons non-autochtones. Ces premiers arrivants sont surtout des soldats licenciés du 49e Régiment des Voltigeurs de Frederick-Georges Heriot qui s'établissent vers 1815-1820, lorsque la ville de Drummondville est fondée[4]. Ces pionniers, des Loyalistes américains fuyant les conséquences de la Révolution américaine, seront suivis par des immigrants irlandais, écossais et britanniques. Des figures comme William Cross, Webber Reed et la famille Husk s'établissent dès 1823, apportant avec elles des traditions agricoles et sociales anglo-saxonnes.

Le visage démographique de la région change radicalement à partir des années 1830. Des familles francophones, issues de paroisses établies comme Nicolet ou Yamachiche, au nord du Fleuve Saint-Laurent, migrent vers les cantons de Grantham et de Durham à la recherche de nouvelles terres.

La Grande famine d'Irlande poussent de nombreux Irlandais vers le Nouveau monde et plusieurs s'établissent dans la région entre 1845 et 1856. Suivra l'arrivée massive de Canadiens-français suite à la publication du Manifeste des douze missionnaires[8] sur le développement des Cantons-de-l'est. Vers 1870, la population de la région est majoritairement francophone et catholique[4].

Le comté

L'Avenir - fin XIXe

Les cantons de Durham et de Wickham sont arpentés et créés officiellement vers 1802. Deux agglomérations se forment autour de la Mission Saint-Pierre-de-Wickham entre 1815 et 1830; Wheatland et Watkins Mills.

Le , la Municipalité de comté de Drummond était constituée. Quelques mois plus tard, à l’hôtel de M. Joseph Boisvert du village de Drummondville, s’est tenue la première session de cette nouvelle municipalité de comté[9].

La municipalité du Canton de Wickham est constituée en 1855 et l'érection civile de L'Avenir est officialisée le 9 juin 1862[4].

En 1853, avec l'arrivée de Jean-Baptiste-Éric Dorion, surnommé « l'enfant terrible » pour ses harangues politiques post-dominicales, L'Avenir devient un pôle d'attraction pour les Canadiens-français. À partir de 1901, les francophones représentent 73% de la population et les catholiques 81%, affirmant le caractère canadien-français de la municipalité érigée civilement le .

C’est finalement en 1855 que la Corporation du comté de Drummond (Conseil de comté) a vu le jour et son existence a pris fin 126 ans plus tard, en 1981, avec la création de la Municipalité régionale de comté de Drummond.

Vie religieuse et éducation

Vue générale du couvent (à gauche), de l'église et du presbytère (à droite), vers 1920.

La première messe catholique est célébrée dans une modeste chapelle de bois à Noël 1831.

La première mission de la région porte le nom de Saint-Pierre-de-Wickham. Celle-ci sera fermée en septembre 1848 pour tenir compte de l'accroissement de la population qui nécessite des infrastructures plus vastes. La cloche et les biens de la première mission sont alors transférés dans la nouvelle chapelle du village de L'Avenir, puis dans l'église Saint-Pierre-de-Durham, nom de l’église actuelle. La construction de celle-ci s'achève en 1854 et le décret d'érection canonique est publié et lu au prône le 18 décembre 1861.

L'église actuelle est l'œuvre de l'architecte Alfred Giroux. L'église est construite sur l'emplacement de la précédente et est faite de granit taillé. La pierre angulaire est bénie le 27 mai 1904 et l'église est consacrée solennellement le 7 novembre 1905[10].

Parallèlement, la minorité anglicane s'organise autour de l'église St. Paul’s, bâtie en 1871 sur une terre offerte par William Montgomery. Ce biculturalisme religieux se reflète aussi dans l'éducation. Dès 1853, des écoles de rang mixtes ouvrent leurs portes. L'Institut des Artisans, fleuron culturel de Dorion, sert de foyer éducatif avant que le Couvent des Sœurs de l'Assomption ne devienne le pilier scolaire à partir de 1896. Leur couvent est construit en 1893 et détruit par un incendie en 1925. Il sera démoli définitivement en 1970.

Transports et « Petite Ligne »

Descente de billots sur la rivière St-François

L'enclavement du territoire est brisé dès 1823 par la King’s Highway (maintenant la route 143), mais la rivière Saint-François demeure un obstacle majeur. Pour la franchir, des traverses par bac sont instaurées. La traverse McLean (1864) et la traverse Husk (vers Saint-Félix-de-Kingsey) deviennent des points de passage névralgiques pour le commerce local.

1871 - train arrivant à L'Avenir sur chemin de lisse

L'histoire ferroviaire de L'Avenir est marquée par l'ambition déçue de la « Petite Ligne ». Lancé en 1871 par des députés locaux, ce projet visait à relier le centre du Québec aux marchés de la Nouvelle-Angleterre. Pour économiser, on utilisa initialement des rails en bois, une innovation technique qui s'avéra fragile. Les accidents, dont l'explosion d'un pont en 1873, et les faillites successives des compagnies ferroviaires (RDA, SER) condamnèrent le projet. Lorsque le Canadien Pacifique reprit les actifs, il jugea la ligne non rentable et retira définitivement les rails en 1894, laissant pour seuls vestiges les alignements de poteaux électriques encore visibles aujourd'hui.

Économie

Au XIXe siècle, L'Avenir connaît une période d'effervescence économique. L'exploitation forestière domine les premières décennies, alimentant de nombreux moulins à scie et à farine le long des cours d'eau. La fertilité exceptionnelle des terres permet également le développement de l'élevage de bœufs de race « Durham », dont la réputation dépasse les frontières régionales. Cependant, la fin du traité de réciprocité avec les États-Unis et l'échec de la liaison ferroviaire provoquent un choc économique, entraînant une chute démographique notable entre 1871 et 1911.

La diversification industrielle fut tentée par plusieurs entrepreneurs:

  • Mines: L'extraction du cuivre connut une brève ferveur dans les années 1860. Bien que des mines comme celle d'Édouard Charpentier aient perduré, les coûts prohibitifs du transport ont freiné l'essor de ce secteur.
  • Agroalimentaire: Vers 1890, l'industrie laitière s'organise avec cinq fromageries actives. Paradoxalement, la culture du foin, multipliée par quatre entre 1871 et 1921, s'avéra longtemps plus lucrative que la production laitière en raison de la forte demande américaine.
  • Vie commerciale: La municipalité de L’Avenir comprend de nombreux commerces et offre plusieurs services dès 1871. Le noyau villageois fonctionnait comme un centre de services autonome et prospère, abritant forgerons, menuisiers, architectes, médecins et notaires. .
    • Au cœur du village se trouvent une école, deux églises, deux magasins généraux, un hôtel, un bureau de poste, une scierie, quatre cordonniers, une tannerie, deux forgerons, deux selliers, un charron, un voiturier et un tonnelier.
    • Famille Proulx 5e rang vers 1850
      Dans le domaine de la construction on peut obtenir les services d’un architecte, d’un maçon, d’un fabricant de fenêtres et de quatre menuisiers. Plusieurs professionnels habitent aussi L’Avenir notamment, un huissier, un médecin et deux notaires. Il y a même eu deux modistes afin de fabriquer les chapeaux des dames.

Aujourd'hui, si une partie des résidents se déplace vers les pôles industriels de Drummondville ou de Richmond, la municipalité préserve sa vocation agricole, fière de ses exploitations laitières modernes.

À partir du début du XXe siècle, les fromageries et beurreries se retrouvent un peu partout sur le territoire de la municipalité. Compte tenu de la nécessaire mise en marché des produits, l'idée d'une coopérative, créée en 1941, fait son chemin et plusieurs initiatives sont mises en place[4].

En 2026, les commerces installés dans la municipalité représentent les intérêts et la variété de sa population. De l'industrie lourde (Excavations Yergeau, Usinage MC, Travaux GM) au commerce de proximité (Buffet à la carte, Plantation Gaétan Lefebvre, Pépinière L'Avenir, Garage Demanche et Carrosserie Anthony Verrier) en passant par les loisirs (Ô Camping, Ranch 999, Les Jardins Lumières, Karting L'Avenir), la municipalité de L'Avenir demeure une région fortement axée sur l'agriculture.

Culture et patrimoine

L'Avenir s'est distinguée par une vie intellectuelle intense au XIXe siècle, portée par l'Institut des Artisans (1856) et l'Association bibliophile. Ces institutions visaient l'élévation culturelle des travailleurs et des agriculteurs. Ce dynamisme historique et cette volonté d'ouverture se perpétuent aujourd'hui avec, entre autres, le jumelage avec la commune de Saint-Florent-des-Bois, en France.

La municipalité est reconnue pour son dynamisme culturel et héberge plusieurs organismes socio-culturels comme le Cercle des Fermières, la Maison de la Culture de L'Avenir, la Société St-Jean-Baptiste. De nombreuses activités communautaires occupent le calendrier tout au long de l'année, tels que le Bal des Tuques en février, le P'tit marché tout au long de l'été, l'Oktoberfest en octobre[11].

Géographie et géologie

La municipalité est située dans le sud des monts Notre-Dame drainés par le bassin versant du lac Saint-Pierre[12]. La rivière Saint-François, qui draine son territoire, en délimite l'est en coulant vers le nord-ouest.

La rivière Saint-Germain, un affluent de la rivière Saint-François, en traverse le sud-ouest en coulant vers le nord-ouest.

La MRC de Drummond est caractérisée de deux provinces géologiques, soit les basses-terres du Saint-Laurent1 (BTSL) et les Appalaches[13].

Ces provinces naturelles sont parmi les plus fertiles du Québec, expliquant l'apport économique historique de l'agriculture dans la région.

Municipalités limitrophes

Démographie

Évolution démographique
199620012006 20112016 2021
1 2741 2771 2621 2021 3071 350
Source : Statistique Canada

Administration

Les élections municipales se font en bloc pour le maire et les six conseillers[14].

Davantage d’informations Élection, Maire ...
L'Avenir
Maires depuis 1900
Élection Maire Qualité Résultat
1900 Fred Bothwell
1901 Azade Manseau
1903 James Gallagher
1906 Azade Manseau
1908 Siméon Charland
1909 Jas, Callagher
1912 F-X Tremblay
1917 Aimé Boisver
1921 Adrien Dionne
1923 J. Hermann Charpentier
1923 Arthur Simoneau
1929 B.M Smith
  • Les informations de 1900 à 1929 sont tirées du livre Un coin des Cantons de l'Est[15].
  • Il manque d'informations de 1929 à 2005
2005 François Demanche Voir
2009 Jean Parenteau Voir
2013 Voir
2017 Voir
2021 François Fréchette Voir
2025 Alcide Boisvert Voir
Élection partielle en italique
Depuis 2005, les élections sont simultanées dans toutes les municipalités québécoises
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Jumelage

Échanges avec la commune de Drapeau de la France Saint-Florent-des-Bois (France)

Galerie

Notes et références

Annexes

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