L'Esprit de vengeance
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| L’Esprit de Vengeance | ||||||||
| Auteur | Christophe Donner | |||||||
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| Pays | France | |||||||
| Genre | Roman autobiographique | |||||||
| Version originale | ||||||||
| Langue | français | |||||||
| Version française | ||||||||
| Nombre de pages | 320 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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L'Esprit de vengeance est le huitième roman de Christophe Donner, publié chez Grasset en 1992.
Ce roman autobiographique retrace dix ans de vie de l'auteur, à partir de son départ de chez sa mère, alors qu'il a quinze ans. Ce roman a en toile de fond son grand-père maternel Jean Gosset, philosophe et Résistant mort au camp de Neuengamme en 1944. Il raconte sa vie avec le réalisateur Jean-Michel Barjol et les années passées chez Simone et Paul Ricœur, au sein de la communauté intellectuelle de la revue Esprit à Châtenay-Malabry. Le philosophe Paul Ricœur gagnera d'ailleurs son procès contre l'auteur pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" [1], ce qui amènera le retrait du livre, avant son reparution avec des blancs à la place du nom du philosophe. Une nouvelle édition interviendra plus tard, où le nom du philosophe prendra la forme d'un pseudonyme.
Parti en Sicile pour "écrire le livre sur [son] grand-père", l'auteur raconte aussi sa vie dans l'ombre tutélaire de ce grand-père Résistant mort en déportation, et la période de dix ans au cours de laquelle il vit chez le philosophe Paul Ricœur, qui a remplacé son grand-père au sein de la communauté intellectuelle de la revue Esprit.
Cette période est celle où il partage la vie du réalisateur Jean-Michel Barjol qui, après avoir tourné "What a Flash !", film expérimental dans lequel Donner lui-même tenait un petit rôle, n'arrive plus à trouver de financements pour de nouveaux projets. Ils vivent alors une vie de bohème, faite de misère et d'espoir, qui les mènera chez les Ricœur à Châtenay-Malabry.
Ils y échouent par l'intermédiaire du fils du philosophe, Olivier, qui déjà est sous l'emprise de l'alcool et de l'éther.
La trame du livre est celle d'une double substitution : comment Paul Ricœur a remplacé Jean Gosset au sein de la communauté Esprit, et comment Christophe a remplacé Olivier dans le cœur de ses proches.
La forme du roman
Initialement envisagé comme une biographie de son grand-père, l'auteur se rend compte très vite que ce roman ne peut être que l'histoire, plus vaste, du souvenir que ce grand-père a laissé et de l'influence de ce souvenir sur la vie de différentes personnes : sur lui-même, qui s'est construit en partie sur l'absence de cette figure héroïque et dont il porte le nom de clandestinité ; sur sa famille maternelle, qui vit perpétuellement dans le souvenir ; sur la communauté Esprit, dont le défunt est devenu le héros martyr, celui qui était mort pour les autres.
De fait, le roman se fait journal. Donner y place d'ailleurs des éléments touchant à ses conditions intellectuelles et matérielles autour de l'écriture de ce roman, notamment ses conditions de vie et d'installation en Sicile.
"Mon grand-père, le thème de mon grand-père n'aura été qu'une porte, une configuration stylistique inventée par moi pour raconter ma vie."[2]