L'Horloge (Les Fleurs du mal)

poème de Baudelaire From Wikipedia, the free encyclopedia

L'Horloge est un poème de Charles Baudelaire de 6 quatrains, totalisant donc 24 vers, allusion aux 24 heures de la journée. Ce poème fait appel à des rimes embrassées. La structure du poème rappelle la structure du temps utilisée par l'horloge : 24 vers, comme les 24 heures d'une journée ; chaque quatrain compte quatre vers, comme autant de quarts d'heure. Les rimes sont embrassées, rappelant le mouvement de va-et-vient du balancier[1]...

Format
Langue
Date de création
Faits en bref Format, Langue ...
L'Horloge
Format
Langue
Auteur
Date de création
Publié dans
Fermer

L'Horloge appartient au recueil de poèmes Les Fleurs du mal, dans sa deuxième édition de 1861. En effet le poème n'apparaît pas dans la première édition (condamnée par la justice française) de 1857. Dans l'édition de 1861, L'Horloge est le tout dernier poème de la première section Spleen et idéal.

Poème

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard !  »

 Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, [2]

Adaptations musicales

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI