Révélations (film)

film réalisé par Michael Mann, sorti en 1999 From Wikipedia, the free encyclopedia

Révélations ou L'Initié au Québec (The Insider) est un film américain réalisé par Michael Mann, sorti en 1999. Il s'agit d'une adaptation du paru dans Vanity Fair en et racontant l'histoire réelle de Jeffrey Wigand, lanceur d'alerte souhaitant dénoncer les pratiques de l'industrie du tabac.

Titre québécois L'Initié
Titre original The Insider
Réalisation Michael Mann
Scénario Michael Mann
Eric Roth
Faits en bref Titre québécois, Titre original ...
Révélations
Titre québécois L'Initié
Titre original The Insider
Réalisation Michael Mann
Scénario Michael Mann
Eric Roth
Musique Lisa Gerrard
Pieter Bourke
Acteurs principaux Al Pacino
Russell Crowe
Christopher Plummer
Diane Venora
Roger Bart
Sociétés de production Mann/Roth Production
Touchstone Pictures
Spyglass Entertainment
Forward Pass
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 157 minutes
Sortie 1999

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Le film reçoit des critiques globalement très positives mais n'est pas un succès commercial.

Synopsis

Producteur pour CBS, Lowell Bergman se rend en Iran pour tenter de convaincre Mohammad Hussein Fadlallah, fondateur du Hezbollah, d'accorder un entretien à Mike Wallace pour l'émission à succès 60 Minutes. le cheikh est d'abord réticent mais finit par accepter. L'interview a lieu quelques jours plus tard. Wallace et Bergman tiennent bon face aux gardes du corps armés et hostiles du cheikh, qui tentent de les intimider et de perturber les préparatifs de l'interview, notamment par rapport à la proximité du journaliste avec l'interviewé.

Jeffrey Wigand, vice-président de la recherche et du développement de Brown & Williamson Tobacco Corporation, société productrice de cigarettes, rend chez lui et retrouve sa femme Liane et leurs filles, Barbara et Deborah. Cette dernière fait une crise d'asthme. Soucieux, Jeffey finit par avouer à son épouse qu'il vient d'être renvoyé. Celle-ci s'inquiète de leurs futures dépenses, notamment dues aux soins médicaux de l'ainée, Deborah.

Alors qu'il est de retour chez lui auprès de sa femme Sharon et de leurs fils respectifs, Lowell prépare un nouveau sujet sur les incendies liés à la cigarette. Il reçoit des informations en provenance de Philip Morris International. Cherchant à comprendre ses données, une connaissance lui donne le numéro de Jeffrey Wigand. Il appelle mais tombe sur Liane, qui refuse de lui passer. Jeffrey accepte de le rencontrer. Ils se retrouvent au Seelbach Hotel de Louisville. Jeffrey explique que les chiffres par principalement d'inflammabilité. Lowell comprend que Jeffrey détient par ailleurs des informations sensibles sur son employeur, mais qu'il ne peut révéler selon une clause de confidentialité. Jeffrey négocie un salaire de consultant avec la chaine. Il révèle à Lowell qu'il travaillait pour Brown & Williamson.

Plus tard, Lowell demande à son assistante Debbie De Luca de se renseigner sur les clauses de confidentialité. De son côté, Jeffrey est reçu par son ancien PDG, Thomas Sandefur, qui commence à faire pression sur lui. Il souhaite rajouter des clauses à l'accord de confidentialité et force Jeffrey à le signer s'il veut continuer à être indemniser et toucher ses avantages. Jeffey s'emporte violemment et quitte le bureau. Il appelle ensuite Lowell Bergman pour l'insulter et lui reproche de ne pas l'avoir protégé. Plus tard, il s'aperçoit que quelqu'un le suit.

Jeffrey reçoit ensuite la visite de Lowell qui lui promet qu'il n'a pas révélé ses sources. Le père de famille l'emmène dans sa voiture, alors qu'il dépose ses filles à l'école. Jeffrey lui explique qu'il va devoir accepter la nouvelle clause, craignant de perdre sa couverture santé pour payer les soins de Deborah. Tout en essayant de respecter ladite clause, Jeffrey explique ensuite les coulisses de l'industrie, lui parle de la FDA, de son parcours ou encore des « sept nains » (les sept PDG de l'industrie du tabac). Lowell le pousse à devenir un lanceur d'alerte.

Lowell partage ensuite ses informations à ses collaborateurs. Ces derniers ne sont pas très motivés, en raison de la clause de confidentialité. Mike Wallace est cependant très motivé à l'idée de l'avoir dans son émission. Lowell veut pousser Jeffrey à témoigner face à la justice, pour faire annuler la clause de confidentialité. De son côté, Jeffrey tente de retrouver un emploi d'enseignant dans un lycée japonais et passe un entretient avec Mme Williams, qui le juge trop qualifié mais finit par l'embaucher. Jeffrey et sa femme doivent ensuite se résoudre à abandonner leur immense maison, au grand désespoir de Liane. Dans son nouveau logement, Jeffrey a l'impression d'être surveillé et reçoit ensuite des appels mystérieux. Il contacte Lowell et ils se retrouvent pour manger. Lowell veut en savoir plus sur son passé et se défend sur ses ambitions par rapport à l'émission.

Lowell Bergman contacte Richard Scruggs (en), un avocat représentant l'État du Mississippi dans une procédure judiciaire récente contre l'industrie du tabac. Lowell Bergman suggère que l'audition de Wigand  rendant ainsi ses informations publiques  pourrait fournir à CBS la couverture nécessaire pour les diffuser. Scruggs se montre intéressé mais rappelle à Lowell que Brown & Williamson fera tout pour faire taire Jeffrey. En effet, il reçoit des menaces de mort par courriel, ainsi qu'une balle d'arme à feu déposée dans sa boîte aux lettres. Très remonté, Jeffrey accepte de participer à une entrevue filmée à New York, qui serait diffusée dans 60 Minutes. Sur les conseils de Lowell, Jeffrey appelle le FBI pour les menaces de mort. Mais les agents se montrent peu coopératifs et emportent même son ordinateur personnel, sur lequel il stockait des preuves. Furieux, Lowell appelle l'un de ses contacts au FBI, l'agent Robertson. Jeffrey et sa femme dinent ensuite avec Lowell et Mike Wallace. Jeffrey révèle à sa femme qu'il a accepté l'interview télévisé.

Durant l'interview, il révèle alors que le directeur de Brown & Williamson, Sandefur, s'est parjuré devant le congrès des États-Unis en prétendant ignorer que la nicotine était un produit addictif. Jeffrey aborde également la pratique consistant à augmenter l'effet addictif de la nicotine avec des adjuvants chimiques, comme l'ammoniac. Il ajoute que son ancienne entreprise a refusé de supprimer la coumarine ajoutée dans les cigarettes, une substance susceptible d'être cancérigène, pour éviter le risque de provoquer une baisse des ventes.

Jeffrey contacte ensuite Richard Scruggs. Il rentre ensuite chez lui et découvre des agents de sécurité, payés par Lowell. Cette présence et toute cette pression sont très mal perçues par Liane. Jeffrey reçoit ensuite une injonction l'interdisant de témoigner dans le Kentucky. Il risque ainsi d'être incarcéré. Accompagné de son avocat Ronald Motley (en), il accepte finalement de se rendre à l'audience dans le Mississippi, alors que l'affaire devient de plus en plus médiatisée. L'un des avocats de Brown & Williamson le menace s'il parle, mais Jeffrey révèle les effets néphastes de la nicotine, en réponse aux questions de Ron Motley.

Alors que Liane a quitté le domicile conjugual avec ses filles, Lowell prépare le montage de l'émission 60 Minutes. Diverses pressions s'exercent par la suite sur CBS et CBS News. La chaine  notamment Helen Caperelli et Eric Kluster  demandent que l'entretien avec Jeffrey soit coupé, pour éviter d'interférer entre l'accord passé entre Jeffrey et Brown & Williamson. Lowell ne trouve même pas de soutien parmi son équipe. Il informe Jeffrey, qui est au plus mal et en plein divorce, de tout cela.

Lowell arrive à contrer une campagne de dénigrement contre Jeffrey, après une interview de sa première femme. Il parvient notamment à annuler la parution d'un article du Wall Street Journal, en informant les auteurs qu'ils sont victimes d'une manipulation. Pour empêcher l'entretien d'être coupé, il informe un journaliste du New York Times de la situation, débouchant sur un article en première page. L'émission de télévision est finalement diffusée, incluant l'entretien avec Jeffrey.

Fiche technique

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

Distribution

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 Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[4] et selon le carton du doublage français sur le DVD zone 2.

Production

Jeffrey Wigand

Genèse et développement

Le film s'inspire d'un article de Marie Brenner paru dans Vanity Fair en , revenant sur le combat de Jeffrey Wigand. Ce dernier est devenu lanceur d'alerte sur les méfaits de certains produits insérés dans le tabac. Il avait auparavant été employé par Brown & Williamson, troisième plus grand fabricant de cigarettes américain[5].

Jeffrey Wigand a exigé des producteurs que son personnage ne soit pas montré en train de fumer et que le moins possible de fumeurs soient montrés. Il a par ailleurs demandé à ce que le nom de sa fille soit changé[6].

Attribution des rôles

Michael Mann voulait initialement Val Kilmer, qu'il avait dirigé dans Heat, pour le rôle Jeffrey Wigand. Le producteur Pieter Jan Brugge a cependant suggéré Russell Crowe[6].

Michael Moore (en) (procureur général du Mississippi) et Jack Palladino (en) (célèbre enquêteur privé) ont participé au film de Michael Mann après avoir réellement vécu cette affaire[5],[6].

Michael Mann avait déjà dirigé Diane Venora dans Heat, son précédent film.

Tournage

Le tournage a lieu en Alabama (Mobile), au Kentucky (Louisville), dans le Mississippi (Pascagoula), en Californie (Los Angeles, Long Island, Berkeley, lac Big Bear, Santa Ana, San Francisco), dans l'Indiana (Jeffersonville), à New York, ainsi qu'aux Bahamas (îles Abacos) et en Israël (Umm al-Fahm, Baka El Garbia)[7].

Musique

Faits en bref Sortie, Genre ...
The Insider
Original Motion Picture Soundtrack
Bande originale de Pieter Bourke & Lisa Gerrard
Sortie
Genre musique de film
Compositeur Pieter Bourke, Lisa Gerrard, Graeme Revell
Label Columbia / Sony
Critique
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La musique du film est composée par Pieter Bourke et Lisa Gerrard. L'album de la bande originale contient par ailleurs des compositions de Graeme Revell, Jan Garbarek, Gustavo Santaolalla ainsi qu'une chanson de Massive Attack.

Liste des titres
  1. Tempest (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 2:51
  2. Dawn of the Truth (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 1:59
  3. Sacrifice (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 7:41
  4. The Subordinate (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 1:17
  5. Exile (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 1:39
  6. The Silencer (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 1:38
  7. Broken (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 2:03
  8. Faith (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 3:01
  9. I'm Alone on This (Graeme Revell) — 2:02
  10. LB in Montana (Graeme Revell) — 0:50
  11. Palladino Montage (Graeme Revell) — 0:45
  12. Iguazu (Gustavo Santaolalla) — 3:12
  13. Liquid Moon (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 4:05
  14. Rites (Jan Garbarek) — 5:34 (version inédite)
  15. Safe from Harm (Perfecto Mix) (Massive Attack) — 8:14
  16. Meltdown (Lisa Gerrard & Pieter Bourke) — 5:40
Autres morceaux présents dans le film

Sortie et accueil

Critique

Le film reçoit des critiques globalement élogieuses. Sur le site d'agrégation de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient 96% d'avis favorables, pour 135 critiques. Le consensus suivant résumé les avis collectés : « Intelligent, captivant et porté par des interprétations puissantes, Révélations est un thriller d'entreprise percutant[9]. » Sur le site Metacritic, qui utilise une moyenne pondérée, le film obtient la note de 85100 pour 34 critiques[10].

Roger Ebert du Chicago Sun-Times attribue au film trois étoiles et demie sur quatre et salue « sa capacité à captiver, à divertir et à susciter la colère »[11].

David Ansen de Newsweek écrit notamment : « Mann parviendrait sans doute à rendre la broderie au point de croix passionnante. En déployant une vaste fresque, une distribution impressionnante d'excellents acteurs de second rôle et son sens de la composition toujours aussi remarquable, il signe une œuvre épique ancrée dans l'actualité — un genre que Hollywood a largement délaissé au profit de la télévision — et démontre que le cinéma peut le traiter avec bien plus de maestria »[12].

Dans The New York Times, Janet Maslin plébiscite quant à elle la performance de Russell Crowe, qualifiant l'acteur de « force de la nature tout en subtilité dans son évocation poignante de Wigand » et note qu'il « adopte l'allure massive et impassible de l'homme qu'il incarne ». La journaliste écrit par ailleurs que le film est « de loin, de l'œuvre la plus aboutie et la plus captivante de Mann »[13].

Dans le Time, Richard Corliss écrit : « Lorsque Crowe s'empare de l'écran, Révélations' s'anime avec une intensité tumultueuse. C'est un Les Hommes du président où “Gorge profonde” occupe le devant de la scène : un initié poussé à révéler la vérité »[14].

Peter Travers de Rolling Stone écrit notamment : « Avec ses interprétations explosives, son esprit cinglant et sa provocation dramatique, Révélations nous montre un Michael Mann au sommet de son art : bouillonnant, brut et indomptable[15]. »

Entertainment Weekly attribue au film la note « B » au film mais estime qu le film est « loin d'être excellent, car il présente la vérité en Amérique comme étant bien plus menacée qu'elle ne l'est en réalité »[16].

Sur le site français Allociné, qui recense 24 critiques presse, le film obtient une moyenne de 45[17].

Par ailleurs, Quentin Tarantino inclut le film dans sa liste des 20 meilleurs films sortis depuis 1992 (l'année où il est devenu réalisateur)[18]

Box-office

Le film est considéré comme un échec cinématographique : avec un budget estimé à 90 millions de dollars, le film n'en récolte qu'un peu plus de 60 millions au box-office mondial[2]. Il est démonté que le film a suscité un intérêt limité chez les jeunes spectateurs. Joe Roth, alors président de Disney, déclare à l'époque : « C'est comme gravir une colline avec un réfrigérateur sur le dos. En fin de compte, nous sommes très fiers d'avoir réalisé ce film. Les gens disent que c'est le meilleur film qu'ils aient vu cette année. Ils se demandent : "Pourquoi ne fait-on pas plus de films comme celui-ci ?"[19] »

Après que le film a reçu sept nominations aux Oscars sans en remporter aucun, Joe Roth ajoute : « Tout le monde est très fier du film. Mais c'est l'un de ces rares cas où les adultes ont adoré un film sans pour autant réussir à convaincre leurs amis d'aller le voir, pas plus que nous n'avons réussi à convaincre les responsables du marketing[20]. »

Davantage d’informations Pays ou région, Box-office ...
Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
29 089 912 $[2] [21] 22[21]
Drapeau de la France France 398 951 entrées[1]
Alt=Image de la Terre Mondial 60 289 912 $[2] - -
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Distinctions

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Récompenses

Nominations

Notes et références

Annexes

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