Œuvre énigmatique, sorte de « peinture-rébus », elle a donné lieu à de nombreuses interprétations[3]. Sophie Bernard, commissaire de l’exposition Kandinsky, les années parisiennes (2016), jugeant d’une « douce mélancolie » le violet mat, rappelle ce que l’artiste écrivait sur cette couleur dans Du spirituel dans l’art[3] : « le violet est donc un rouge refroidi au sens physique et au sens psychique. Il a, par suite, quelque chose de maladif, d’éteint (mâchefer!), de triste[4]. »
Pour Philippe Sers, elle se lit en diagonal du bas à droite au haut à gauche; la forme en bas, semblable à un micro-organisme, figure le peintre, avec sa palette en main, sur laquelle est représenté un cavalier (Saint-Georges) avec une lance (le pinceau) puis, sous la forme d’une tenture ou d’un voile, la toile qui occupe l’espace central et enfin, en haut à gauche, une « lumière spirituelle »[5].
Will Grohmann, dans son ouvrage sur Kandinsky (1958), écrit que le violet évoque un « doux chagrin » et que la figure en haut à gauche est « semblable à un ange [...] qui occupe, dans le tableau, la mème place que l'ange dans le Sacrifice de Manoé de Rembrandt »[n 1],[8]. Dans un article intitulé « Kandinsky – Synthèse », l’auteur estime qu’il faut reconnaître dans cette figure de l’ange l’approche spirituelle de l’artiste en fin de vie[9].