Le site "La Chaux-de-Fonds / Le Locle, urbanisme horloger" est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2009[1]. Il se situe dans le canton de Neuchâtel, en Suisse. Il constitue un ensemble urbain cohérent et significatif d'un urbanisme liée à l'industrialisation.
Ce site industriel se compose des villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle ainsi que des zones de campagnes les entourant. Il s'agit d'un ensemble cohérent du XIXesiècle, significatif du développement urbain en lien direct avec l'industrialisation. Les deux villes possèdent également des éléments patrimoniaux reconnus comme bien culturel d'importance nationale[2].
Les plans
Planifiées au début du XIXesiècle, suite à des incendies, les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle sont des témoins importants de l'évolution de l'industrie horlogère dans les Montagnes neuchâteloises. Leurs plans orthogonaux, imbriquant lieux de vie et sites de production répondent aux besoins socio-économiques de l'industrie horlogère. Lumière, facilité des déplacements, proximité entre les ateliers en sont les éléments constitutifs[3].
L'organisation et l'architecture des deux villes se sont adaptées au passage progressif d’une production artisanale, avec travail à domicile ou en petits ateliers, à une production industrielle, avec l'apparition d'usines dès la fin du XIXe siècle[1]. Cette industrie, qui remonte à la fin du XVIIesiècle, se maintient encore aujourd’hui.
La notion d'urbanisme horloger définit le développement urbain des villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds en interaction étroite avec la présence de l'industrie horlogère. Il se traduit à travers différents domaines[3].
Les deux villes doivent la typologie de leurs centres à des plans d'alignement dressés au milieu du XIXe siècle. Ces plans répondent à plusieurs besoins tels que:
faciliter les déplacements;
aérer la ville;
accompagner le développement;
tirer parti de la lumière
La lumière
Jusqu'en 1894 et 1897, dates de l'arrivée de l'électricité au Locle puis à La Chaux-de-Fonds, l'industrie horlogère est dépendante d'un bon éclairage naturel. L'orientation des fenêtres permet aux ouvrières et ouvriers de réaliser des tâches minutieuses en toutes saisons.
L'architecture
Jusqu'à la fin du XIXe siècle, lieux de vie et de production se confondent. On travaille à domicile ou dans de petits ateliers situés dans les immeubles. Les façades et la typologie interne des bâtiments témoignent encore aujourd'hui de la présence de l'industrie horlogère dans presque tous les bâtiments. Cette mixité est possible par le fait que l'horlogerie est une industrie qui génère peu de nuisances, nécessite peu de matières premières et un outillage léger.
Les savoir-faire
L'urbanisme horloger évoque la manière dont le cadre bâti de la ville s'est structuré en fonction de la présence de l'industrie horlogère. Mais le cadre bâti ne suffit pas. L'organisation spatiale fait écho aux savoir-faire des hommes et des femmes qui ont œuvré et qui œuvrent encore à La Chaux-de-Fonds, au Locle et dans l'ensemble de l'Arc jurassien. Les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d'art sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO depuis [4].
L'incendie de 1794 détruisit ce qui était alors un village. Héritier du siècle des lumières, le plan de reconstruction de ce qui sera le centre de la ville, initié par Moïse Perret-Gentil, est le fruit d'un consensus entre intérêts privés et publics. En 1834 est adopté un nouveau plan d’urbanisme dû à l'ingénieur des Ponts et Chaussées Charles-Henri Junod. Sa mise en œuvre tient compte de la sécurité et de la salubrité afin d'éviter la propagation des incendies, d'offrir des espaces nécessaires pour le jardinage, le déneigement et d'assurer l'ensoleillement pour tous[5],[6]. Ce plan accompagna le développement de la ville entre 1835 et 1910.
Bâtiments de La Chaux-de-Fonds en 1863 (souvenir du tir fédéral).
Au XIXesiècle les logements et ateliers d'horlogerie se côtoient dans les mêmes immeubles. Les ateliers étant souvent situés au dernier étage des immeubles et bénéficiaient de la lumière par de larges baies vitrées[7]. Puis au début du XXesiècle apparaît la spécialisation des bâtiments avec les fabriques[5] puis les usines.
Le Locle
Incendiée à plusieurs reprises (1683, 1765, 1833), la ville prit son aspect actuel dans le second quart du XIXesiècle, en lien étroit avec le développement de l'horlogerie.
↑L'horlogerieSite de la candidature de la ville au patrimoine mondial, consulté le 20 juillet 2008.
Bibliographie
Jean-Daniel Jeanneret, Martin Fröhlich, Nadja Maillard, Sylviane Musy-Ramseyer, Hélène Pasquier et Laurent Tissot, La Chaux-de-Fonds, Le Locle: urbanisme horloger, Le Locle, G d'Encre, , 233p. (ISBN9782940257560)
Johann Boillat et Nadja Maillard, «Le patrimoine horloger des villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle: l'expression urbanistique et architecturale d'un système productif particulier», Kunst + Architektur in der Schweiz, vol.Année 61, no2, , p.4-19
Jean-Marc Barrelet, «La Chaux-de-Fonds», Dictionnaire historique de la Suisse, (lire en ligne)