La Disparition d'Alice Creed
film sorti en 2009
From Wikipedia, the free encyclopedia
La Disparition d'Alice Creed (The Disappearance of Alice Creed) est un thriller britannique écrit et réalisé par J. Blakeson, sorti en 2009. Film indépendant se déroulant à huis clos et ne comprenant que trois personnages, il narre l'histoire de l'enlèvement d'une jeune femme (Gemma Arterton), fille d'un homme riche, par deux anciens taulards (Eddie Marsan et Martin Compston).
Martin Compston
Eddie Marsan
| Titre original | The Disappearence of Alice Creed |
|---|---|
| Réalisation | J Blakeson |
| Scénario | J Blakeson |
| Acteurs principaux |
Gemma Arterton Martin Compston Eddie Marsan |
| Sociétés de production |
Isle of Man Film CinemaNX |
| Pays de production |
|
| Genre | Thriller |
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 2009 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Blakeson voulait tourner un film à petit budget, mais eut du mal à trouver un financement, jusqu'à ce qu'une société de production accepte de l'aider et au soutien de l'île de Man. Le film fut tourné sur l'île en quatre semaines dans un plan de travail assez serré.
Le film a été présenté au Festival du film de Londres en 2009 ainsi qu'au Festival international du film de Toronto avant d'être présenté au Festival du film de Tribeca en 2010 et de connaître une sortie en salles le au Royaume-Uni et le en France. Il rencontre un succès auprès de la critique.
Le film a fait l'objet d'un remake allemand en 2019 : Kidnapping Stella.
Synopsis
Vic et Danny, qui se sont connus en prison, préparent minutieusement un projet : le kidnapping d'une jeune femme, Alice Creed, fille unique d'un homme riche. Lorsqu'ils réussissent à l'enlever, ils la séquestrent dans une chambre insonorisée. Cagoulés, ils attachent ses poignets et ses chevilles à un lit par des menottes et des cordes. Puis ils la déshabillent et la bâillonnent avec une boule en caoutchouc. Ils la photographient nue. Ils exigent de Creed, le père d'Alice, une rançon de deux millions de livres, s'il veut la revoir.
Le plan semble se dérouler sans accroc. Profitant de l'absence de Vic, parti momentanément pour appeler Creed, Danny retourne dans la chambre et voit Alice faisant signe de vouloir aller aux toilettes. Il la démenotte. Elle en profite pour s'emparer de son arme, et, dans la lutte, lâche un coup de feu. Craignant pour sa vie, Danny se démasque : il est son ancien amant. Il explique avoir tout manigancé pour extorquer de l'argent à Creed, qui a coupé les vivres à sa fille. Après quoi, il doublera Vic, et entamera une nouvelle vie avec Alice et l'argent. Il n'a pas mis Alice dans la confidence pour éviter d'éveiller les soupçons de Vic. Alice est furieuse de n'avoir pas été prévenue. Elle accepte toutefois de jouer le jeu et d'être rattachée, de peur que Vic ne les tue.
Tandis que Vic nourrit la jeune femme, Danny aperçoit la douille de la balle qu'elle a tirée. Il s'en saisit de justesse et se trouve obligé de l'avaler afin de la faire disparaître. Vic s'absente de nouveau le lendemain pour vérifier que Creed a retiré l'argent. Alice est détachée par Danny, qui couche avec elle. Elle en profite pour le menotter, tente de fuir, mais se heurte à une porte verrouillée. Elle trouve un téléphone portable et le pistolet de Danny. Elle réussit à joindre la police sans pouvoir dire où elle se trouve. Elle menace Danny de son arme pour qu'il lui donne les clefs. Celui-ci fait mine de s'exécuter, et parvient à maîtriser la jeune femme en essayant de l'étouffer. Croyant d'abord l'avoir tuée, Danny est rassuré quand il remarque qu'elle respire encore. Il la rattache.
Vic est de retour. Il annonce que l'argent a été retiré. Il va voir seul Alice. Il trouve par hasard le portable dans la poche du survêtement de la captive et découvre l'impact de balle dans le mur. Il force Alice à révéler les véritables intentions de Danny. Vic est choqué par la déloyauté de son complice, mais, lorsque celui-ci les rejoint, il ne lui dit pas ce qu'il vient d'apprendre.
Les deux hommes transportent la captive dans un van. Ils la conduisent en pleine nature, dans un entrepôt désaffecté, où ils l'enferment. Contrairement au plan initial, Vic demande à Danny de le suivre afin de récupérer la rançon dans les bois. Là, il tire sur son amant. Touché, celui-ci parvient à fuir. Vic se débarrasse de toutes les preuves compromettantes, dont le van. Il va chercher le butin. Il revient à l'entrepôt afin de tuer Alice. Mais Danny, très mal en point, surgit et tire sur Vic, le blessant grièvement. Puis il décide d'abandonner Alice, attachée, en compagnie du mourant. Il fuit dans la voiture de Vic, avec le magot. Vic, mourant, lance un trousseau de clefs à la captive pour qu'elle se libère des menottes et d'un antivol qui l'entravent au poignet et au cou.
Ayant réussi à se détacher, Alice quitte le hangar. Elle marche sur la route, où elle aperçoit bientôt la voiture. Elle y trouve Danny, mort, et l'argent. Après quelques instants de réflexion et de larmes, elle enlève le corps et quitte les lieux avec la voiture et l'argent.
Fiche technique
- Titre : La Disparition d'Alice Creed
- Titre original : The Disappearance of Alice Creed
- Réalisation et scénario : J Blakeson
- Musique : Marc Canham
- Photographie : Phillipp Blaubach
- Direction artistique : Sally Black
- Décors : Ricky Eyres
- Costumes : Julian Day
- Maquillage : Sarita Allison
- Distribution des rôles : Lucy Bevan
- Montage : Marc Eckersley
- Pays d'origine :
Royaume-Uni - Langue de tournage : anglais
- Directeur de production : Nicky Earnshaw
- Production : Adrian Sturges
- Co-production : Andrew Fingret
- Production exécutive : Steve Christian et Marc Samuelson
- Supervision de la post-production : Miranda Jones
- Sociétés de production : CinemaNX et Isle of Man Film
- Sociétés de distribution :
WestEnd Films,
Anchor Bay Films,
Haut et Court - Budget : 1 500 000 $[2]
- Format : couleur — 35 mm — 2,35:1 Arriflex, Cooke et Zeiss Master — son Dolby Digital
- Genre : thriller
- Durée : 100 minutes
- Dates de sortie[3] :
- Canada : (Festival de Toronto)
- Royaume-Uni : (Festival de Londres) ; (sortie nationale)
- France : (Festival de Beaune) ; (sortie nationale)
- Classifications :
Classification BBFC : 18[N 1]
Classification MPAA : R (Restricted) (visa d'exploitation no 45998)[N 2]
Classification CNC : interdit aux moins de 12 ans, Art et Essai (visa d'exploitation no 125916 délivré le [4])
Distribution
- Gemma Arterton (V.F. : Marion Nguyem Phe) : Alice Creed
- Eddie Marsan (V.F. : Philippe Allard) : Vic
- Martin Compston (V.F. : Sébastien Hébrant) : Danny
- Source et légende : Version Française (V.F.) sur Cinéclap[5]
Production
Développement
L'idée de La Disparition d'Alice Creed est venue du réalisateur et scénariste J Blakeson, co-scénariste de The Descent 2, qui avait envie de réaliser un film avec un petit budget, à savoir 100 000 £, impliquant à une économie de personnages et de lieux[6]. Blakeson voulait s'amuser à explorer un concept simple, en le poussant dans ses retranchements, à la manière de Panic Room, de David Fincher[6]. Selon le jeune réalisateur débutant, son projet ne respecte les codes du film de kidnapping traditionnel[6]. Au début, Blakeson eut du mal à trouver du financement, car si le scénario plaisait, certains producteurs, qui étaient prêts à le financer, trouve que c'est un problème qu'il soit encore débutant[6]. De plus, aucun ne voulaient lui confier la réalisation[6]. Il réussit, toutefois, à trouver une aide financière et le soutien de l'île de Man, un archipel anglais indépendant, grâce à la société CinémaNX[6].
Casting
Le casting de La Disparition d'Alice Creed contient la particularité de n'avoir que trois acteurs, à savoir Gemma Arterton dans le rôle de la jeune femme kidnappée et Eddie Marsan et Martin Compston incarnant les deux ravisseurs de cette dernière.

Gemma Arterton, presque inconnue au moment du tournage, est choisie pour le rôle-titre, car elle fut immédiatement attirée par le personnage et que, selon elle, c'était un défi qu'elle a eu envie de réaliser[6]. Pour la jeune actrice britannique, elle aborda « le rôle comme un défi » car « Alice Creed est prisonnière dans une chambre de 10m², elle est attachée à un lit » et que « si elle semble dans un premier temps être une victime, cela peut changer »[6].
Les deux kidnappeurs, Danny et Vic, sont respectivement incarnés par Martin Compston, ancien footballeur professionnel révélé par son rôle dans Sweet Sixteen, de Ken Loach et Eddie Marsan, connu pour son rôle de l'inspecteur Lestrade dans Sherlock Holmes, de Guy Ritchie, mais également pour sa participation dans Vera Drake, 21 Grammes et Be Happy, qui lui ont valu des prix d'interprétations. Pour Marsan, son personnage « a l’ascendant sur le duo de kidnappeurs » et « est celui qui a tout planifié et il est le plus expérimenté… mais aussi le plus instable des deux », tandis que pour Compston, le personnage qu'il interprète est un « petit enfoiré manipulateur » et qu'« il est très opportuniste et vit le moment présent » car « il ne pense pas aux conséquences de ses actes et finit par s’emmêler dans ses mensonges »[6].
Tournage

La Disparition d'Alice Creed s'est tourné sur l'Île de Man, pour des raisons financières[6], en quatre semaines[7]. Le plan de travail est très serré, ne laissant peu de place à l'improvisation, toutefois Blakeson apporta quelques corrections à une ligne de dialogue qui ne pourrait pas correspondre à l'interprétation du personnage par l’acteur[6]. Le tournage était assez difficile, puisque les scènes de l'appartement furent tournés dans l'ordre chronologique, devant respecter un délai de trois mois pour corriger, monter l'équipe et répéter[6]. L'équipe discuta sur la façon de filmer Arterton pour qu’elle ne se sente pas utilisée comme un objet[6]. De plus, Blakeson avait pour objectif de respecter les délais, de savoir gérer la vitesse et l’intensité d'exécution et selon lui, « tout le monde était professionnel »[6].
Pour Arterton, le tournage n'était pas de tout repos, puisque le plus dur pour elle a été de se voir réduite à l’état d’objet, attachée et vulnérable, car pendant toute la première partie du film, soit on ne voit pas son visage, soit elle est terrifiée et qu'il fallait donc qu’elle gère parfaitement sa concentration pour se mettre dans cet état psychologique. Selon Blakeson, « ça a été une épreuve physique plus qu’un challenge d’interprétation » car « elle devait trouver en elle cette intensité et cette peur, sans pour autant se limiter à incarner une victime qui pleure et qui crie »[6]. Arterton ne disposait que de courtes pauses entre chaque plan, ayant selon les propos du réalisateur, « vraiment vécu en captivité ! », alors que l'équipe a tout fait pour rendre cela le moins désagréable possible en lui apportant le plus de confort qu'ils pouvaient lui proposer[6].
Pour la photographie, Blakeson l'a confié à Philipp Blaubach, qui a travaillé sur Ultime évasion et un thriller horrifique à petit budget, Hush[7]. Le réalisateur voulait une image très stylisée, partageant ses références et sa vision du film à Blaubach, parlant également des choix de caméra, d’objectifs et en optant pour une caméra numérique RED, afin d'offrir une belle image dans « cet univers pourtant assez laid », rappelant les films des années 1970[6].
Pour le montage, confié à Mark Eckersley, tout a été story-boardé, mais il fut parfois nécessaire de trouver le bon rythme dans la salle de montage afin de faire avancer l’histoire sans pour autant se précipiter, comme pour la scène de la soupe, par exemple, qui a été très difficile à monter car il a fallu trouver, en autres, la bonne durée et insuffler le rythme idéal, faisant une vingtaine de versions avant d’être satisfaits[6].
Box-office
Sorti le au Royaume-Uni dans 67 salles, La Disparition d'Alice Creed prend la douzième place du box-office avec 142,324 £, pour une moyenne de 2,124 £ par salles pour son premier week-end d'exploitation[8]. En second week-end, le long-métrage engrange 51,105 £, pour une moyenne de 824 £ par salles, avec une perte de 64 % de ses bénéfices et de cinq salles. Le total des revenues brutes atteignent 310,254 £[9]. Le film a engrangé un total brut de 357,583 £ de recettes lors de son troisième week-end à l'affiche, ayant engrangé 22,429 £ au cours de cette période, pour 440 £ dans les 51 salles à le diffuser, soit une perte de 56%[10]. Le film finit à la 51e place du box-office britannique avec 391,908 £, après être resté sept semaines à l'affiche[11].
Le film totalise 1 605 139 $ de recettes mondiales, dont 166,980 $ en sortie limitée aux États-Unis[12],[13]. En France, distribué dans 59 salles, le film totalise 38 243 entrées[14].
Réception critique
La Disparition d'Alice Creed a rencontré un accueil globalement favorable dès sa sortie en salles, obtenant 82 % d'avis positifs sur le site Rotten Tomatoes, basé sur 92 commentaires collectés et une note moyenne de 6,9⁄10[15], ainsi qu'un score de 69⁄100 sur le site Metacritic, basé sur 19 commentaires collectés[16].
En France, l'accueil est également positif, mais toutefois modéré, puisqu'il obtient une moyenne de 3⁄5 sur le site AlloCiné, basé sur 19 commentaires collectés[17].
Distinctions
- 2009 : Nomination au British Independent Film Awards dans la catégorie Raindance Award
- 2011 : Nomination au Evening Standard British Film Awards dans la catégorie meilleur acteur pour Eddie Marsan
- 2011 : Nomination au London Critics Circle Film Awards dans la catégorie Nouveau réalisateur britannique pour J Blakeson