La Vierge aux œillets

peinture de Raphaël From Wikipedia, the free encyclopedia

La Vierge aux œillets, voire La Madone aux œillets[1] (en italien : La Madonna dei garofani) est une peinture religieuse de Raphaël, probablement peinte à la fin de son séjour à Florence, conservé à la National Gallery, à Londres.

Artiste
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Vierge aux œillets
Artiste
Date
Type
Technique
Dimensions (H × L)
27,9 × 22,4 cm
Mouvement
Propriétaire
No d’inventaire
NG6596Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
National Gallery, Londres (Royaume-Uni)
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Description

La composition est largement inspirée de celle de la Madonna Benois de Léonard de Vinci. Les deux personnages, la Vierge Marie et l'Enfant Jésus sont dans un intérieur faiblement éclairé et tiennent des œillets, dont le nom botanique dianthus ( grec pour « fleur de Dieu ») annonce la Passion du Christ, selon la légende chrétienne[2]. Un paysage avec une construction en ruines apparaît dans la baie cintrée, faisant peut-être allusion à la Fortezza Albornoz à l’ouest du Palazzo Ducale d'Urbino[3].

Matériaux constitutifs de la peinture

La palette acide du tableau londonnien est relativement limitée par rapport aux autres œuvres de Raphaël[4]. Le ciel et la draperie bleue de la Vierge sont peints en outremer naturel et en azurite ; l'artiste a en outre utilisé du jaune de plomb et d'étain, de la malachite et du vert-de-gris[5]. L'oeuvre est peinte à l'huile sur panneau de bois d'if [Taxus baccata][6]. Le matériau utilisé pour le support est à ce jour sans parallèle dans la peinture de la renaissance italienne[7].

Provenance

Le sujet et les dimensions du tableau, guère plus grand qu'un livre d'heures, suggèrent qu'il a été destiné à servir d'aide pour la prière. Bien que Raphaël ait travaillé presque exclusivement pour la famille ducale des Feltri-Roveri dans sa ville natale d'Urbino au cours de ces années de jeunesse, l'identité de son commanditaire d'origine est inconnue : l’inventaire des années 1850 qui mentionne, comme destinataire, une certaine Maddalena degli Oddi, prétendument membre d'une importante famille pérugine, a probablement été falsifié[8]. Au XIXe siècle, le tableau était la propriété du peintre romain Vincenzo Camuccini ; il aurait été acheté aux Barberini, dans des circonstances douteuses, par son frère Pietro Camuccini, le tristement célèbre marchand d'art et faussaire en série[9].

Attribution à Raphaël

Ce n'est qu'en 1991 que le tableau londonien fut attribué à Raphaël par l'historien de l'art Nicholas Penny[10]. Les spécialistes de Raphaël connaissaient l’œuvre accrochée dans le château d'Alnwick depuis le milieu du 19e siècle, mais la considéraient comme une des meilleures copies d'un tableau original disparu. Après un appel public, la Madone aux œillets fut achetée en 2004 par la National Gallery pour la somme 34,88 millions de livres sterling à Ralph Percy, 12e duc de Northumberland. Le musée londonien a bénéficié de contributions de l'Heritage Lottery Fund et du National Art Collections Fund[11]. Pour justifier la dépense, la National Gallery organisa une tournée nationale pour présenter l’œuvre, à Manchester, Cardiff, Édimbourg et Barnard Castle.

Les attributions de Nicholas Penny et de la National Gallery ont été contestées. L'un des premiers critiques modernes de l'attribution du tableau de la National Gallery à Raphaël, est James Beck, professeur à la Colombia University de New York et spécialiste du peintre, qui exposa ses arguments dans une série d'articles publiés dans la presse, dans diverses revues savantes[12], et plus largement dans une publication posthume, From Duccio to Raphael: Connoisseurship in Crisis (2007). Brian Sewell a également critiqué le tableau pour sa qualité médiocre et sa possible contrefaçon, soulignant que la jambe droite de la Madone semble déconnectée de son corps[13].

Le professeur James Beck propose d'identifier, comme auteur de la "copie londonienne", le peintre romain connu sous le nom de « Nouveau Raphaël », Vincenzo Camuccini, sans pouvoir le démontrer absolument. Cependant, dans la dernière édition de son ouvrage intitulé 72 Virgins, son ancien élève, Jan Sammer mentionne une copie récemment découverte, réalisée en par la star allemande Electrine von Freyberg, née Stuntz, au domicile de Camuccini : il considère ce tableau comme une preuve définitive de la falsification moderne. Le dessin au pinceau et à l'encre a beaucoup de points communs avec l’œuvre londonienne (les drapés, divers détails) et sont conformes au style de Raphaël de 1505. Les visages, en revanche, diffèrent de l'exemplaire londonien, qui présentent quant-à-eux un catalogue complet de particularités néo-classiques, typiques du style de Vincenzo Camuccini[14].

Notes

Références

Liens externes

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