La Mort de Staline (film)

film d'Armando Iannucci sorti en 2018 From Wikipedia, the free encyclopedia

La Mort de Staline (The Death of Stalin) est une comédie satirique d'Armando Iannucci, sortie en 2017. Cette adaptation  produite conjointement au Royaume-uni, en France et en Belgique  de la bande dessinée française homonyme de Thierry Robin et Fabien Nury[1].

Titre original The Death of Stalin
Réalisation Armando Iannucci
Scénario Armando Iannucci
Ian Martin
David Schneider
Peter Fellows
Musique Chris Willis
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
La Mort de Staline
Description de cette image, également commentée ci-après
logo du film
Titre original The Death of Stalin
Réalisation Armando Iannucci
Scénario Armando Iannucci
Ian Martin
David Schneider
Peter Fellows
Musique Chris Willis
Acteurs principaux Steve Buscemi
Simon Russell Beale
Paddy Considine
Rupert Friend
Jason Isaacs
Sociétés de production Main Journey
Quad Productions
Pays de production Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Comédie noire
Durée 106 minutes
Sortie 2017

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Synopsis

Le film débute par les deux concerts successifs du Concerto pour piano no 23 de Mozart interprété par la pianiste Maria Youdina, le premier, public, suivi du second, improvisé pour réaliser l’enregistrement demandé par Staline à la fin du premier concert. Pour obtenir des conditions acoustiques identiques, notamment par les applaudissements, des passants dans la rue viennent remplacer les spectateurs qui avaient déjà quitté la salle de concert.

Le chef d’orchestre, victime d’une chute, est remplacé par un chef ramené de son domicile, sorti brusquement du lit, alors que plusieurs arrestations sont menées par le NKVD, sur ordres directs de Staline qui en a rédigé la liste, tout en écoutant le concert, avec Lavrenti Beria.

Le chef d'orchestre remplaçant dirige le second concert, toujours en pyjama. L'enregistrement est confié à des agents du NKVD, pour le remettre à Staline qui s'impatiente dans sa Datcha. Le dictateur est victime d’un malaise à la lecture d’un billet accusateur inséré dans la pochette du disque par la concertiste, dont les proches ont été assassinés sur ordre de Staline. Malgré le bruit de sa chute sur le sol, les gardes qui veillaient devant sa porte ne bougent pas de peur de déranger Staline et que ce dernier soit les fasse exécuter, soit envoyer au goulag.

Le film décrit par la suite les luttes de pouvoir à l’intérieur du cercle dirigeant (les sept principaux membres du Politburo) qui s’amorcent dès l’agonie de Staline en et se développent dans les jours suivant, jusqu'aux funérailles.

Le film se termine par l’exécution de Beria, le chef sanguinaire du NKVD et le plus déterminé de tous à obtenir le pouvoir suprême. Beria faisait planer une menace sur les autres membres du bureau politique, étant entré le premier dans le bureau de Staline pendant son agonie pour récupérer dans son coffre les dossiers personnels de tous les membres du Politburo.

Beria en tant que chef du NKVD, était en opposition constante avec l'Armée Rouge et avec son chef le prestigieux maréchal Joukov, qui accepta de rejoindre le complot pour faire chuter Beria.

La scène finale montre Khrouchtchev — nommé entre-temps chef de l’Union soviétique — assistant à un concert de Maria Youdina, observé par Leonid Brejnev, qui le renversera onze années plus tard.

Fiche technique

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

Distribution

Production

Genèse et développement

Le lancement de la réalisation du film a été annoncé lors du Festival de Cannes 2016[2].

Attribution des rôles

Tournage

Armando Iannucci et l’équipe du tournage commencent les prises de vues le [2].

Accueil

Promotion

Le "G" de Gaumont est remplacé par le marteau et la faucille, symboles du communisme léniniste.
Logo Gaumont pour la promotion du film.

En , la bande annonce officielle est dévoilée[3]. Parallèlement, le Parti communiste de la fédération de Russie exige que le film soit censuré dans le pays au prétexte qu'il discrédite la mémoire de Staline[4]. En , le gouvernement décide d'empêcher la sortie du film sur son territoire[5]. Pour Vladimir Medinski, le ministre russe de la Culture : « Beaucoup de gens d’âge mûr considèrent ce film comme une farce méprisante envers notre passé soviétique, envers notre pays qui a vaincu le fascisme, envers l’armée soviétique (…) et, plus rebutant encore, envers les victimes du stalinisme[6]. »

Festivals et sorties

La Mort de Staline est sélectionné et projeté le au Festival international du film de Toronto, avant la sortie nationale prévue le au Royaume-Uni.

En France, le film est sorti le .

Il est diffusé en avant-première le dans le cadre de la dixième semaine du cinéma britannique à Bruz.

Le film s'est vu interdit de diffusion deux jours avant sa sortie en Russie par le ministère de la culture, au motif que le film « s'en prend à des symboles nationaux. »

Critiques

En France, le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,2/5[7].

Pour Samuel Douhaire de Télérama, « Armando Iannucci, maître de la satire politique l'a bien compris : dans son récit de l'agonie du « Petit Père des peuples », puis de sa guerre de succession éclair, l’angoisse des personnages est, à juste titre, permanente. Mais son intensité confine à l’absurde. Et transforme tout — les situations, les paroles, les êtres humains — en caricature. Donc, en farce. »[8].

Pour Jacques Mandelbaum du Monde, « Spécialiste de la satire politique à la mode anglaise, Armando Iannucci imagine pour son deuxième long métrage de nous plonger dans les coulisses sanglantes de la succession de Joseph Staline. […] La Mort de Staline accuse toutefois quelques handicaps qui l'entravent. La langue anglaise, pour commencer, qui nuit au réalisme de la situation[9]. Le côté théâtre de l'absurde, qui n'est pas à la mesure de l'ignominie du sujet »[10].

Pour Jean Serroy du Dauphiné Libéré « Les acteurs de la tragicomédie sont tous là, avec toute la vérité hilarante de la caricature, dans des jeux de pouvoir dont le machiavélisme a quelque chose de shakespearien. »

Box-office

Distinctions

Récompenses

Nominations et sélections

Commentaires

Le film surcharge satiriquement les circonstances de la mort, mais les présente néanmoins largement en fonction de la réalité historique. Staline n’a été retrouvé que de nombreuses heures après son accident vasculaire cérébral, car personne n’osait entrer dans sa chambre sans être sollicité et sans qu’aucun médecin ne soit appelé tant que tous les membres du Politburo n’étaient pas réunis à la Datcha de Staline à Kuntsevo. La scène de la mort, dans laquelle Staline ouvre brièvement les yeux et lève un doigt menaçant, a ainsi été attestée par quelques personnes présentes. De même, il est conforme aux faits historiques que quelques-uns des meilleurs médecins de l’Union soviétique, y compris le médecin personnel de Staline, avaient été arrêtés peu de temps avant la mort de Staline dans le complot des blouses blanches visant principalement les médecins d’origine juive. Beaucoup des scènes cinématographiques apparemment grotesques se sont réellement déroulées mais pas toujours dans les contextes montrés, car l’action cinématographique mélange la fiction, les événements réels à leur date exacte et ceux de l’année qui a suivi la mort de Staline en comprimant sur une durée de quelques jours.

Iannucci a dit: « Je ne veux pas dire que c’est un documentaire. L’intrigue du film est condensée, mais c’est une poésie inspirée de la réalité : mon but était que le public ressente cette terreur comme elle était perçue à l’époque ». En effet, de nombreuses personnes, comme cela est historiquement prouvé, ont proclamé « Longue vie à Staline ! » avant leur assassinat par les commandos de Staline[13].

Le film diffère de la réalité historique dans plusieurs passages.

Le concert donné uniquement pour réaliser un enregistrement du concerto pour piano n ° 23 de Mozart pour Staline, a eu lieu non avant sa mort mais quelques années avant les événements décrits. Staline avait alors fait remettre en remerciement 50 000 roubles à la pianiste Maria Judina, qui l’aurait toutefois renvoyée au dictateur par une lettre dans laquelle elle avait écrit qu’elle donnerait cet argent à son église pour prier pour son âme en raison des crimes qu'il avait commis contre le peuple russe. Staline n'y répondit jamais. Cet enregistrement était sur le tourne-disques dans la chambre de Staline à sa mort. Staline écoute ce concerto dans le film une exécution ordinaire se déroulant les jours avant sa mort.

L’accident d’avion qui a causé la mort de la plupart des joueurs de l’équipe de hockey de l’association sportive WWS MWO Moscou a également eu lieu. Le fils de Staline, Vassili, forma une nouvelle équipe pour que son père n’apprenne pas l’accident d’avion.

Le sort de la fille de Staline, Svetlana, décrit dans le film, ne correspond pas à la réalité : elle a demandé l’asile à l’ambassade des États-Unis à New Delhi lors d’un voyage à l’étranger en Inde en 1966, ce qui lui a été accordé.

Contrairement à ce qui est montré, Vassili Staline n’a pas été autorisé à prononcer un discours lors des funérailles.

Plus de 500 personnes sont mortes dans les bousculades autour de la Place Rouge lors des funérailles le mais contrairement à ce que montre le film, il n’y a pas eu d’exécutions de foules par les troupes de la police politique MGB sous les ordres de Béria.

L’arrestation de Béria se serait probablement déroulée à peu près comme dans la scène du film mais fin et non immédiatement après la mort de Staline. La date et la forme de son exécution reste encore débattues par les historiens mais elle aurait eu lieu immédiatement après un jugement en .

Notes et références

Annexes

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