Charles Juliet avait, au début de l'écriture en 1983, l'intention d'écrire ce livre sous forme d'une « lettre » à sa mère. Ce livre était un projet de longue date : l'auteur a longuement enquêté et réfléchi sur la vie de sa mère biologique, qu'il n'a pas connue, et après un premier jet, l'écriture s'arrête et ne reprend qu'en 1995.
Ce livre se présente donc comme tel : il utilise le pronom tu, ce qui est la principale particularité de cette autobiographie. Dans la première partie, il s'adresse à sa mère biologique en utilisant ce « tu », qu'il s'attribue, sur un ton autobiographique, dans la deuxième partie. Par contre, il parle de sa mère adoptive par le pronom « elle », mais s'en distancie très peu, si ce n'est du fait de l'éloignement géographique lors de ses études. Cet usage original de la deuxième personne du singulier dans le récit peut laisser penser, vu les thèmes abordés (non-dits et dépression de la mère, dépression de l'auteur), à une tentative d'autopsychanalyse transgénérationnelle.
À de nombreux points de vue, la construction de ce livre rappelle des « lambeaux » même si Charles Juliet a déclaré ne pas en avoir conscience en écrivant ce livre. La disposition des paragraphes tout comme le déroulement du récit suggèrent en effet des fragments d'écrits, agencés toutefois de manière à former un tout cohérent, retraçant ainsi l'état d'esprit des personnages.
Cet ouvrage est cependant considéré avant tout comme « un livre d'espoir », démontrant qu'il est toujours possible de vaincre la dépression et de mener finalement une existence d'autant plus heureuse qu'avant
Une autre particularité de ce roman est qu'il n'y a aucun nom propre, aucun nom de villes ou villages ou presque, parfois la première lettre, aucune information de temps, malgré quelques passages qui nous donnent une idée.