Le jeune berger Endymion, plongé dans un sommeil éternel, reçoit la visite nocturne de la déesse de la Lune (Diane ou Séléné) qui s'est éprise de sa beauté.
Zeus permet à Endymion de choisir son destin ; celui-ci a préféré vivre éternellement, sans que le temps n'altère ni sa jeunesse ni sa beauté, mais il y a un prix qui est celui de rester plongé pour toujours dans un profond sommeil.
Ce tableau est composé de plusieurs personnages en une scène explicite qui relève de l'ekphrasis[3] ; certes, Girodet est aussi le peintre de l’ut pictura poesis.
La déesse est figurée sous la forme d'un rayon de lune dont la lumière — Zéphyr aidant à écarter l'ombrage des buissons — inonde le corps nu et alangui du berger reposant dans une grotte du mont Latmos.
Lucien de Samosate, dans son dialogue des dieux[4], décrit la scène : "SÉLÉNÉ. – Très mignon. Ma chère, tu devrais le voir quand il laisse tomber sa tunique sur le rocher et s’endort ainsi… Son javelot glisse de sa main gauche, son bras droit arrondi vers le haut encadre joliment son visage, il respire doucement dans l’abandon du sommeil[5]."
La grotte où dort Endymion s’ouvre sur les flancs du mont Latmos en Carie.
Selon Annie COLLOGNAT : "Les commentateurs rationalistes voient en Endymion un savant astronome, capable de calculer les phases de la lune, et qui, ayant consacré ses nuits à l’observation des astres, devait nécessairement dormir le jour[5].