Simon Leys a regroupé dans ce livre quelques-unes de ses chroniques sous un titre énigmatique : Le Studio de l'inutilité[1]. Il raconte dans ce livre qu'après avoir étudié à Taiwan, il vit pendant deux ans à Hong Kong, avec trois amis, dans une cahute surnommée le studio de l'inutilité[2]. Cette dénomination a pour origine une calligraphie, accrochée au mur, il y était écrit : « Wu Yong Tang », « le studio de l'inutilité » [3]. Il s'agit, selon Simon Leys, d'une allusion à un conte chinois où il est indiqué que « durant leur jeunesse et durant leur période de formation, les talents d’hommes vraiment supérieurs doivent rester cachés »[1].
Simon Leys évoque la « cécité » des maoïstes français comme Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Julia Kristeva, Philippe Sollers, dont la majorité avaient séjourné en « délégation d’intellectuels » invités en Chine en 1974 alors que la Révolution culturelle s’y développait. Sollers expliquera plus tard qu'il s'agissait d'une « erreur de jeunesse »[4].
Un chapitre du livre est consacré à l'écrivain anglais G.K. Chesterton. C'est le seul texte inédit de l'ouvrage, Simon Leys ayant seulement effectué une communication à la Chesterton Society, en 1997. Le titre du chapitre est Le poète qui dansait avec une centaine de jambes [5]. Simon Leys évoque Victor Segalen[N 1], Henri Michaux, Joseph Conrad, Vladimir Nabokov ou encore l'écrivain chinois Liu Xiaobo[N 2], auteur de La Philosophie du porc et prix Nobel de la paix en 2010[6].