Les Fragments d'institutions républicaines
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| Fragments d'institutions républicaines | |
Louis-Antoine de Saint-Just, Notes et fragments autographes sur les institutions républicaines. Fragments intitulés : « Institutions du commerce » et « Des contrats », (p.33-34, vue no 64/127 sur Gallica BnF ; point no 22 du plan détaillé, p.1108 de l'édition 2004)[1]. | |
| Bibliothèque | Bibliothèque nationale de France |
|---|---|
| Lieu d'origine | France |
| Support | Papier |
| Datation | vers 1793 |
| Langue | Français |
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Les Fragments d'institutions républicaines sont un manuscrit inachevé rédigé par Louis Antoine de Saint-Just, destinés à la rédaction d'un ouvrage : Institutions républicaines.
Ces fragments sont des esquisses de la pensée théorique de l'auteur. Ils auraient été rédigés entre l'automne 1793 et [2]. Selon Miguel Abensour dans son édition des œuvres de Saint-Just, « ce manuscrit était comme un 'réservoir' où Saint-Just allait puiser les principes des discours à venir »[3]. En effet, ce texte est rangé dans la catégorie n°IV « Écrits théoriques » aux côtés du manuscrit De la Nature [4] qui l'a beaucoup inspiré[5].
Ces textes sont considérés comme importants pour la connaissance de l'époque et de Saint-Just[6].
Dans l'édition de M. Abensour de 2004, le manuscrit est présenté différemment des éditions précédentes. L'éditeur entend en effet présenter l'ensemble du texte dans "l'état actuel du manuscrit comme l'avait fait Alain Liénard[7]"[8]. Le texte est donc en trois parties. D'abord le manuscrit, ensuite le carnet et enfin les fragments de l'édition Fayolle de 1800, ce qui le distingue de l'édition d'Alain Liénard.
Le manuscrit se répartit comme suit:
- Préambule
- De la société
Puis un plan détaillé où chaque point est inégalement détaillé:
- Institutions domestiques
- Institutions morales
- Institutions civiles
- Institutions politiques (p. 1098)
- Institutions de l'enfance et de la jeunesse
- Institution des écoles (p. 1099
- Institutions paternelles
- Instituteurs
- Institutions de la jeunesse
- Institutions de l'éducation (p. 1100)
- Des affections (p. 1102)
- Institutions morales (p. 1103)
- Institutions des [sur les] moeurs
- Institutions sur le luxe et les richesses (p. 1105)
- Institutions somptuaires
- Des assemblées dans les temples
- Institutions sur les morts (p. 1106)
- Institutions des fêtes
- Institutions militaires (p. 1107)
- Des conjurations et de la police en temps de guerre
- Moeurs des armées
- Institutions du commerce (p. 1108)
- Des contrats
- Institutions rurales ( p. 1109) puis un développement plus long
- Proclamation solennelle des lois générales (p. 1117)
- Institutions pour les garanties (p. 1119)
- Institutions politiques pendant la guerre
- Du domaine public (p. 1120)
- Hérédité (p. 1121)
- De l'adoption (p. 1122)
- De la communauté (p. 1123)
- De la tutelle (1124)
- Institutions domestiques (bis)
- Enfants (p. 1125)
Puis une succession de fragments divers
Le carnet comprend un passage intitulé "De la corruption des lois" suivi de 18 fragments[9].
Enfin, le complément au carnet en un seul bloc.
Interprétation
Dans la lignée du manuscrit De la Nature, Saint-Just développe comment les "institutions"[10] contribuent à l'établissement et au maitien de ce qu'il considère comme étant une organisation idéale de l'humanité. Même l'éditeur M. Abensour ne donne toutefois qu'une définition par les buts visés de ce que constituent ces "institutions":
Il s'agit à la fois d'instituer les moeurs de l'homme "en révolution", et ses rapports avec les autres citoyens."[11]
L'évolution récente du manuscrit autant que son caractère fragmentaire en font bien un réservoir, c'est-à-dire un ensemble hétérogène et difficile à appréhender[3].
D'abord, on trouve des propositions concernant l'éducation et de la prise en charge des enfants. Saint-Just soutient ainsi dans "Institutions de l'enfance et de la jeunesse" et "Institution des écoles" que les enfants devraient suivre la planification suivante: entre 5 et 10 ans ils apprendraient "à lire, à écrire, à nager." (p. 1099, §9), "L'éducation des enfants depuis 10 jusqu'à 16 [ans] est militaire et agricole." (p. 1099, §18) et enfin "Depuis 16 jusqu'à 21 [ans], les enfants entrent dans les arts[12]. Dans "Institutions paternelles" (p. 1100), il défend l'idée que les enfants peuvent quitter leurs parents à l'âge de 5 ans et se voir nommer un tuteur par le peuple[13].
Il y a aussi des propositions sur l'enseignement, dans "Institutions sur l'éducation", le correspondant de Robespierre[14] souhaite que les instituteurs des 5-10 ans soient âgés d'au moins 60 ans. À propos des programmes éducatifs, il évoque aussi l'attribution de "prix d'éloquence" (p. 1101) dans les lycées. Le but de l'institution de tels prix est de favoriser le laconisme, c'est-à-dire "Façon d'exprimer ou de s'exprimer brièvement, sans beaucoup de détails; p. méton. ce qui est exprimé de la sorte."[15]. Pratiquement, Saint-Just voudrait récompenser [16]:
celui qui aura proféré une parole sublime dans un péril qui, par une harangue sage, aura sauvé la patrie, rappelé le peuple aux moeurs, rallié les soldats
Il précise plus loin vouloir également donner le prix de la poésie uniquement à l'ode ou à l'épopée (p. 1101)[17].