Ligne de Béchar à Gara Djebilet

ligne de chemin de fer algérienne From Wikipedia, the free encyclopedia

La ligne de Béchar à Gara Djebilet est l'une des lignes du réseau ferroviaire algérien. Longue de 950 km, elle relie Béchar (dans la wilaya de Béchar) à la mine de Gara Djebilet (dans la wilaya de Tindouf).

PaysDrapeau de l'Algérie Algérie
Mise en service 
Longueur950 km
Faits en bref Pays, Villes desservies ...
Ligne de
Béchar à Gara Djebilet
Image illustrative de l’article Ligne de Béchar à Gara Djebilet
Carte de la ligne.
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Villes desservies Béchar,
Abadla,
Hammaguir,
Tabelbala,
Hassi Khébi,
Oum El Assel,
Tindouf
Historique
Mise en service  
Caractéristiques techniques
Longueur 950 km
Écartement standard (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies simple voie
Trafic
Propriétaire SNTF
Exploitant(s) SNTF
Trafic Grandes Lignes (de Béchar à Tindouf)
Fret (de Béchar à Tindouf)
Minerai (de Béchar à Gara Djebilet)
Fermer

Cette ligne constitue le plus grand projet ferroviaire de l'histoire de l'Algérie. Son objectif majeur est de permettre l'exploitation et le transport par voie ferrée du minerai de fer du gisement de Gara Djebilet à destination des complexes sidérurgiques algériens ou vers le port d'Arzew pour l'exportation du minerai.

Les travaux de construction de la ligne ont débuté en . Une première section, d'une longueur de 100 km entre Béchar et Abadla, a été mise en service en . La construction de la ligne ferroviaire est entièrement achevée en . Elle est inaugurée et mise en service le , permettant la circulation des trains de voyageurs entre Béchar, Tindouf et Gara Djebilet ainsi que des premiers trains minéraliers entre la mine de Gara Djebilet et le complexe sidérurgique de Bethioua, à l'ouest d'Oran, via un corridor ferrovaire de près de 1 650 km de long.

La ligne, achevée en 24 mois par un groupement d'entreprises algériennes et la société chinoise CRC, se situe entièrement dans l'Ouest du Sahara algérien. Construite dans un environnement climatique extrême, où les températures peuvent parfois dépasser 50 °C, avec des vents puissants tels que le sirocco et des tempêtes de sables ; sur des terrains constitués de plateaux arides (hamadas), des accumulations sableuses (ergs) et de larges oueds souvent à sec mais pouvant provoquer des inondations lors de périodes de pluies intenses ; elle a nécessité la mise en place de dispositifs sépcifiques pour protéger les rails, les appareils de voies et le matériel roulant des conséquences de cet environnement morpho-climatique difficile.

Histoire

La construction d'une ligne ferroviaire en plein Sahara algérien entre Béchar et Gara Djebilet, sur une longueur de 950 km, a débuté en [1],[2],[3]. L'objectif majeur de cette ligne est de permettre le transport par voie ferrée du minerai de fer extrait de la mine de Gara Djebilet à destination d'unités d'exploitation dans le nord de l'Algérie ou vers le port d'Arzew en vue de son exportation[4].

Phasage

La construction de la ligne a été découpée en trois tronçons[Note 1],[5],[6] :

  • tronçon no 1 : Béchar – Hammaguir (200 km), subdivisé en deux parties :
    • section de Béchar à Abadla (100 km) ;
    • section d'Abadla à Hammaguir (100 km) ;
  • tronçon no 2 : TindoufOum El Assel (175 km) ;
  • tronçon no 3 : Hammaguir – Oum El Assel et Tindouf – Gara Djebilet (575 km), subdivisé en deux parties :
    • section de Hammaguir à Oum El Assel (440 km) ;
    • section de Tindouf à Gara Djebilet (135 km).

La réalisation des tronçons no 1 et no 2 a été confiée à des groupements d'entreprises algériennes : Cosider TP, Infrarail, ENGOA (Entreprise nationale des grands ouvrage d'art), SEROR (Société d'études & de réalisation d'ouvrages d'art), EPTP de Béchar (Entreprise publique de travaux publics de Béchar) et EPTP Alger (Entreprise publique de travaux publics d'Alger) pour le premier tronçon de Béchar à Hammaguir ; SNTP (Société nationale des travaux publics), ENGCB (Entreprise nationale de génie civil et bâtiment), Infrafer, Infrarail, SEROR et Sapta pour le second tronçon de Tindouf à Oum El Assel[7],[8],[9],[10].

Le troisième tronçon, le plus complexe compte tenu de la nature des sols et des conditions climatiques extrêmes telles que les tempêtes de sables et les fortes chaleurs[1], est confié à groupement sino-algérien constitué des entreprises CRCC[11], et Cosider TP[7],[8], [9],[10]. À cet effet, CRCC a construit près de Tindouf une usine d'une superficie de 91 000 m2 pour la construction de 1,2 million de traverses en béton[11],[12]. Les entreprises ont élaboré de nouvelles normes et des technologies pour la pose et le soudage des rails de lignes ferroviaires de transport de marchandises lourdes en zone désertique pour les lignes ferroviaires de transport de marchandises lourdes en zones désertiques[13].

Infrastructures

Le projet prévoit la création de sept gares de voyageurs et de marchandises à Abadla, Hammaguir, Hassi Khebi, Tabelbala, Oum el Assel, Tindouf et Gara Djebilet ainsi qu'une gare de chargement de minerai à Gara Djebilet et une gare de déchargement dans la zone industrielle de Toumiat à Béchar[3], une gare de jonction ainsi que trente stations de croisement dont deux gares de bifurcation[14],[15]. Soit environ une quarantaine de gares et stations permettant notamment de fluidifier le trafic ou le retournement des trains[11].

Le complexe sidérurgique de Toumiat, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Béchar, sera desservi par une bretelle ferroviaire raccordée à la ligne de Oued Tlelat à Béchar. Cette bretelle permettra la livraison du minerai en provenance de Gara Djelibet et l'expédition des produits sidérurgiques vers les villes du nord de l'Algérie. Le site industriel de Toumiat disposera notamment d'une unité de production de concentré de minerai de fer pour la production de rails et de profilés en acier et une unité de fabrication de wagons pour le transport du minerai de fer de Gara-Djebilet vers Béchar et le complexe sidérurgique de Bethioua[16],[17],[18].

Achèvements

La section entre Béchar et Abadla est inaugurée et mise en service le [19].

La construction de la section terminale de la ligne, de Tindouf à Gara Djebilet, est achevée le [1],[20],[21],[22].

En , le groupement CRCC - Cosider TP, associé aux entreprises ENGCB et SNTP, annoncent avoir achevé la construction de 410 km, entre Hammaguir et Hassi Khebbi, sur les 540 km de la section Hammaguir – Oum El Assel[23].

L'ANESRIF, maître d'ouvrage, prévoit d'achever l'ensemble des infrastructures de la ligne en , date qui coïncidera avec la mise en production de la mine de Gara Djelibet[4].

En , le ministre des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui, annonce que l'ensemble des travaux de la ligne sera finalisé d'ici la fin de l'année 2025 et que la mise en exploitation de la ligne aura lieu au début du mois de [24]. Le , la société chinoise CRCC annonce l'achèvement du troisième et dernier tronçon (long de 575 km) dont elle avait la charge[25].

Les premiers essais techniques sur l'ensemble la ligne, avec la circulation d'une première locomotive, ont débuté le [26],[27].

Fin , la ligne ferroviaire est mise en service et la première cargaison de minerai de fer est envoyée vers les sites industriels de la wilaya d'Oran pour y être traité. Les ministres de l’Intérieur, Saïd Sayoud, et des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui ont présidé cette inauguration[28]. En outre, la gare de Gara Djebilet, gare terminus de la ligne, est inaugurée le [29].

La ligne est inaugurée le par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et mise entièrement en service pour le service des voyageurs le même jour[30],[13].

La ligne

Caractéristiques de la ligne

Vue la route nationale 50 dans le Sahara algérien à mi-chemin entre Béchar et Tindouf.

Située entièrement dans l'ouest du Sahara algérien, la ligne traverse une immense région désertique comportant des plateaux arides, appelés hamadas (ou regs), des cuvettes dépressionnaires formées par le lit de larges oueds sahariens et des accumulations sableuses (ergs)[13].

Le climat de la région de type saharien, se caractérise par des températures très élevées en été, avec des températures maximales moyennes dépassant souvent les 40 °C au mois de juillet et, à l'opposé, des températures basses en hiver avec une température moyenne de 10,50 °C au mois de janvier. Les précipitations sont rares mais parfois des pluies diluviennes peuvent survenir en hiver provoquant de fortes crues des oueds sahariens et des inondations dans les zones de faibles altitudes. Par ailleurs, les vents puissants tels que le sirocco, ainsi que les tempêtes de sable, sont des phénomènes climatiques qui provoquent l'érosion éolienne des sols de la plateforme ferroviaire, l'ensablement des voies pouvant bloquer les trains, l'abrasion des rails entrainant des déraillements, la dégradation accélérée des équipements de voies et une forte réduction de la visibilité de conduite.

La ligne a été construite pour faire face à ces aléas morpho-climatiques. De très nombreux ouvrages d'art ont été construits pour enjamber les oueds ou les zones inondables et contenir l'ensablement de la voie. En outre, des soufflages et des nettoyages réguliers des rails et des appareils sont effectués pour prévenir leur usure prématurée.

Pour lutter contre l'ensablement, différents types de pièges à sable sont installés le long de la ligne :

  • des déflecteurs de vent tels que des clôtures ou des rangées d'arbres qui permettent de réduire la vitesse du vent et minimiser le transport de sable sur les voies ferrées ;
  • des barrages à sable formés de haies vives pour intercepter et retenir le sable avant qu'il n'atteigne la voie ferrée ;
  • des fixation végétales telles que la plantation de végétations adaptées à la nature des sols sahariens pour stabiliser le sol et réduire l'envol du sable ;
  • des structures de protection tels que des caniveaux ou des digues pour dévier le sable et à empêcher son accumulation sur les voies ferrées.

Les rails reposent sur des traverses en béton monoblocs de 2,60 mètres de longueur spécialement adaptées aux charges lourdes. Elles peuvent supporter jusqu'à 32,5 tonnes de charges permettant ainsi le passage de trains d'une longueur allant jusqu'à 2 135 mètres, comportant 170 wagons chargés de produits miniers et remorqués par quatre locomotives[3],[13].

Tracé

La ligne de Béchar à Gara Djelibet est la continuité de la ligne d'Oran à Béchar (formée de la section d'Oran à oued Tlelat de la ligne d'Alger à Oran sur une longueur de 26 km et de la totalité de la ligne de Oued Tlelat à Béchar longue de 648 km). Ainsi, la ligne d'Oran à Gara Djelibet a une longueur d'environ 1 650 km.

La ligne se sépare de celle de Oued Tlelat à Béchar à environ km au nord de la ville. Elle s'oriente alors vers l'est sur un courte distance, franchi successivenent l'oued Béchar et la route nationale 6, qui relie Sig à Timiaouine via Béchar. Puis, elle s'infléchi vers le sud-ouest, direction qu'elle conserve globalement, entre Béchar et Tindouf, sur une longueur d'environ 810 km. Enfin, elle bifurque vers le sud-est en direction de Gara Djebilet sur les 135 km restants.

Tracé de la ligne de Béchar à Gara Djelibet dans l'Ouest de l'Algérie.

La tracé de la ligne se fait sur un relief de faible altitude variant entre 780 m à son point culminant à proximité de Béchar et 366 m à son point le plus bas au niveau de la gare de Gara Djebilet.

Profil

Le point culminant de la ligne se situe à l'altitude de 831 m, à environ km à l'est du point de raccordement de la ligne à celle de Oued Tlelat à Béchar, peu après le franchissement de l'oued Béchar. La ligne entame ensuite une descente en direction d'Abadla, franchi l'oued Guir à l'altitude de 831 m, puis s'élève en direction de Hammaguir sur la hamada du Guir.

Après avoir atteint l'altitude de 780 m, la ligne descend en direction de la gare de Tabelbala, franchi l'oued Daoura par un viaduc long 4 111,40 m, suit une longue pente descendante sur environ 550 km en traversant les hamadas de la Daoura et du Drâa et de multiples sebkhas, pour atteindre l'altitude de 373 m peu après Tindouf.

En s'orientant vers le sud-est, la ligne traverse la hamada de Tindouf, longe plusieurs krebs (longues falaises de quelques dizaines de mètres de hauteur), pour finalement atteindre son point le plus bas à l'altitude de 366 m peu avant la gare de Gara Djebilet.

Profil en long de la ligne de Béchar à Gara Djebilet.
Le profil est orienté d'ouest en est, de Gara Djebilet (PK 945) vers Béchar (PK 0) au niveau point de raccordement de la ligne avec celle de Oued Tlelat à Béchar
.

Ouvrages d'art

Sur l'ensemble de son tracé, la ligne comporte 1 431 ouvrages d'art, dont 45 ponts ferroviaires, 48 ponts routiers et 1 338 ouvrages hydrauliques[31],[32]. L'ensemble des plateformes des ouvrages d'art sont conçus pour recevoir une seconde voie.

Le franchissement de l'oued Daoura, à l'ouest de la localité de Tabelbala, sur la section entre Hammaguir et Hassi Khebi, s'effectue par un viaduc ferroviaire d'une hauteur de 12 m et d'une longueur de 4 111,40 m. Construit par la société chinoise China Railway Construction Corporation (CRCC), au point kilométrique (PK) 330 de la ligne, ce viaduc est considéré comme le plus long pont ferroviaire d'Afrique[33]. Il se compose de 117 tabliers porteurs formés de 1 170 poutres en béton précontraint et reposant sur 116 piles et 1 432 pieux[31],[32],[34]. Les travaux de construction de ce viaduc se sont achevés en [35].

Vitesses limites

La ligne permet la circulation des trains de voyageurs à une vitesse maximale de 160 km/h et de 70 km/h pour les trains de fret.

Signalisation

À l'instar de l'ensemble des nouvelles lignes ou des lignes rénovées en Algérie, la ligne de Béchar à Gara Djebilet est équipée des systèmes de signalisation ferroviaire ERTMS / ETCS et du système de communication GSM-R[36],[37].

Service ferroviaire

À sa mise en service, douze trains circulent chaque jour et dans chaque sens sur l'ensemble de la ligne, dont dix trains minéraliers, un train de fret et un train de voyageurs lequel pouvant circuler à une vitesse maximale de 160 km/h[38].

La ligne permet l'acheminement de 50 millions de tonnes/an de minerais de fer à destination d'unités de transformation prévues notamment dans les régions de Béchar et de Naâma, ou à destination du port d'Arzew (wilaya d'Oran) pour l'exportation[39],[21]. Les trains de minerais peuvent atteindre une longueur de 2,2 km et comporter jusqu'à 177 wagons[40].

Gares de la ligne

Davantage d’informations Gare, PK* ...
Gare PK* Information
Béchar PK 0 de la ligne de Oued Tlelat à Béchar Trains grandes lignes, régionaux
Gare de marchandises de Béchar PK 0 de la ligne de de Béchar à Gara Djelibet Trains de fret
Abadla PK 98.500 Trains régionaux, fret
Hammaguir PK 140.000 Trains régionaux, fret
Tabelbala PK 308.800 Trains régionaux, fret
Hassi Khebi PK 440.000 Trains régionaux, fret
Oum El Assel PK 640.600 Trains régionaux, fret
Tindouf PK 810.500 Trains régionaux, fret
Gara Djebilet PK 945.000 Trains régionaux, fret, trains de minerai
Fermer

Impacts socio-économiques

La ligne assure principalement l'acheminement du minerai extrait de la mine de Gara Djebilet jusqu'à Béchar, sur une distance de 950 km. Une partie de ce minerai sera livré au futur terminal ferroviaire du complexe sidérurgique de Toumiat, situé à 40 km au nord de Béchar, où il sera transformé pour la production de rails et de profilés en acier ou la fabrication de wagons. Mais la majorité des trains de minerai empruntent les lignes ferroviaires de Béchar à Oued Tlelat (648 km), de Oued Tlelat à Es Senia (sur une partie de la ligne d'Alger à Oran, sur une longueur de 20 km), puis la ligne d'Oran à Arzew (sur une longueur de 20 km), pour être finalement déchargés au complexe sidérurgique de Bethioua via une nouvelle ligne de 12 km entre gare de Hassi Mefsoukh et l'usine sidérurgique situé à proximité du port d'Arzew[41],[42]. L'ensemble de ces lignes successives, de Gara Djebilet à Bethioua, forment ainsi un corridor ferroviaire, long de 1 650 km, salué par l'Union internationale des chemins de fer (UIC) qui promeut ce modèle de transport ferroviaire pour le soutien des ports, des zones minières et des centres industriels algériens[43].

La ligne permet en outre le désenclavement des villes de l'ouest du Sahara algérien, dans les wilayas de Béchar, Béni Abbès et Tindouf, par la circulation quotidienne de trains de voyageurs et de fret.

Voir aussi

Notes et références

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