Lontra felina
espèce de mammifères carnivores
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Loutre féline, Chungungo
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EN A3cd : En danger
Statut CITES
Répartition géographique
- Mustela Felina (G. I. Molina, 1782) (Protonyme) [1]
- Mustela Lutra chilensis (Kerr, 1792) [1]
- Lutra felina (Illiger, 1815) [1]
- Lutra Chilensis (E. T. Bennett, 1832) [1]
- Lutra californica (J. E. Gray, 1837) [1]
- Lutra brachydactyla (J. A. Wagner, 1841) [1]
- Lutra peruviensis (P. Gervais, 1841) [1]
- Lutra California (Lesson, 1842) [1]
- Lutra montana (von Tschudi, 1844) [1]
- Lutra chilens (Schmarda, 1853) [1]
- Lutra paranensis (Burmeister, 1861) [1]
- Latax Californica (A. Murray, 1866) [1]
- Lutra peruensis (Pohle, 1919) [1]
- Nutria felina (J. E. Gray, 1865) [1]
- Lutra cinerea (O. Thomas, 1908) [1]
- Lontra felina van Zyll de Jong, 1987 [1]
Lontra felina, la Loutre féline, également connue sous le nom de Chungungo, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés. Cette loutre (sous-famille des Lutrinés) du genre Lontra, est originaire de la partie occidentale de l’Amérique du Sud, elle vit qu'en eau salée, et passe son temps dans les environnements côtiers, ne s'aventurant que rarement dans les estuaires et à l’intérieure des terres. Avec l’Énhydre marine (Enhydra lutris), elle partage les noms de « Loutre de mer » ou encore « Loutre marine ».
Dénominations
- Nom scientifique valide : Lontra felina (Molina, 1782)[2] ;
- Nom normalisé anglais : Marine otter ;
- Noms vulgaires : Loutre féline[3], Loutre de mer méridionale[4], Loutre Chungungo[5] ;
- Noms vernaculaires : Chungungo[6], Chunchungo[6], Loutre, Loutre de rivière, Loutre marine[7], Loutre de mer[4], Chat de mer ;
- Noms vernaculaires locaux : en espagnol : chungungo[6], chinchimén[6], chinguno, Huallaca[6], huallaque, gato de mar[6], gato marino.
Taxonomie
La première description de la loutre féline dans la littérature scientifique remonte à l’histoire naturelle du Chili par le prêtre jésuite Juan Ignacio Molina en 1782, où elle était désignée sous le nom de Mustela felina[8] [9].
Sa classification exacte a été débattue par manque de données, mais elle fut, comme la plupart des autres espèces de loutres de rivière, placée dans le genre Lutra.
L’étude phylogénétique de C. G. Van Zyll De Jong en 1987, basé sur des données morphologiques, a confirmé son placement dans le genre Lontra comme toutes les autres petites loutres de rivières du continent américain[10].
L’étude impliquait que la loutre féline descendait de la Loutre cendrée et que son plus proche parent était la Loutre du Canada[10]. Cependant, une étude de 2004 basée sur les séquences du Cytochrome b a contredit ces résultats[11].
Les relations de parenté au sein du genre sont illustrées par le cladogramme suivant, fondé sur les données génomiques de 2024[12] :
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Description
La loutre féline est l'une des plus petites loutres et aussi plus petit mammifère aux habitudes maritimes au monde[13],[14]. Elle mesure entre 87 et 115 cm du museau à la pointe de la queue, d’une longueur située entre 30 et 36 cm, pour un poids estimé de 3 à 5 kg[15],[16]. Son pelage, brun foncé sur le dessus et les flancs, et de couleur fauve sur la gorge et le ventre, est rèche au touché, avec des poils de jarres mesurant jusqu'à 2 cm de long recouvrant un sous-poil dense et isolant[15]. Elle possède des pattes palmées munies de griffes puissantes. La face ventrale des pattes est partiellement recouverte de fourrure. Elle possède 36 dents, adaptées pour déchiquetté plutôt que pour broyer. L'espèce ne présente pas de Dimorphisme sexuel[15].
Répartition et habitat
On trouve la loutre féline sur les littoraux du sud-ouest de l'Amérique du Sud, à proximité des côtes et dans les zones intertidales du nord du Pérou, depuis le port de Chimbote, le long de toute la côte du Chili, et jusqu'aux extrémités méridionales de l'Argentine[17]. Des observations occasionnelles d'individus errants ont été signalées aussi loin que les Îles Malouines.[réf. nécessaire]
Elle habite principalement les côtes rocheuses riches en algues et en kelp, et visite rarement les estuaires ou les rivières à l’intérieur des terres. Contrairement à de nombreuses autres loutres qui préfèrent les eaux calmes, elle semble sélectionner des habitats fortement exposés aux vents et à la houle. Les grottes et les crevasses des rivages rocheux lui offrent l'abri nécessaire ; souvent, son terrier n'a aucun accès terrestre à marée haute. La loutre féline évite les plages de sable.
Comportement et écologie


Les zones rocheuses intertidales avec des crevasses naturelles sont idéales pour ses tanières et ses zones de nourrissage. Comme elle passe la majeure partie de son temps cachée dans des grottes, son comportement est difficile à observer. La loutre féline évite activement les humains. En réaction à l'activité humaine, elle passe moins de temps sur les côtes et s'éloigne de son terrier durant la journée pour se réfugier dans des anfractuosités inaccessibles[18]. Malgré cette prudence, sa présence dans certains villages de pêcheurs indique une certaine capacité d'adaptation à l'urbanisation[19].
Reproduction
La loutre féline peut être monogame ou polygame, et l'accouplement a lieu en décembre ou janvier. Des portées de deux à cinq loutrons naissent en janvier, février ou mars après une période de gestation de 60 à 70 jours. Les petits restent avec leur mère pour environ 10 mois de soins parentaux. On peut parfois les voir sur le ventre de leur mère alors qu'elle nage sur le dos, un comportement similaire à celui de la loutre de mer. Les parents apportent de la nourriture aux petits et leur apprennent à chasser.
Alimentation
Des études ont montré des variations latitudinales dans le régime alimentaire et les périodes de plongée. Dans le sud du Chili, elles se nourrissent principalement de poissons, tandis que dans le nord, elles consomment surtout des crustacés et des mollusques[20]. Sur l'Isla La Vieja au Pérou, elles s'attaqueraient régulièrement à une colonie de puffinures de Garnot[21]. En 2009, un individu a été observé chassant un poussin de Brassemer de Patagonie à Puñihuil[21]. L'espèce fait preuve d'un comportement alimentaire opportuniste, consommant parfois de petits mammifères et même les fruits de plantes comme Greigia sphacelata ou Fascicularia bicolor[21].
Menaces
L'activité humaine sur les côtes perturbe les loutres félines. L'introduction d'animaux domestiques peut déranger leurs tanières et exposer les populations à des maladies[18]. Elles peuvent également se retrouver piégées dans des filets de pêche et se noyer[21]. Des microplastiques ont été retrouvés dans leurs excréments[22]. Les effets de ces microplastiques sur les mammifères marins restent encore flous.
Compétition et prédation
Les goélands et les otaries à crinière peuvent entrer en compétition avec la loutre féline pour les proies, ces dernières étant même connues pour attaquer les loutres[21]. Les orques et les requins sont des prédateurs présumés, bien qu'aucune attaque directe n'ait été observée[21].
Parasites
L'espèce est sensible à l'infection par Toxoplasma gondii le long des côtes chiliennes[23]. Cependant, la Séroprévalence y est plus faible que chez d'autres mustélidés comme la Loutre du Chili ou le Vison d'Amérique, probablement en raison de l'aridité de l'environnement[23]. Des nématodes et des acanthocéphales sont également des endoparasites connus de l'espèce[21].
Statut de conservation
Les loutres félines sont rares et protégées par les lois péruviennes, chiliennes et argentines[17]. Par le passé, elles ont été intensivement chassées pour leur fourrure et en raison d'une prétendue compétition avec les pêcheries. La chasse les a fait disparaître de la majeure partie de l'Argentine et des îles Malouines. Le braconnage reste un problème d'une ampleur inconnue.
On ignore combien d'individus subsistent à l'état sauvage. L'espèce a été inscrite à l'Annexe I de la CITES en 1976[24] et est considérée comme en danger selon l’UICN[25].
