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Méthode Billings

méthode de planification familiale naturelle From Wikipedia, the free encyclopedia

La méthode Billings (appelée aussi Méthode de l'Ovulation Billings - MOB, ou Billings ovulation method) est une méthode naturelle de régulation des naissances appelée aussi méthode de planification familiale naturelle, ou encore Méthode d’Observation du Cycle/de la Fertilité. À ce titre, elle peut être utilisée pour favoriser les grossesses, comme méthode de régulation de ces dernières et in fine comme méthode de suivi de sa santé reproductive[1]. Elle est fondée sur l'observation du cycle féminin et l'identification des périodes de fertilité par le suivi de l'état de la glaire cervicale.

Elle a été proposée dans les années 1970 par un couple de médecins australiens, John Billings et Evelyn Billings (hr). La méthode a été validée par James Boyer Brown (en), docteur en pharmacie et étayée par les travaux d'Erik Odeblad (de).

L'efficacité de cette méthode est élevée dans le cadre d'un respect scrupuleux des règles mais son taux d'échec peut être élevé en utilisation courante.

C'est une des méthodes promue par l'Église catholique[2] qui prohibe dans le même temps toute forme de contraception[3].

Tableau d'observation.

Principe

Cette méthode est utilisable pour les couples qui désirent une régulation dite naturelle, fondée sur l'abstinence périodique et le dialogue. Elle peut aussi être utilisée pour les couples qui n'arrivent pas à concevoir (problème d'hypofécondité).

Il s'agit selon la Haute Autorité de santé[4] et l'OMS d'une méthode naturelle de contraception. Cependant, certains ouvrages la considèrent comme une alternative à la contraception[5],[6].

La méthode Billings est fondée sur l'observation et la sensation de la glaire cervicale, et uniquement celle-ci, pour permettre à tout moment à la femme de savoir si elle est en période féconde ou non. La glaire cervicale, substance sécrétée par le col de l'utérus, est un élément essentiel de la fécondité[7]. Pendant la période de fécondité, la glaire cervicale change de composition : l'une de ses fonctions sera de neutraliser l'acidité naturelle du vagin (acidité qui est normalement spermicide et empêche la fécondation).

Les travaux du docteur Erik Odeblad (de)[8],[9],[10] ont permis d'identifier les différents rôles de la glaire durant son évolution tout au long du cycle. En plus de la neutralisation de l'acidité naturelle du vagin en période de fécondité, la glaire aura aussi pour fonction celle de protection, de conservation, de tri, de guide, de capacitation et de « nourriture » pour les spermatozoïdes. En revanche, lors des périodes infertiles la glaire change de structure et condamne l'accès à l'utérus.

La femme, que son cycle soit régulier ou non, peut déterminer directement si elle est en période féconde ou non. En périodes pré- et post-ovulatoires, la sensation de sécheresse ressentie à la vulve lui indique qu'elle est inféconde. Le premier changement dans la sensation lui indique qu'elle entre dans sa période féconde. Chaque soir la femme note ses observations sur un tableau avec soit des timbres colorés soit des symboles, ce qui lui permet de bien suivre le déroulement du cycle.

La probabilité de grossesse[11] selon un de ses promoteurs[12] varie selon le moment de la période fertile en fonction de la phase du cycle et du dernier jour de glaire de type fertile (J désigne le jour sommet) :

La méthode Billings repose sur la sensation de la glaire cervicale.
Davantage d’informations Type de glaire, Jour ...
Type de glaire Jour Probabilité de grossesse
Glaire collante J-4 ou avant 2,4 %
Glaire filante J-4 ou avant 35,3 %
Glaire collante J-3 à J-1 50,0 %
Glaire filante J-3 à J-1 54,6 %
Jour sommet J 66,7 %
Après sommet J+1 44,4 %
Après sommet J+2 20,5 %
Après sommet J+3 8,9 %
Hors période fertile 0,4 %
Toutes phases 1,2 %
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Efficacité théorique

L’efficacité théorique fait référence à l’utilisation parfaite, soit correctement et régulièrement, selon les directives, de la méthode contraceptive choisie[13]. Elle se mesure par l'indice de Pearl, indice théorique égal au pourcentage de grossesses accidentelles sur un an d'utilisation optimale de la méthode contraceptive. Par exemple, un indice de Pearl = 2 signifie que 2 femmes sur 100 utilisant la méthode contraceptive analysée pendant un an ont été enceintes dans l'année[14].

La méthode Billings aurait été soutenue en 1981 par l'OMS[15] pour son coût nul et sa facilité d'apprentissage. Elle serait applicable même quand la femme a un cycle irrégulier[réf. nécessaire]. L'OMS indique que 93 %[16] des femmes (quel que soit leur pays) sont en mesure d'identifier les périodes fertiles et infertiles de leur cycle menstruel.

Selon certaines études, l'efficacité théorique de la méthode serait élevée[17] : en usage parfait, le taux de grossesse est évalué de 0,5 à 3 %[18],[19]. Cependant, certaines de ces études ont exclu des cas d'absence de détection des sécrétions signe de fécondité, commettant ainsi un biais d'observation[18] et donc un écart à la méthode scientifique.

Une autre étude menée en Inde aboutit à une défaillance de la méthode de 1,5 % (plus ou moins 0,3 %) en utilisation parfaite.

Une étude d'évaluation d'impact australienne de 1984 contredit les chiffres précédents. Les taux de grossesse non désirés calculés selon l'indice de Pearl, donc en utilisation parfaite, ressortant de l'agrégation d'études réalisée sont les suivants[20] :

Davantage d’informations Tonga, Los Angeles ...
Méthode Tonga Los Angeles Colombie Australie OMS Philippines États-Unis Moyenne pour la comparaison
Billings 25,4 34,9 - 39,7 37,2 - 33,8 34,8 22,3 - 22,5 31.1
Symptothermal 13,7 - 16,6 26,0 - 34,4 13,1 (A) - 20,1 (B) 20.7
Rythme (calendrier) 20,2 19 19.6
Pilule contraceptive 7,8 2 4.9
Stérilet 2,6 4 3.3
Préservatif 21,3 10 15.7
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L'étude indique notamment : "Quelle que soit la contribution relative des erreurs biologiques ou d'utilisation, le taux d'échec global de la méthode Billings est élevé. Et même si nous ne pouvons en décrire les dimensions précises, il apparaît selon les études Wade et al. et Johnston et al. que le taux d'erreur biologique pour la méthode Billings est, au minimum, plus haut que celui de la méthode symptothermale. "[21]

Efficacité réelle

L’efficacité réelle réfère à l’utilisation « typique » d’une méthode et prend en considération la possibilité d’une utilisation irrégulière ou incorrecte. Il faut généralement se fier à l’efficacité réelle afin de faire un choix éclairé, puisque cela correspond à l’utilisation concrète de la méthode[13].

Des études suggèrent que la connaissance des méthodes de planification familiale naturelle par les médecins est souvent incomplète[22], elles sont même parfois présentées de manière erronée dans des cours de gynécologie-obstétrique[23].

Selon une étude rétrospective publiée par l'OMS en 2012, conduite en 1979 dans 5 pays, le taux de grossesse indésirable avec la méthode Billings varie de 5 % à 22,5 % sur une année. Le second chiffre, jugé élevé, est attribué en partie au non-respect des règles d'utilisation. « L'étude a établi l'efficacité de la méthode lorsque les couples respectent scrupuleusement les règles, mais a également souligné le fait que les écarts par rapport aux règles et, par conséquent, les échecs, étaient fréquents[24]. »

En utilisation typique, le taux de grossesse non désiré irait de 1 % à 22 %[18].

Une étude de l'OMS de 1981 a trouvé que, pour 100 femmes utilisant cette méthode, 22,3 % tombaient enceinte après 13 cycles, dont 15,4 % à la suite d'un abandon de la méthode[18],[25].

Une autre étude menée en Inde aboutit à une défaillance de la méthode de 15,9 % (plus ou moins 0,8 %) en pratique[26].

Une enquête de l'Express menée en 2026 indique que l'OMS signale que "les méthodes naturelles [dont la méthode Billings fait partie] ont un taux d'échec global réel allant de 10 à 30 %"[27].

Controverses

Une enquête de l'Express menée en 2026 avertit que la promotion de la méthode Billings, et plus largement des méthodes naturelles, "serait dangereuse, car il s'agit de méthodes pseudoscientifiques, ancrées dans le dogme religieux, qui ciblent les jeunes, les femmes enceintes et les communautés LGBTQI afin de compromettre subtilement l'accès à la contraception, à l'avortement, à une éducation sexuelle complète"[27].

Selon cette enquête, deux organisations propagent la méthode Billings sur le territoire Français : Woomb France et le Centre Billings France (CBF), proche des milieux ultraconservateurs catholiques[27]. Elle dénonce des liens avec l'extrême-droite radicale et une tendance du "retour au naturel", dont la visée finale serait le contrôle des femmes selon l'association Fondation des Femmes[27].

Notes et références

Voir aussi

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