Machine à écrire (Gulliver)
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La Machine à écrire est une invention fictive de Jonathan Swift, dont le fonctionnement est décrit dans le troisième voyage de Gulliver. Reposant sur un mécanisme de computation des mots, elle constitue une préfiguration de l'ordinateur moderne.

Lors de son troisième voyage, Gulliver réside quelque temps à Lagado, la métropole du pays de Balnibarbi régi par l'île volante de Laputa. Lagado est notamment le siège d'une Académie richement dotée par le gouvernement de Laputa. Jonathan Swift décrit pendant deux chapitres les inventions et spéculations inutiles de ces chercheurs, qui ne remédient en rien aux conditions de vies misérables des Balnibarbiens. L'académie apparaît comme une transposition satirique de la Royal Society et, plus largement, comme une critique du scientisme purement théorique, sans visée pratique ou utilitaire.
Évoquée dans le chapitre 5, la machine à écrire constitue un outil pédagogique, élaboré par un professeur pour ses élèves, visant à générer potentiellement n'importe quels discours. Elle prend l'apparence d'un carré d'un peu moins de sept mètres de côté. À l'intérieur du carré sont disposés des bouts de bois représentant toutes les « parties du langage » écrit à Lagado (mots, verbes, particules) et reliés par du fil de fer (slender wire) et connectés au bord du cadre par un manche en métal (iron handle). En retournant les quarante manches situées à l'extrémité, les élèves génèrent de nouvelles combinaisons.
Les résultats n'ont généralement aucun sens, à l'exception de quelque mots. Le professeur note cependant que la répartition des bouts de bois n'obéit pas totalement au hasard, mais qu'il a tenté de restituer les proportions lexicales mises en œuvre dans la littérature de Lagado. Il a déjà rempli plusieurs folios à partir des calculs de la machine mais estime qu'un investissement plus important (qui aboutirait à la création de cinq cents machines) permettrait d'aboutir à des résultats bien supérieurs. Gulliver conclut cette entrevue en assurant qu'il mettra tout en œuvre pour que les savants européens reconnaissent au professeur la paternité de cette création.