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Main basse sur le Cameroun

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Main basse sur le Cameroun : Autopsie d'une décolonisation est un essai politique et pamphlétaire de l'écrivain franco-camerounais Mongo Beti, paru en 1972 aux éditions Maspero, en réaction au « procès de Yaoundé », un procès au résultat quasiment connu d'avance visant à éliminer des membres de l'UPC[1], un mouvement politique se battant pour une réelle décolonisation du pays mais exclu du gouverment après l'indépendance. Mongo Beti y montre l'exclusion de ce parti par le pouvoir colonial au profit d'une bourgeoisie créée de toutes pièces. Il dénonce la politique répressive et clientéliste du président Ahmadou Ahidjo, les trucages du procès ayant conduit à la condamnation à mort entre autres d'Ernest Ouandié et d'Albert Ndongmo— commuée ultérieurement en prison à vie pour ce dernier — ; il fustige l'attitude de la presse française, et en particulier du Monde, qui a relayé le discours du pouvoir sans aucun recul ni esprit critique[2].

Le livre est censuré dès sa parution au motif qu'il aurait été écrit par un étranger, et il faut attendre le résultat d'un procès que Mongo Beti intente à l'État français sur sa nationalité pour que le livre soit autorisé en 1976.

Contexte et place du livre dans l'œuvre de Mongo Beti

Depuis 1948, l'Union des populations du Cameroun (UPC) réclame l'indépendance du Cameroun, alors colonie française. À la suite d'émeutes marquant le début de la Guerre du Cameroun en 1955, le parti est interdit, et lors de l'indépendance accordée par la France en 1960, il reste exclu des nouvelles structures du pouvoir. La France favorise la venue au pouvoir d'Ahmadou Ahidjo, un homme quasiment inconnu de la population, en tant que président de la nouvelle république.

Arès l'indépendance, le Cameroun vit sous le régime de l'état d'urgence, qui est renouvellé tous les 6 mois, et dans un climat de sévère répression à toute forme de contestation[3].

Place dans l'œuvre de Mongo Beti

Mongo Beti, agrégé français de lettres et militant de l'UPC dans sa période étudiante, a rédigé entre 1956 et 1959 plusieurs romans et articles dans la revue Preuves critiquant le colonialisme français et le processus de décolonialisation entamé avec le régime d'autonomie accordée au Cameroun. Il publie notamment en 1958 la « Lettre de Yaoundé » où il critique le Premier ministre André-Marie Mbida « champion impitoyable de la répression des minuscules et très faibles organisations progressistes » et les fonds du FIDES (Fonds d'Investissement pour le développement économique et social d'Outre-mer) dont l'argent gaspillé « sert à engraisser les politiciens locaux [du nouveau régime] dont on croit ansi acheter l'attachement à la France » [4]. Dans la même veine, il publie en 1959 « Tumultueux Cameroun », article dans lequel il se montre très critique des méthodes d'Ahmadou Ahidjo[5]. Par la suite, préparant son agrégation et devenu enseignant, il cesse de publier. Il ne revient à l'écriture qu'après avoir pris connaissance des conditions des procès de Yaoundé, aussi appelé affaire Ouandié-Ndongmo, du nom des deux plus célèbres des 132 accusés[6].

Procès de Yaoundé (ou affaire Ouandié-Ndongmo)

Ernest Ouandié est un opposant du gouvernement et un leader de l'UPC, qui vit dans la clandestinité depuis plusieurs années. Albert Ndongmo est un évêque progressiste, favorable aux thèses de l'UPC, qui a joué les intermédaires pour aider Ouandié et deux de ses hommes dans leur tentative de fuir le pays, alors qu'ils craignaient d'être arrêtés, leur neutralisation étant devenue la priorité du gouvernement.

Contenu

Publication et censure

Bibliographie

Références

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