Maintenance corrective palliative

élimination provisoire d'une avarie ou d'une altération dans le fonctionnement d'un élément matériel From Wikipedia, the free encyclopedia

Selon la norme française NF X 60-000, la maintenance corrective palliative ou, simplement, maintenance palliative (en anglais palliative maintenance ou stop-gap maintenance, littéralement « maintenance bouche-trou », est, avec la maintenance curative, une des deux subdivisions distinctes[1] de la maintenance corrective.

Définition

La norme Afnor « NF X 60-000 » (avril 2016) définit ainsi la maintenance (corrective) palliative : « Action de maintenance corrective destinée à permettre à un bien d’accomplir provisoirement tout ou partie d’une fonction requise. Appelée couramment dépannage, la maintenance palliative est principalement constituée d’actions à caractère provisoire qui doivent être suivies d’actions curatives »[2]. Après une maintenance palliative, le bien peut fonctionner à nouveau mais dans un « fonctionnement dégradé »[3], l’un des modes génériques de défaillance.

Selon l'ancien directeur du Centre international de maintenance industrielle, Bernard Méchin[4], « L’action exécutée est presque toujours une action de dépannage »[5],[6]. Toutefois, cette « maintenance » n'apparaît pas dans la norme européenne « EN 13306 » « Terminologie de la maintenance », même dans sa version francisée « NF EN 13306 » (janvier 2018). En lieu et place, on y trouve le terme de « dépannage » (temporary repair)[note 1] : « action physique exécutée pour permettre à un bien en panne d’accomplir sa fonction requise pendant une durée limitée jusqu’à ce que la réparation soit exécutée ».

Distinction entre maintenance palliative et maintenance curative

Alors que la maintenance (corrective) curative est une action ayant pour objet de rétablir un bien dans un état spécifié (lequel, par conséquent, n’est pas nécessairement son état initial) pour lui permettre d’accomplir une fonction requise, la maintenance (corrective) palliative est une action destinée à permettre à un bien d’accomplir provisoirement tout ou partie d’une fonction requise.

Ainsi, lorsque la pièce, l’outillage et/ou la compétence ne sont pas disponibles et si on juge que l’arrêt de la production n’est pas acceptable, on peut chercher à se débrouiller avec d’autres moyens[6]. Dès lors, une maintenance palliative (appelée « dépannage » en langage courant) peut dépanner un certain temps, mais ce temps ne peut être déterminé, puisque — contrairement à une maintenance curative — l’état du bien, une fois dépanné (ou réparé avec les « moyens du bord »[note 2],[6]) n’est pas lui-même déterminé[note 3].

Selon Gilles Duchemin, professeur à l’École nationale supérieure maritime, la maintenance palliative est « l’action de dépannage permet[tant] de remettre provisoirement le matériel à un niveau de performance acceptable mais inférieur au niveau optimal »[7].

Ainsi, ce qui distingue fondamentalement la maintenance palliative, c’est qu’elle « n’est pas une action prévue et ne fait donc pas partie d’une politique de maintenance »[8].

Usage

La maintenance palliative ne doit jamais être la première méthode choisie dans une politique de maintenance. Selon Christian Hohmann, une politique de maintenance « consiste à fixer les orientations » afin notamment de remettre un bien défaillant en état de fonctionnement mais « jamais à assurer coûte que coûte son fonctionnement dans des conditions qui ne soient pas celles de la sûreté de fonctionnement ». « Elle fait adapter les méthodes de travail » en conséquence. Une maintenance palliative révèle ainsi une mauvaise politique ou son absence[9]. Seules des contraintes exceptionnelles peuvent obliger de recourir à une maintenance palliative[10] :

  • l’indisponibilité provisoire des pièces de rechange ;
  • l’indisponibilité provisoire de la compétence technique ;
  • l’indisponibilité provisoire de l’outillage ou de l’appareillage ;
  • un coût d’indisponibilité de la machine en panne supérieur à celui de sa maintenance.

Exemples

La nature palliative de ce type de maintenance peut être illustrée par les exemples suivants :

  • le bâchage d’une toiture permettant de mettre hors d’eau à la suite d'une avarie et en attendant la réparation définitive[11] ;
  • un panneau de bois pour remplacer un vitrage cassé[12] ;
  • un tuyau d’arrosage qui fuit à cause d’un trou et réduisant fortement le débit d’eau se verrait réparé provisoirement par l’enroulement d’adhésif autour de la fuite dans le but de pallier le problème sur le moment[13] ;
  • dans l’industrie, ré-agrafer provisoirement la bande déchirée d’un convoyeur, en attendant son changement ou une réparation par vulcanisation de celle-ci[13].

Risques

Selon Robert Sanner et Stéphane Sanner, la maintenance palliative « est dangereuse pour les hommes et les matériels ». « On agit sur les effets sans corriger la cause. C’est le remède symptomatique des médecins…) ». « Une telle intervention peut être dangereuse, puisqu’elle masque la cause qui continue à agir »[14].

Notes et références

Voir aussi

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