Mangue d'Alexandre
espèce de mammifères
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Crossarchus alexandri
Répartition géographique
Le Mangue d'Alexandre ou Crossarche d’Alexander (Crossarchus alexandri) est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Cette petite mangouste de la sous-famille des Mungosinae[3] vit en Afrique centrale. Principalement endémique des forêts pluviales de la République démocratique du Congo, de l'ouest de l'Ouganda et de la République centrafricaine, cette espèce sociale se nourrit d'invertébrés et de fruits tout en faisant face à de potentielles menaces liées à la dégradation de son habitat et à la chasse de brousse[4][5][6].
Dénominations
- Nom scientifique valide : Crossarchus alexandri Thomas & Wroughton, 1907 ;
- Nom vulgaire typique en français : Mangue d'Alexandre[4] ;
- Autres noms vulgaires : Mangouste d'Alexandre[7], Mangouste congolaise[7], Crossarche d'Alexander[8].
Taxonomie
Le taxon Crossarchus alexandri a été décrit initialement en 1907 par les zoologistes britanniques Michael Rogers Oldfield Thomas et Robert Charles Wroughton, lors de l'expédition Alexander-Gosling à partir de spécimens récoltés par Boyd Alexander[9]. L'espèce a ainsi été nommée en l'honneur en son honneur[9][10]. Dans leur description originale, les auteurs indiquent que l'espèce est apparentée à Crossarchus obscurus, mais qu'en plus de sa taille plus grande et de son crâne plus long, elle possède des griffes antérieures très larges (la plus longue mesurant 14,5 mm) et une dentition beaucoup plus développée[11]. La localité type initialement signalée à Banzyville sur l'Oubangui en République démocratique du Congo a été précisée par la suite à Mobayi-Mbongo[12]. En 1984, Corey A. Goldman a proposé de distinguer un sous-taxon Crossarchus alexandri minor basé sur des spécimens de l'est du Congo et de l'Ouganda dotés d'un crâne plus petit[12], bien que les analyses ultérieures aient plutôt consolidé le statut d'espèce monotypique[13][3].
Phylogénie
Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[14], Barycka (2005)[15] et Patou et al. (2009)[16] :
| Mungosinae (Mangues) |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 2 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 2 |
| 2 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 36 | |||||||
| Dentition du Mangue d'Alexandre. | |||||||
Le Mangue d'Alexandre est le plus grand représentant du genre Crossarchus[3]. Il possède un pelage brun-noirâtre, épais et ébouriffé, avec une crinière s'étendant de la tête jusqu'à la queue et formant une spirale de 6 à 8 mm sur le cou[3][6]. Son museau est particulièrement long et effilé (constituant environ 34 à 36 % de la longueur condylobasale du crâne)[3], et il est pourvu de cinq doigts sur chaque patte munis de griffes bien développées[3]. La longueur de son corps varie de 35 à 44 cm, complétée par une queue de 22,5 à 31,7 cm, pour une masse allant généralement de 1,19 à 1,75 kg chez les mâles et atteignant environ 1,45 kg chez les femelles[3][6]. Les femelles disposent de trois paires de mamelles[6].
Écologie et comportement
Distribution et habitat
Cette espèce est endémique d'Afrique centrale, où elle se limite aux forêts pluviales de la République démocratique du Congo, bornée au nord par la rivière Oubangui et au sud par la rivière Kasaï[4][5]. Elle est également présente dans l'ouest de l'Ouganda[4][5]. Une population isolée vit sur les pentes du mont Elgon en Ouganda, entre 1 500 et 2 900 mètres d'altitude[4][6]. L'espèce est par ailleurs signalée dans le sud-ouest de la République centrafricaine[4][17].
Elle fréquente les forêts pluviales de basses terres et de montagnes, les fonds de vallées humides ainsi que les marécages forestiers saisonnièrement inondés, et se rencontre fréquemment à proximité des villages dans la forêt d'Ituri[4][6].
Écologie et menaces
Animal social vivant en groupes de 10 à 20 individus, il communique par des grognements et des gazouillis et utilise les sécrétions de ses glandes anales pour marquer les arbres et les branches[6]. En captivité, les individus ont tendance à déféquer et uriner dans des zones fixes en réagissant activement aux marquages des congénères[6]. Il se nourrit principalement d'invertébrés tels que des vers de terre, des escargots et des coléoptères, ainsi que de petits vertébrés et de fruits trouvés en fouillant le sol forestier[3]. Des parasites spécifiques ont également été répertoriés sur l'espèce, notamment des nématodes (Subulura shebini, Spirura congolense), des larves de pentastomides (Armillifer armillatus) et des poux (Sericatoeus)[6].
Bien qu'il n'y ait pas de menaces majeures répertoriées, les effectifs de l'espèce connaissent probablement un déclin en raison de la perte d'habitat et de la chasse pour la viande de brousse, cette dernière utilisation étant particulièrement notable auprès des pygmées Mbuti dans la forêt d'Ituri[4][5]. La population du mont Elgon peut en outre être menacée par la dégradation de son habitat et la chasse[4][6]. L'espèce est présente au sein de plusieurs aires protégées, bien que le niveau de protection y soit assez variable d’un endroit à l’autre[4][5].