Lou Groulié bel esprit
livre d'Étienne Pélabon
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Maniclo ou Lou Groulié bel esprit (ou Suseto e Tribord selon la graphie mistralienne ; Manicla, Lo Grolier bèl-esprit, Suseta e Tribòrd, selon la norme classique) est une œuvre composée par l'écrivain toulonnais Étienne Pélabon et une des principales pièces de théâtre écrites en langue d'oc au XVIIIe siècle. Selon Christian Anatole, Robert Lafont et René Merle, l'édition originale (1789) fut vendue à 12 000 exemplaires[1].
Cette pièce en deux actes est écrite en alexandrins. Elle est régulièrement ponctuée d'airs ; Frédéric Mistral, dans son introduction de l'édition de 1901 insista pour que Maniclo fût éditée avec les partitions de ces airs ; il précisa même que cette pièce avait une grande importance pour lui et souligna l'avoir vue jouée plusieurs fois dans son enfance[2]
Critique
Au-delà des éditions qui se sont succédé, cette œuvre et son auteur ont été principalement étudiés par le critique et écrivain provençal René Merle. Ce dernier, en s'appuyant sur un constat de Mistral, tout en l'approfondissant et en l'illustrant par des exemples et contre exemples de la scène provençale de l'époque, analyse le succès du Grolier par le naturel sociolinguistique de l'emploi de l'occitan[3].
Personnages
- Maniclo : cordonnier (« manicla » en « classique », qui a donné le français "manique"[4], est le gant que portent les artisans pour se protéger les mains), père de Suseto et père adoptif de Tribord.
- Suseto : fille de Maniclo et fiancée de Tribord.
- Trottoir : marchand fortuné est vieil ami de Maniclo qui vient lui demander la main de sa fille.
- Marroto : servante et confidente de Suseto.
Synopsis

Maniclo, un cordonnier (un grolier, en provençal) toulonnais, avait initialement promis sa fille Suseto à son fils adoptif, le marin Tribord, qui doit l'épouser à son retour de voyage ; cette promesse est d'autant plus forte qu'elle correspond également au souhait de la défunte mère de Suseto et que les deux jeunes amants son liés d'un amour mutuel et passionné. Néanmoins, devenu syndic de sa corporation, et désormais animé de prétentions sociales et financières plus élevées, Lou Groulié désire rompre cet engagement initial et marier Suseto au marchand fortuné Trottoir. Il essaie donc de faire croire à Suseto que Tribord est mort. Suseto désespère dans un premier temps, elle apprend cependant, par son amie Marroto, le retour de Tribord qui parviendra à intimider Trottoir (qui se rétractera) tout en ménageant l'amour propre de Maniclo.
Extrait
Acte II, scène V ; Suseto se lamente :
| Provençal (graphie de l'édition de 1793) | Provençal (Norme classique) | Provençal (Graphie mistralienne) | Français |
|---|---|---|---|
|
Et ben qué n’en dirias d’aqu’eou viey casquaveou, |
E! ben, que ne'n diriatz d’aquèu vièlh cascavèu, |
Eh! bèn, que n’en dirias d’aquéu vièi cascavèu, |
Eh bien qu'en diriez-vous de cet vieux grelot, |
Partitions des airs
Bibliographie critique
- Anatole, Cristian - Lafont, Robert. Nouvelle histoire de la littérature occitane. Paris : P.U.F., 1970.
- Merle, René. Inventaire du texte provençal de la région toulonnaise. La Seyne-sur-Mer : G.R.A.I.C.H.S, 1986.
- Merle, René - Tramoni, Antoine - Vovelle, Michel. Toulon, 1789-1790 : Etienne Pelabon et la réunion patriotique. Marseille : Société d'études historiques du texte original, 1988.
Éditions

- Lou Groulié bel esprit, vo Suzeto et Tribor ; Comédie en deux actes, et en vers provençaux mêlée de chants. Avignon : Bonnet, 1790.
- Lou Groulié bel esprit, vo Suzetto et Tribor : comédie. Avignon : An XIII (1805).
- Lou groulié bel esprit; vo, Suzeto et Tribor, comédie en deux actes et en vers provençaux. Avignon : Raymond, 1821.
- Lou Groulié bel esprit ou Suzeto et Tribor : comédie en 2 actes et en vers provençaux, mêlée de chants. Marseille : Terrasson, 1826.
- Lou groulié bel esprit, vo Suzeto et Tribor. Marseille, 1839.
- Lou groulié bel esprit. Avignon : P. Chaittot, 1840.
- Lou groulié bel esprit, vo Suzeto et Tribor ; comédie en deux actes et en vers provençaux. Toulon : F. Monge, 1850.
- Maniclo ; vo, lou groulié bèl-esprit. Marsiho (Marseille) : P. Ruat, 1901.