Manoir d'Argentelles
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XVe siècle- |
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Le manoir d'Argentelles est une demeure, des XVe – XVIe siècles, qui se dresse sur le territoire de l'ancienne commune française de Villebadin dans le département de l'Orne, en région Normandie. L'édifice est totalement protégé au titre des monuments historiques.
Le manoir s'élève sur une motte féodale à environ 1 km au sud-est du bourg de Villebadin au sein de la commune nouvelle de Gouffern en Auge, dans le nord du département français de l'Orne, dans l'extrême sud de la région naturelle du pays d'Auge[1].
Historique
L'édifice a été bâti en 1410, pendant la guerre de Cent Ans par Guillot d'Ouilly, officier du roi de France[2]. Composé d'une tour ou d'une palissade circulaire plantée sur une motte entourée de fossés, il constituait, alors, un poste avancé de défense du château fort et de la ville d'Exmes[3].
En 1418, il tombe aux mains d'officiers anglais, et, n'est récupéré qu'en 1449 par Richard d'Escalles, un descendant de Guillot d'Ouilly[2].
Le , les cinq filles et héritières de Maurice d'Escalles, arrière petit-fils de Richard, se partagent la seigneurie d'Argentelles lors de sa succession. La seigneurie d'Argentelles est alors divisée en quatre parts[4].
Le 28 janvier 1562, Catherine d'Escalles épouse de Charles de Calmesnil, sieur d'Orval, vend la première partie de la terre et seigneurie d'Argentelles comprenant le fief de haubert en chef avec son manoir seigneurial, colombier, chapelle, moulin, droit de basse justice et patronage, etc. au bourgeois Jean Billard, contrôleur du grenier et chambre à sel d'Argentan et Exmes, seigneur de Merry et d'Haleine pour 1894 livres, 10 sols et 100 livres de vin. Le seigneur de Merry acquiert également de Renée d'Escalles, sœur de Catherine, la 4e partie de la seigneurie d'Argentelles comprenant le fief noble de La Cotentinière le devant les tabellions d'Exmes.
Le de la même année, devant les tabellions d'Argentan, Charles de Calmesnil et Jean Billard s'accordent sur une augmentation du prix de la première partie vendue par ledit Calmesnil et sa femme. Le sieur d'Orval évoquant que la terre et seigneurie d'Argentelles valait au total plus de 7000 livres tournois[5].
Le seigneur d'Argentelles accepte de payer le juste prix de ladite partie et débourse de nouveau la somme de 500 livres, 10 écus et 10 sols de vin, soit un coût total de 2394 livres, 10 écus, 10 sols et 100 livres, 10 sols de vin pour le fief en chef, la moitié de la seigneurie d'Argentelles a coûtée à Jean Billard plus de 5500 livres tournois.

Mort en 1568, ses quatre fils Julien, Romain, Jean et Nicolas Billard héritent du manoir, qu'ils vendent le à Thibaud de Ruppierre et Jean Le Franc, époux de Françoise d'Escalles, curateurs de Jean Le Franc, fils mineur dudit Le Franc. Les frères Billard conservent néanmoins la 4e partie de la seigneurie d'Argentelles jusqu'en 1581.
En 1571, le manoir devient donc la propriété de Jean Le Franc, déjà propriétaire par mariage et depuis 1561 de la 3e partie de la seigneurie d'Argentelles[2].
Henri IV y fait un séjour en 1591[3].
En 1635, le domaine appartient à un descendant de Jean Le Franc, Bonaventure Le Franc. Celui-ci ajoute deux lucarnes à l'édifice, atténuant ainsi son caractère défensif[2].
Au milieu du XVIIIe siècle, le manoir est acquis par le comte de Flers et reste, jusqu'en 1880, à ses descendants[2].
S'ensuit alors une longue période d'oubli pendant laquelle le manoir tombe en ruine. Ce n'est qu'en 1957 qu'il est sauvé de la ruine complète par le comte Robert du Mesnil du Buisson qui entreprend, alors, une restauration d'une durée de quatre ans[2], couronnée par le prix « Chefs-d'œuvre en péril »[6].
Description
Parmi l'ensemble formé par les manoirs du pays d'Auge, le manoir d'Argentelles, maison forte des XVe et XVIe siècles[7], présente la particularité d'avoir été construit d'une seule traite. Les seuls ajouts postérieurs à l'édification sont les deux grandes lucarnes du XVIIe siècle[3].
Le logis rectangulaire, construit en pierre, présente un fort caractère défensif. En effet, les quatre tourelles d'angle sont percées de meurtrières. Chacune des entrées est défendue par des bretèches à mâchicoulis. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont protégées par grilles en fer forgé. Enfin, la tour polygonale, qui abrite un escalier desservant les différents étages, est surmontée d'une chambre de guet. Celle-ci présente la particularité d'être disposée en encorbellement et d'être construite en pan de bois[2].
Dans le parc entourant le manoir, un colombier cylindrique du XVIIe siècle ayant conservé tous ses boulins s'élève sur ce qui était certainement l'ancienne motte castrale[2].
