Manufacture d'armes de Tulle
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| Manufacture d'armes de Tulle | |
| Création | 1690 |
|---|---|
| Siège social | Tulle |
| Coordonnées | 45° 15′ 36″ N, 1° 45′ 07″ E |
| Activité | Métallurgie |
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La manufacture d'armes de Tulle est une ancienne entreprise d'armement française située à Tulle, dans le département de la Corrèze, fondée en 1690.
Production et organisation
La fondation d'une manufacture d'armes à Tulle s'inscrit dans une tradition de production métallurgique attestée au XVIIe siècle sur les bords de la Corrèze, de la Montane et d'autres petits cours d'eau environnants. Elle est constituée en 1691 à l'initiative de Michel Pauphile, arquebusier à Souilhac qui s'associe à Martial Fénis de Lacombe, procureur du Roi au présidial de Tulle en transforme un de ces moulins en fabrique de canons de fusil[1].
Tulle traverse alors une période de disette, et, en l'absence de bras valides, la production ne débute qu'en 1692, avant de submerger toute la Nouvelle-France de fusils estampillés « Le Tulle »[1].
Cette usine se spécialise dans l'armement pour la marine, bénéficiant de la relative proximité de l'arsenal de Rochefort. Le métal utilisé provient dans un premier temps principalement de mines situées en Dordogne[2].
En 1777, la manufacture, qui se développe dans le quartier de Souilhac, obtient la reconnaissance royale sous ordre du roi Louis XVI[2]. La « MAT » (Manufacture d'Armes de Tulle) connait son âge d'or se situe pendant la période de la Révolution française. Les pièces d'artillerie les plus imposantes sont produites dans le bâtiment des canonniers, tandis que les plus petites sont fabriquées à domicile. Des ateliers s'installent jusque dans les lieux de culte : à la cathédrale, les structures métalliques du transept, du déambulatoire et des chapelles rayonnantes sont fondues pour alimenter la production. Lors de la bataille de Valmy, les armées révolutionnaires peuvent compter sur les armes fournies par les Manufactures de Tulle (MAT), Saint-Étienne (MAS) et Maubeuge (MAM)[3] pour repousser les forces coalisées[1].
Elle devient officiellement « manufacture d'État » en 1886.
À partir de 1887, la manufacture de Tulle participe à la production du fusil Lebel modèle 1886, aux côtés des manufactures de Châtellerault et de Saint-Etienne, ces dernières vont dominer la production d'armes en France avec d’autres manufactures françaises. Elle reçoit une première commande de 41 000 exemplaires et en a produit environ 391 000 en 1891 , contre 832 000 à Châtellerault et plus de 1 225 000 à Saint-Étienne[4].
Malgré une capacité de production plus modeste, Tulle est la dernière à assembler le fusil jusqu'à la fin du XIX siècle, assurant également seule la fabrication des pièces détachées et conservant les équipements nécessaires à la maintenance et à la fabrication de la version modifiée du Lebel 1886 M93.
Dès la fin du XIX siècle, la manufacture devient un lieu de formation technique reconnu. Elle accueille des apprentis et organise des formations qualifiantes pour les postes de chef armurier, contrôleur et élève armurier. Des certificats d'aptitude y sont délivrés entre 1903 et 1957, avec des documents attestant de la mise en place de ces dispositifs dès 1896[4].
XXe siècle
Pendant la Première Guerre mondiale, elle compte un maximum de 4 700 ouvriers[5].
Sous l'Occupation, la manufacture, investie par l'État français au nom de sa collaboration avec l'Allemagne nazie, est un lieu de résistance.
Après la guerre, la manufacture se spécialise dans les armes automatiques. Dans l'entre-deux-guerres, elle devient un centre technique important dans ce domaine. À partir des années 1950, elle développe des armes automatiques de moyen calibre et des composants de mécanique de précision[6].
En 1971, la manufacture est intégrée au Groupement Industriel des Armements Terrestres (GIAT), dans le cadre d'une rationalisation de l'industrie d'armement terrestre en France[6].