Fils d'un banquier, il est issu d'une vieille famille alsacienne originaire de Thann. Ses parents, Adolphe et Mélanie, née Amberger, ont quitté la ville à l'issue de la guerre de 1870. La famille Ihler était très connue à Thann, dont une rue porte le nom des Généraux Ihler, car deux de ses membres avaient fait parler d'eux pendant la Révolution française: les frères Jean-Alexandre (1745-1805), général de division à l'Armée du Nord et surtout Louis Théobald (1756-1793), aide de camp du maréchal Luckner et général de brigade, mort en héros au combat. Marcel était le cinquième enfant de la famille, et sa carrière militaire faisait écho à celle de son frère Charles (1868-1907), capitaine de Dragons, lui aussi mort en héros au Maroc et enterré en grande pompe à Besançon lors d'obsèques relayées dans toute la presse française.
Marcel Ihler épousa le à Chambéry, Geneviève Marcelle Bourdon, ils ont eu cinq enfants entre 1913 et 1923: Geneviève, Henri, Madeleine, Xavier et Bernard.
Formation
Marcel Ihler suit les cours de l'école Saint-Cyr, où il entre en 1899. Il termine ses études deux années plus tard, en 1901. Il commence sa carrière militaire au 24e Bataillon de Chasseurs à Pied, puis suit les cours de l’École supérieure de guerre en 1909-1911.
Au début de la Première Guerre mondiale, il est engagé en Lorraine et se distingue lors des combats. Il est blessé à la bataille de Morhange (1914) le , puis en Belgique le . Détaché à la direction de l’infanterie en , il est nommé chef de bataillon en , puis chef d’état-major de la 62e Division d’Infanterie le de la même année, et conserve cet emploi jusqu'à la fin de la guerre.
Entre-deux-guerres
Après la guerre, il fut d’abord envoyé en mission en Tchécoslovaquie à partir de , puis affecté à l’état-major particulier du maréchal Franchet d'Esperey le . Il fut ensuite employé au 158e R.I. () et fut promu lieutenant-colonel le de cette même année. Parmi ses fonctions, il occupa, entre autres, celle de membre de la commission d’organisation des régions fortifiées de Strasbourg (). Il retrouva l’état-major du maréchal Franchet d'Esperey le , auquel il est de nouveau attaché.
Il fut nommé colonel le , avant de devenir stagiaire au Centre des hautes études militaires de à . Il devint général de brigade le . Après avoir commandé le 31e D.I. à Montpellier le , il fut promu général de division le , tout en conservant son commandement.
Seconde Guerre mondiale
Ihler fut mis à la tête du IXe Corps d’Armée lors de la Seconde Guerre mondiale, le . La drôle de Guerre se termina le , date à laquelle l’Allemagne lança son offensive à l'ouest. Le généralissime Weygand constitua un front allant de la Somme à l’Aisne, afin de contenir l’avance allemande, notamment durant l’évacuation des troupes franco-britanniques à Dunkerque. Mais le front cède, les populations civiles étant contraintes à l'exode pendant que les Allemands arrivaient de partout. Le gouvernement se replia sur la Loire puis à Bordeaux.
Marcel Ihler quant à lui réussit à réunir à l’ouest de la Bresle la plus grande partie de son corps d’armée, et ce malgré la menace des engins blindés ennemis. Malheureusement, il est fait prisonnier le à Saint-Valery-en-Caux par Rommel. Envoyé en Allemagne, il resta en captivité jusqu'au .