Marché couvert d'Annaba
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Marché El Hout
| Type | |
|---|---|
| Style |
Moderne |
| Construction |
1936-1938 |
| Commanditaire |
Commune de Bône |
| Propriétaire |
Commune de Annaba |
| Pays | |
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| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Le marché couvert d'Annaba, connu localement sous le nom de « Marché français » ou « Marché El Hout », est un marché alimentaire situé au centre de la ville d'Annaba.
Profitant d'une position centrale à l'échelle du centre urbain colonial de la ville, il occupe un îlot entier qui se situe à l’angle d‘intersection des artères Ibn Khaldoun (ex Gambetta) et Émir Abdelkader (ex Bugeaud) et l’intersection des rues Jean Jaurès et Négrier.
Histoire
Le marché couvert a été construit en 1936 et inauguré en 1938 par Paul Pantaloni, maire de Bône. Ce marché couvert remplace le «Fondouk de Bône», ce dernier faisant suite au marché au grain en plein air «Rahba» qui se tenait sur ce même endroit. Entre 1840 et 1885, l’activité économique était régie par deux souks hebdomadaires[1] extra-muros qui se tenaient tous les vendredis, le marché au grain (Rahba) se tient à la sortie Sud-Ouest de la médina - porte de Constantine - et le marché aux bestiaux (souk al Mawachi) fait suite au premier et s’allonge jusqu’à l’oued Boudjemâa. Ferdinand Désiré Quesnoy décrit la tenue du marché en plein air en dehors de la médina «La porte de Constantine s’ouvre à l’Ouest de Bône, sur la petite plaine où l’on a formé le projet d’agrandir la ville. Les Arabes se réunissent tous les matins sur une petite place en dehors des murs pour offrir aux acheteurs les produits de leurs cultures ou les animaux qu’ils élèvent dans les douars [...]»[2].


À la suite des plans d’extension de 1860 de la nouvelle ville européenne vers l’actuel cour de la révolution. Le «Fondouk de Bône» est édifié en 1885, également appelé caravansérail, il prend l’appellation usuelle de marché arabe en référence au précédent marché autochtone. Celui-ci devait résoudre les problèmes d’encombrement et d’hygiène constatés lors du marché hebdomadaire. «L’encombrement ordinaire du marché arabe cessera dès que le caravansérail dont les travaux sont commencés sera terminé, [...]»[3]. Ce nouveau marché occupait l’emplacement de la Rahba. Il était de forme quadrilatère et flanqué de quatre tours et d’une cour centrale. Il était destiné à accueillir les marchands autochtones afin d’écouler les récoltes de leurs jardins, où des magasins étaient aménagés au premier étage pour la vente de tissus et des épices[4], puis une poissonnerie avait été aménagée au rez-de-chaussée.
Cependant, une série de consignes[5] et de tribunes publiques faisaient état de la dégradation des conditions d’hygiène au niveau du marché arabe et de son environnement immédiat. «[...]M. Edmond Coudeyre, demandait à la municipalité de faire procéder au nettoyage de la partie du marché arabe citée plus haut, qui, déclarait-il, constitue un véritable foyer d’infection [...]»[6] En 1935, le marché arabe est démoli par les services et aux frais de la commune de Bône, et ce au profit du nouveau marché couvert[7]. En 1935 et après la démolition du marché arabe, le nouveau marché couvert est construit sur le même emplacement, mais ce dernier occupe désormais la totalité de l’îlot obtenant ainsi une forme trapézoïdale. Il était exigé que le bâtiment devait être très clair, très aéré, répondant aux exigences de l’hygiène moderne et d’une utilisation commode tant pour les vendeurs que pour les acheteurs[8]. Ces différentes transformations et mutations auxquelles cet espace a été sujet en ont fait un lieu historique où s’est perpétuée la fonction marchande : partant de l’appropriation humaine de l’espace dans le vouloir d’échanges commerciaux à proximité de la médina, vers une réappropriation du lieu en un espace couvert et répondant aux exigences modernes de salubrité.




