Marguerite d'Autriche (1346-1366)
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Meinhard III de Bavière (à partir de ) Jean-Henri de Moravie (à partir de ) |
Marguerite d'Autriche, née en 1346 à Vienne et morte le à Brno, est une princesse de la maison de Habsbourg, comtesse de Tyrol puis margravine de Moravie par ses deux mariages.
Comtesse de Tyrol
Marguerite d'Autriche, née en 1346 à Vienne, est la fille d'Albert II d'Autriche et de son épouse Jeanne de Ferrette[1].
Elle épouse vers le à Munich[2] Meinhard III de Bavière (1344-1363) duc de Bavière et comte de Tyrol. Ce premier mariage est conclu à la suite d'une promesse échangée le à Baden en Argovie[1]. Par ce mariage, le père de Marguerite, Albert II d'Autriche, cherche à réconcilier les Habsbourg avec la famille de Meinhard, la maison de Wittelsbach[3]. Les parents de Meinhard, Louis V de Bavière et Marguerite de Carinthie, veulent aussi à pacifier leurs relations avec les Habsbourg. La transaction financière est à l'avantage de ces derniers. La dot est fixée à 30 000 florins, mais Louis V de Bavière verse une contre-dot de 45 000 florins et un don du matin — considéré comme le prix de la virginité[4] — de 12 500 florins[5]. Le douaire de Marguerite est établi par Meinhard sur les biens qui constituaient auparavant le douaire de sa mère, Marguerite de Carinthie : Landsberg, Weilheim, Pahl et Bad Aibling[6].
Les futurs époux étant liés aux troisième et quatrième degrés, ils bénéficient d'une dispense papale donnée le par l'évêque de Gurk Paul, sur ordre du pape Innocent VI[1]. La recherche de la paix est un des motifs indiqués dans l'ordre (daté du ) d'Innocent VI de leur accorder une dispense[7]. Cette dispense, obtenue sous la pression d'Albert II d'Autriche[8], est complexe puisqu'elle consiste en la reconnaissance canonique du mariage des parents de Meinhard, Louis V de Bavière et Marguerite de Carinthie, jusque-là non reconnu par l'Église, la légitimation de Meinhard, et enfin la dispense des empêchements concernant Meinhard et Marguerite[1].
Margravine de Moravie
Meinhard III de Bavière meurt le . Veuve, Marguerite d'Autriche se remarie vers le à Vienne[9] avec Jean-Henri de Moravie, margrave de Moravie, prince de Bohême (1322-1375)[2], dont elle est la quatrième épouse[10]. Ce mariage est peut-être arrangé dès le , date qui semble précoce puisque Marguerite n'est alors veuve que depuis moins d'un mois[9]. Ce mariage est conclu par le frère de Marguerite, Rodolphe IV d'Autriche, dans le cadre de la politique familiale de captation de la Carinthie et du Tyrol menée par les Habsbourg[11]. Pour prix de la nouvelle dot qu'elle reçoit de ses frères — 10 000 schilling de gros sous de Prague — Marguerite déclare officiellement renoncer à tous ses droits sur l'héritage des Habsbourg ainsi qu'à ses droits sur la marche de Brandebourg provenant de son premier mari[12].
Pour ce mariage, le pape Urbain V accorde une dispense a posteriori, le , à Avignon, les deux époux étant parents au troisième degré. Il s'agit donc d'une dispense de l'empêchement pour consanguinité[13]. La Curie ne semble pas s'apercevoir qu'il y a aussi empêchement pour affinité : le remariage avec un cousin d'un époux précédent époux est théoriquement interdit par l'Église catholique, or Jean-Henri de Moravie, est cousin au quatrième degré touchant le troisième de Meinhard III, premier mari de Marguerite[14].
Marguerite n'a pas d'enfant de ses deux mariages[9]. Elle meurt le à Brno, où elle est enterrée, dans l'église Saint-Thomas[1]. C'est par erreur que Johann Jacob Fugger, dans son Spiegel der Ehren des Höchstlöblichsten Kayser- und Königlichen Erzhauses Oesterreich, indique qu'elle est aussi mariée au margrave de Brandebourg Othon V de Bavière[9].