Mary O'Brien (philosophe)
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Mary Mamie O'Brien, née le à Walmer (Royaume-Uni) et morte le à Toronto (Canada), est une philosophe féministe et professeure canadienne, spécialisée en sociologie et en théorie sociale féministe. Elle est reconnue pour ses contributions à l’analyse des rapports de genre et à la critique des structures patriarcales, notamment à travers son concept de « dialectique de la reproduction ». O’Brien est aussi une militante engagée, cofondatrice du Parti féministe du Canada (1979–1982).
Mary Mamie O'Brien naît le à Walmer, dans le Kent. Mary et son frère sont élevés par trois tantes à Glasgow[1]. Selon le nécrologue du The Women's Review of Books, « Mary disait toujours qu’elle était anglaise de naissance, irlandaise de nom et écossaise par choix ; plus tard, elle devint canadienne par choix. ».
Après sa rencontre avec la Fabian Society, impressionnée par Beatrice Webb elle rejoint le Labour Party à l’adolescence. Elle est une militante active au sein du Labour Party, mais son idéalisme est brisé par deux événements majeurs de 1956 : la crise de Suez et l’invasion soviétique de la Hongrie. Cependant, son expérience en tant que sage-femme dans les bidonvilles industriels de Clydeside lui donne un regard sceptique, qu’elle manifeste aussi dans ses travaux philosophiques.
O'Brien émigre au Canada en 1957, où elle travaille d’abord comme infirmière et sage-femme, puis poursuit des études supérieures en philosophie politique d'abord à la Sir George Williams University (Concordia University) à Montréal, puis au Atkinson College, de la York University[1]. Lors de son activité d'infirmière, elle se bat pour réclamer l'égalité salariale des infirmières et des aides-soignants, allant jusqu'à démissionner de son poste de directrice des soins infirmiers à l'hôpital Grace Dart de Montréal[2].
En 1979, elle est membre fondatrice du Parti féministe du Canada pour pallier la sous-représentation des femmes en politique, défendre leurs intérêts et corriger les injustices du système[3]. Le parti participe à la manifestation du organisée par un certain nombre de féministes à l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario (OISE) de l'Université de Toronto, qui a attiré plus de 600 personnes. L'événement comprenait des lectures et des chansons, ainsi que des discours prononcés par Margaret Evans, Angela Miles, Mary O'Brien et Laura Sabia[4]. Le parti ne présentera jamais de candidate aux élections et cesse d’exister en 1982[3].
Son livre La politique de la reproduction (1981) relie le travail marxiste à l’accouchement, plaçant les femmes au centre de l’analyse sociale et politique. Elle y souligne que les relations reproductives sont essentielles pour comprendre le patriarcat et développe le cadre conceptuel de la « dialectique de la reproduction »[5]. O'Brien met en avant l’importance des expériences des femmes dans le discours politique et introduit le terme « malestream » qui décrit la manière dont les recherches en sciences sociales sont axées sur une perspective masculine.
Elle participe à la revue Resources for Feminist Research / Documentation de la Recherche Féministe, dont elle est membre du comité de rédaction de 1979 à 1982 et du comité consultatif de 1986 à 1989[2].
O'Brien est décédée le dans son sommeil des suites d’une crise cardiaque, à l’âge de 72 ans, après une longue lutte contre la maladie d’Alzheimer.